Assurance vie : comment bien rédiger votre clause bénéficiaire ?

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La clause dite bénéficiaire permet de désigner la ou les personnes qui percevront tout ou partie du capital détenu sur votre contrat d’assurance vie en cas de décès.

Les points essentiels à retenir

  • La clause bénéficiaire détermine l’avenir de votre capital : elle désigne précisément les personnes qui recevront tout ou partie de votre capital en cas de décès. Sans désignation, votre capital intègre la succession classique et sort du cadre fiscal spécifique de l’assurance vie.
  • Deux types de clauses s’offrent à vous : la clause standard correspond aux volontés les plus souvent exprimées par les assurés, tandis que la clause libre permet une personnalisation totale avec désignation nominative, répartition sur-mesure ou renvoi à votre testament.
  • La précision garantit le respect de vos volontés : indiquez noms, prénoms, dates et lieux de naissance, adresses de vos bénéficiaires. Privilégiez les pourcentages aux montants fixes, prévoyez des bénéficiaires subsidiaires et terminez par « à défaut mes héritiers » pour conserver la fiscalité propre à l’assurance vie si les bénéficiaires désignés ne peuvent recevoir le capital.
  • La fiscalité varie selon l’âge des versements : avant 70 ans, exonération jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire puis taxation progressive. Après 70 ans, abattement global de 30 500 € par assuré, puis taxation aux droits de succession. Les intérêts restent toujours exonérés.
  • La déclaration suit une procédure encadrée : les bénéficiaires doivent notamment fournir certificat de décès et documents d’identité. Le versement intervient sous 30 jours maximum après réception du dossier complet.

Pourquoi désigner un bénéficiaire ?

La désignation d’un bénéficiaire n’est pas obligatoire mais fortement conseillée. En effet, si vous ne désignez pas de bénéficiaire(s), le capital décès intègrera la succession et sera versé à vos héritiers selon les règles applicables aux successions et selon la fiscalité des droits de succession. En ayant rédigé une clause bénéficiaire, lors de votre décès, le capital sera versé au(x) bénéficiaire(s) dans le contrat. De cette manière, le capital n’entrera pas dans l’actif successoral et le capital sera transmis dans le cadre fiscal spécifique de l’assurance vie.

La clause standard : qu'est-ce que c'est ?

La clause standard (ou clause type, ou prérédigée) permet de désigner votre conjoint uni par le mariage ou votre partenaire lié par un PACS et/ou vos enfants par parts égales. Elle est le plus souvent libellée de la façon suivante « Mon conjoint ou mon partenaire lié par un Pacte civile de solidarité, à défaut par parts égales mes enfants nés ou à naître, à défaut de l’un décédé avant ou après la souscription pour sa part ses descendants, à défaut les survivants, à défaut mes héritiers. »

Dans le cas des couples Pacsés, il est important de vérifier si le partenaire lié par un pacte civil de solidarité est bien notifié dans la clause standard, sinon une clause libre ou nominative est recommandée.

Prérédigé et clairement compréhensible, elle correspond aux configurations familiales classiques. Si vous retenez cette clause, votre capital reviendra dans cet ordre à vos bénéficiaires, sans possibilité de répartir le capital. Et si un bénéficiaire est déjà décédé, ses enfants percevront sa part : on parle de « représentation ».

Bon à savoir

Cette clause type n’est pas adaptée à toutes les situations. Par exemple, si vous vivez en concubinage et que vous souhaitez désigner votre concubin comme bénéficiaire, ou si vous ne souhaitez pas désigner votre conjoint comme bénéficiaire. Dans ce cas, sachez que vous pouvez rédiger une clause personnalisée (ou libre), sur-mesure.

La clause libre

La clause libre vous permet de désigner le ou les bénéficiaires de votre choix, sans nécessairement de lien de parenté avec le souscripteur, ou de privilégier un bénéficiaire par rapport à un autre, ou encore de choisir la répartition des capitaux.

