L'accord entre les États-Unis et l'Iran de rouvrir le détroit d'Ormuz avait ouvert une fenêtre d’amélioration pour les perspectives de l'économie mondiale. En l’absence d'accord de paix définitif, le risque d'un retour à la guerre et d’un blocage du détroit demeure. A l’instar des récentes attaques, si ce scénario devenait probable, la stratégie d’investissement que nous adopterions serait plus conservatrice.
Une baisse significative du prix du pétrole dans les mois à venir pourrait, quant à elle, générer un choc positif sur le pouvoir d’achat en accélérant la désinflation, particulièrement en zone euro.
Dans ce contexte de baisse de coûts énergétiques, de soutien public aux Etats-Unis et en Europe et d’efforts d’investissements dans les secteurs de l’intelligence artificielle (IA), la croissance économique devrait amorcer son rebond à l'automne. Ce rebond serait, selon nous, plus marqué en zone euro, où la croissance économique devrait se maintenir autour de 2%. Les banques centrales devraient adopter une posture modérée : la BCE ne devrait plus augmenter ses taux, tandis que la Fed pourrait les relever après les élections de mi-mandat en novembre si l'inflation reste élevée.
Sur les marchés financiers, le scénario central de LBP AM bénéficie aux actifs risqués. Nous sommes plus prudents sur les obligations souveraines, particulièrement sur les maturités longues.
Les convictions LBP AM à un horizon de trois mois
Economie
Les premiers indicateurs conjoncturels de l'économie mondiale montrent déjà une amélioration des perspectives économiques. En effet, aux États-Unis, comme dans beaucoup d'économies, l'activité dans les services a quelque peu rebondi en juin, mais elle reste bien en deçà des niveaux atteints au cours des dernières années et avant la guerre*$. La baisse des prix de l'énergie devrait continuer à soutenir la demande intérieure via une amélioration du pouvoir d'achat. Du côté de l'industrie, la situation se tasse un peu, même si les secteurs liés au développement de l’IA restent porteurs. Néanmoins, la dynamique de constitution de stocks de précaution, face aux craintes de hausse des coûts et d'éventuelles pénuries, qui avait soutenu l'activité, s'essouffle. Cette correction des stocks devrait affecter négativement la dynamique industrielle à court terme.
Dans le même temps, du côté de la demande, la consommation continue de bien résister, grâce au marché de l’emploi et des aides publiques. Néanmoins, avec la disparition progressive de certaines aides publiques et un marché de l'emploi un peu moins dynamique en juin, nous nous attendons à ce que la consommation perde un peu de sa robustesse. Cela devrait se traduire par un tassement de la croissance du PIB au troisième trimestre 2026, puis par un rebond au 4ème trimestre.
En zone euro, le rebond de l'activité dans les services, mis en évidence par les enquêtes Purchasing Managers’ Index (PMI) de S&P, a permis une stabilisation de l'activité après deux mois de contraction. Bien que cette amélioration de la conjoncture pourrait être graduelle, ce rebond serait plus significatif au quatrième trimestre 2026, poussé par le regain de pouvoir d'achat lié à la baisse des coûts énergétiques, ainsi que par la poursuite des dépenses publiques allemandes. Cette accélération de la croissance devrait être plus forte qu'ailleurs compte tenu du potentiel de rebond d'une région qui a davantage souffert du choc provoqué par la guerre en Iran.
La baisse de l'inflation dans les mois à venir constituera également un facteur de soutien à la croissance, avec une décélération plus rapide en zone euro. En effet, malgré les craintes liées à la persistance du choc énergétique par le biais d'effets de second tour, nous estimons que ceux-ci resteront limités. En revanche, aux États-Unis, l'inflation devrait redescendre beaucoup plus lentement. Nous pensons que les banques centrales n'auront pas à surréagir à la poussée de l'inflation. Ainsi, la BCE ne devrait plus relever ses taux directeurs. La Fed pourrait, quant à elle, les relever une seule fois afin d'accélérer la convergence de l'inflation vers la cible de 2 %, conformément à l'objectif affiché par son nouveau président, K. Warsh.
S&P Global, juillet 2026.
Marchés
Notre scénario central, qui repose sur une désinflation rapide liée à la baisse des prix de l'énergie et sur une croissance qui gagnerait en vigueur, est favorable aux actifs risqués.
Nous avons réduit notre exposition aux obligations souveraines dans nos allocations. En effet, les taux à long terme ont déjà fortement baissé avec le net ajustement à la baisse des anticipations d’inflation.
Nous préférons être plutôt exposés aux maturités courtes, compte tenu des anticipations de marché encore quelque peu agressives concernant d'éventuelles hausses des taux directeurs.
Sur les obligations d’entreprises, nous conservons une position neutre. Nous continuons à capter le portage qu'offre cette classe d'actifs. Dans le même temps, nous commençons à rééquilibrer graduellement notre biais en faveur du crédit de meilleure qualité (Investment Grade), en augmentant de manière sélective notre exposition au High Yield.
Nous optons pour une surpondération des actions dans un contexte qui devrait améliorer les perspectives de progression des bénéfices. D'un point de vue régional, notre préférence va aux États-Unis, à l'Europe et à la Chine. Par ailleurs, nous n'excluons pas qu'une forte volatilité continue d'affecter les secteurs liés au développement de l'IA après leur surperformance exceptionnelle au cours de l'année. En revanche, nous pensons que le rebond de la croissance devrait permettre d'élargir sensiblement l'univers des valeurs offrant des perspectives solides, notamment dans les segments les plus sensibles au cycle économique et présentant des valorisations raisonnables.
Synthèse des vues 3 mois de la gestion par classe d’actifs
Classe d’actifs |
Vues LBP AM à 3 mois |
Variation mensuelle |
|---|---|---|
| Actions | Positif |
+ |
| Souverains | Négatif |
- |
| Crédit | Neutre |
= |
Monétaire |
Neutre | + |
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