Assurance vie : quel avenir pour les fonds euros ?

Les rendements des fonds en euros sont en forte baisse au titre de 2019. Une tendance qui devrait se poursuivre en 2020 au vu des conditions de marché et des exigences des Autorités publiques. La diversification de l’épargne, comme solution à cette baisse des rendements, devient plus que jamais incontournable.

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Un rendement proche de 1%

Comme prévu, les fonds en euros ont rapporté nettement moins en 2019 qu’en 2018. La baisse observée est de 0,40% sur la plupart des contrats du marché. Selon une estimation de la Fédération française de l’assurance, le rendement moyen des fonds en euros s’établirait à 1,40% (contre 1,80% en 2018). Ce taux s’entend net de frais de gestion, mais une fois retranchés les prélèvements sociaux (taux de 17,20%), il tombe à 1,16%. Avec une inflation (hausse des prix) de 1,60% en 2019 (source Insee), les fonds en euros affichent donc un rendement réel négatif.

Pourquoi ça descend ?

Les obligations sont la principale classe  d’actifs des fonds en euros,  à hauteur de 80 à 90% selon les compagnies d’assurances vie. Problème, les rendements obligataires ne cessent de baisser depuis vingt ans, entrainant par ricochet l’érosion des taux servis sur les contrats. Et pour cause, l’arrivée d’anciens titres obligataires à haut rendement nécessite de réinvestir à des niveaux de taux bien moins élevés. CQFD. Pire, en 2019, le taux d’emprunt d’Etat à 10 ans français a plongé dans le rouge, affichant pour la première fois des taux négatifs. Idem en Allemagne. Dans ce contexte de marché, l’érosion des fonds en euros est imparable, et devrait, selon toute logique, se poursuivre en 2020.

Des Autorités au chevet

Par prudence, l’ACPR (Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution), véritable gendarme du système financier, a appelé à plusieurs reprises les assureurs à servir des rendements modérés sur leurs contrats. Et à mettre de côté une partie des rendements, dans une réserve nommé Provision pour Participation aux Bénéfices (PPB). Fin 2018, cette dernière pesait 4,30% de rendement selon l’ACPR, un niveau qui aura selon toute probabilité monté à fin 2019. De quoi sécuriser l’avenir des fonds en euros, en cas notamment de remontée brutale des taux obligataires.

Un accès aux fonds en euros sous conditions

Mais d’autres mesures sont progressivement prises par les compagnies pour limiter l’afflux de capitaux dans leurs actifs en euros, qui viendrait accélérer la baisse des rendements. En pratique, lesquelles ? Première situation : l’accès aux fonds en euros est plafonné à un montant dans le contrat, par exemple 50 000 euros. Deuxième solution, interdire des versements à 100% sur les fonds en euros, en imposant un panachage avec une ou plusieurs unités de compte, par exemple 30% minimum pour chaque versement dans son contrat. Des bonus sur les rendements des fonds en euros sont en parallèle souvent attribués aux épargnants plaçant une partie de leurs avoirs sur des unités de compte. Troisième piste suivie par quelques établissements : augmenter les frais sur les fonds en euros pour les rendre moins attractifs. Toutes ces mesures sont cumulables et se répandent sur la plupart des contrats du marché.

La solution ? Diversifier son épargne

Vous l’avez compris, le fonds en euros ne peut plus être la seule solution d’investissement dans une assurance vie. Seule une diversification de l’épargne peut permettre d’aller chercher davantage de rendement. Le fonds en euros est toujours à voir comme un outil de sécurisation de son capital. Pour le faire fructifier et faire mieux que l’inflation, diversifier est le mot d’ordre. Dans une assurance vie, les solutions sont multiples avec l’accès à de nombreuses unités de compte, terme contractuel désignant des supports financiers en actions, en obligations, mais aussi en pierre papier. Des solutions de gestion pilotée sont également possibles plus particulièrement adaptées, pour les épargnants souhaitant déléguer la gestion de leur contrat.

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