La Banque Postale vous accompagne dans la rédaction de votre clause libre, en fonction de vos souhaits :

Clauses Souhaits
Clause prédéfinie

Pour attribuer à votre conjoint (uni par le mariage) une fraction du capital et le solde à vos enfants.

Par exemple : « le capital sera versé à hauteur de 60 % à mon conjoint, pour le solde par parts égales à mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut à mes héritiers. En cas de prédécès ou de renonciation de mon conjoint, le capital sera versé en intégralité par parts égales à mes enfants nés ou à naître, vivants ou représentés, à défaut à mes héritiers. »

Clause nominative

Pour désigner nommément un bénéficiaire unique (personne physique ou morale). A défaut de cette personne, le ou les bénéficiaire(s) seront vos héritiers.

Par exemple : « Le capital sera versé à Mme/M. XXX, né(e) le JJ/MM/AAAA à Ville/département et adresse, à défaut mes héritiers. »

Clause testamentaire

Pour renvoyer aux dispositions prises dans votre testament si vous avez choisi d’y désigner les bénéficiaires de votre contrat d’assurance vie.

A noter : dans cette situation, n’oubliez pas d’indiquer à votre assureur le nom et les coordonnées du notaire chez qui le testament a été déposé afin qu’il puisse le contacter facilement à votre décès.

Clause personnalisée

Pour désigner librement comme bénéficiaire(s) une ou plusieurs personne(s) physique(s) et/ou morale(s).

Les bonnes pratiques à suivre pour rédiger la clause

Toutefois, afin d’éviter tout risque d’interprétation et pour garantir le respect de vos volontés, nous vous invitons à suivre les consignes suivantes lors de la rédaction d’une clause personnalisée (libre) :

  1. Dans les documents mis à votre disposition par l’assureur, si vous choisissez la clause libre, ne la laissez pas vide et veillez à ne pas barrer la mention pré imprimée qui figure à la fin de celle-ci.
  2. Soyez le plus précis possible. Indiquez les noms, prénoms, date et lieu de naissance, adresse, lien de parenté éventuel… de vos bénéficiaires, afin qu’ils soient aisément identifiables par l’assureur le jour venu.
  3. Excluez les désignations trop génériques et dont l’interprétation peut être différente selon les personnes et les époques.
  4. Ne mélangez pas une clause standard avec une clause libre.
  5. Indiquez soit les noms, soit la qualité des bénéficiaires (mon conjoint, mon(ma) concubin(e)…), mais pas les deux à la fois.
  6. Préférez la clause « mes héritiers » à celle de « mes ayants droit » qui inclut vos héritiers mais également vos éventuels créanciers.
  7. Prévoyez expressément le cas du décès ou de la renonciation des premiers bénéficiaires, et ajoutez des bénéficiaires subsidiaires.
  8. Terminez votre clause bénéficiaire par « à défaut mes héritiers » pour éviter, le cas échéant, que le capital du contrat soit intégré à votre succession, et perde ainsi la fiscalité spécifique de l’assurance vie.

Exprimez la répartition du capital entre bénéficiaire en pourcentages et non en montants. En effet, la valeur du contrat n’est pas figée dans le temps mais évolue jusqu’au décès du souscripteur. La clause peut être modifiée à tout moment. En cas de changement familial par exemple, vérifiez que cette clause correspond toujours à vos souhaits.

À noter

Il n’est pas possible de désigner comme bénéficiaires de votre contrat d’assurance vie :

  • les membres de professions médicales qui vous auraient soigné dans le cadre de la maladie à l’origine de votre décès ;
  • des mandataires judiciaires à la protection des majeurs ;
  • des ministres du culte ;
  • des animaux.

Quelle procédure pour bénéficier d’une assurance vie suite à un décès ?

Après le décès du souscripteur d’un contrat d’assurance vie, les bénéficiaires doivent effectuer certaines démarches pour récupérer le capital. La procédure est simple et encadrée par des délais précis. A noter que l’assureur est tenu de rechercher et de contacter les bénéficiaires lorsqu’il a connaissance du décès.

