Petit boulot ponctuel
L’acquisition de trimestres de retraite ne dépend pas de votre temps de travail mais du salaire soumis à cotisations sociales. Dès lors que vous justifiez d’un revenu valant 150 fois le SMIC horaire brut, soit environ 1 803 euros en 2026, vous validez un trimestre de retraite. Il est possible d’en valider jusqu’à 4 par année, ce que vous ferez avec 7 212 euros de rémunération brute sur l’année (en 2026). Les petits boulots d’été ou d’étudiant comptent donc pour la retraite, ils permettent aussi d’accumuler des points de retraite complémentaire (peu, toutefois).
Naissance ou adoption d’un enfant
Chaque enfant ouvre droit jusqu’à 8 trimestres supplémentaires pour sa mère dans le régime de base des salariés et des indépendants. On parle alors de trimestres « enfant ». Bon à savoir : les 4 trimestres au titre de l'éducation de l'enfant peuvent être attribués au père ou à la mère, ou encore partagés entre les deux, à condition d’en faire la demande entre les 4 ans et les 4 ans et demi de l’enfant. Dans le cas des parents de même sexe les trimestres sont automatiquement répartis à égalité entre les 2 parents. Dans la fonction publique, c’est différent : chaque parent bénéficie de 2 trimestres supplémentaires par enfant.
Congé parental
90 jours de congé parental équivalent à valider un trimestre de retraite. Sur une année complète prise sous ce dispositif, ce sont donc quatre trimestres qui seront comptabilisés dans votre compte retraite individuel. Attention, ces trimestres ne sont pas cumulables avec les trimestres « enfant » analysés précédemment. Sachez que la solution la plus avantageuse sera retenue au moment du calcul de la retraite. Comprenez aussi que durant le congé parental, vous ne validez pas de points de retraite complémentaire.
Temps partiel
Contrairement à une idée reçue, l’acquisition de trimestres de retraite ne dépend pas du temps de travail mais bel et bien du salaire soumis à cotisations sociales. Travailler à temps partiel sur l’année permet donc de valider le nombre maximal de trimestres, à savoir 4, dès lors que le revenu brut annuel atteint au moins 600 fois le SMIC horaire (7 212 euros en 2026). Il en irait de même à temps plein. En revanche, il faut être conscient que cette activité réduite va mécaniquement entrainer moins de points de retraite complémentaire, la rémunération étant moindre.
Entrepreneuriat
Créer ou reprendre une entreprise aura un impact variable sur la retraite selon le statut choisi.
Pour les chefs d’entreprise assimilés salariés, qui vont payer davantage de cotisations sociales, les gains sur la retraite seront plus élevés que pour les travailleurs non-salariés (gérant majoritaire de SARL, entrepreneur individuel, micro-entrepreneur, etc.), qui paient moins de cotisations et accumulent donc moins de droits. Le choix du statut est donc un élément (parmi d’autres) à prendre en compte quand on se lance dans l’entrepreneuriat.
Chômage
Le chômage indemnisé ouvre des droits proches d’un actif en activité. Ainsi, pour la retraite de base, un trimestre est attribué pour 50 jours de chômage indemnisé, dans la limite de quatre trimestres par an. Et pour la retraite complémentaire des salariés du privé, des points sont attribués « gratuitement » en fonction de la moyenne des derniers salaires. À noter : certaines situations de chômage non indemnisé permettent de valider des trimestres, sous certaines conditions, mais n’octroie pas de points dans les régimes complémentaires.
Maladie
Les arrêts maladie de courte durée ne changent rien sur vos droits à la retraite. Les arrêts longs, oui. Ainsi, le trimestre au cours duquel est perçu le soixantième jour d'indemnisation en congé-maladie est compté, ensuite ce sera un trimestre par période de 60 jours d'indemnisation (4 trimestres au plus par an). Des points sont aussi accordés dans les régimes complémentaires selon les revenus de l'année civile précédente.
Problème de santé
C’est sur l’âge de départ en retraite, donc de perception de sa pension, que les règles changent. Un départ est ainsi possible pour exposition à l’amiante à partir de 50 ans, pour handicap à partir de 55 ans, pour incapacité permanente d’origine professionnelle à partir de 60 ans, pour invalidité ou inaptitude à partir de 62 ans. Les conditions d’octroi sont strictes, à étudier posément. Notez que si vous interrompez votre activité pour vous occuper d’un proche en perte d’autonomie ou en situation de handicap, il existe l’assurance vieillesse des aidants (AVA), qui octroie des trimestres même en cas de réduction ou d’interruption de votre activité professionnelle.
Mariage
Il ne change rien sur l’acquisition de vos droits à retraite, qui sont par définition individuels. En revanche, seul le mariage vous ouvre le droit à la pension de réversion de votre conjoint décédé. Ni le Pacs, ni l’union libre ne permettent d’y prétendre. Des conditions peuvent toutefois s’appliquer, comme un plafond de ressources, durée minimale de mariage, un âge minimal, etc.
Expatriation
Tout va dépendre de votre pays d’accueil. Sachez que les trimestres seront pris en compte seulement s’il existe un accord entre la France et le pays dans lequel vous travaillez. Bien se renseigner, donc. Du reste, si vous suivez votre conjoint à l’étranger sans travailler, il sera conseillé de cotiser volontairement à la Caisse des Français de l’Étranger (CFE) pour continuer à valider des trimestres durant cette période. Pour les personnes détachées à l’étranger (et non expatriées, les cotisations sociales restent versées en France et les droits acquis comme si vous y travailliez).