Voici les documents à réunir et les étapes à suivre pour mener à bien cette déclaration.

Les documents à fournir

Pour constituer votre dossier de déclaration auprès de La Banque Postale, vous devez rassembler plusieurs documents essentiels qui permettront d’identifier le défunt et de vérifier votre qualité de bénéficiaire. Le certificat de décès constitue la pièce maîtresse du dossier, prouvant officiellement le décès du souscripteur. Vous devrez également fournir une photocopie du livret de famille et/ou un extrait d’acte de naissance pour établir les liens familiaux et confirmer votre identité en tant que bénéficiaire désigné.

Enfin, si vous disposez des contrats d’assurance-vie originaux, joignez-les au dossier, bien que leur absence ne bloque pas la procédure si vous connaissez les références des contrats.

Les délais de versement

Une fois votre dossier complet transmis, l’assureur dispose d’un délai légal maximum de 30 jours pour procéder au versement du capital aux bénéficiaires désignés. Ce délai court à compter de la réception de l’ensemble des pièces justificatives nécessaires au traitement de votre demande. En pratique, le versement intervient généralement plus rapidement, sous 2 à 3 semaines, lorsque le dossier est parfaitement constitué. Passé le délai légal de 30 jours sans versement, des intérêts de retard sont automatiquement dus au bénéficiaire, garantissant ainsi le respect de vos droits et une indemnisation en cas de retard injustifié de l’assureur.

Conséquences fiscales pour les bénéficiaires

L’assurance vie bénéficie d’un régime fiscal spécifique particulièrement avantageux en matière de transmission. La fiscalité applicable dépend principalement de l’âge du souscripteur au moment des versements et des montants transmis. Comprendre ces règles vous permet d’anticiper la transmission de votre patrimoine.

Fiscalité selon l’âge des versements

Le régime fiscal applicable aux bénéficiaires dépend essentiellement de l’âge du souscripteur au moment où il a été effectué ses versements sur le contrat d’assurance vie.

Versements effectués avant 70 ans La fiscalité s’avère particulièrement avantageuse. Chaque bénéficiaire désigné bénéficie d’une exonération totale jusqu’à 152 500 €. Au-delà de ce montant, une taxation s’applique progressivement : 20 % de 152 500 € à 852 500 €, puis 31,25 % pour les montants supérieurs.
Versements effectués après 70 ans

Le cadre fiscal diffère sensiblement. Un abattement global unique de 30 500 € s’applique, tous bénéficiaires confondus et non par bénéficiaire. Au-delà, les capitaux transmis sont intégrés aux droits de succession et taxés selon le barème classique des droits de succession en fonction du lien de parenté.

Bon à savoir : les intérêts et plus-values générés restent totalement exonérés, quelle que soit la date de versements.

Comment optimiser la transmission d’un capital à vos proches ?

Pour bénéficier des avantages fiscaux de l’assurance vie et transmettre un capital optimal à vos proches, plusieurs possibilités s’offrent à vous. Privilégiez les versements avant 70 ans pour bénéficier pleinement du régime fiscal avantageux avec l’exonération de 152 500 € par bénéficiaire. Répartir votre capital entre plusieurs bénéficiaires permet de démultiplier cet abattement : trois bénéficiaires représentent ainsi 457 500 € transmis en exonération totale. Anticipez en ouvrant plusieurs contrats auprès de La Banque Postale pour diversifier vos supports et vos bénéficiaires selon vos objectifs. Préférez des versements réguliers tout au long de votre vie plutôt qu’un versement unique tardif qui limiterait les avantages fiscaux. Pour les patrimoines importants ou les situations familiales complexes, consultez un conseiller de La Banque Postale qui vous accompagnera dans la mise en place d’une stratégie de transmission personnalisée et parfaitement adaptée à vos besoins spécifiques.

Vos questions fréquentes sur la clause bénéficiaire

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