Le viager immobilier, une bonne idée ?

  • patrimoniaux
  • patrimoine
  • immobilier

Après avoir eu longtemps mauvaise presse, ce type de vente immobilière revient au goût du jour. Vendeur comme acquéreurs peuvent y trouver leur compte sous certaines conditions.

Le viager permet au vendeur d’un bien immobilier d’obtenir des ressources destinées à financer ses vieux jours. En contrepartie, il renonce à transmettre ce patrimoine. Pour l’acheteur, c’est la possibilité d’accéder à un marché immobilier à prix moindre, selon le barème de la nue-propriété et de l’usufruit. Il s’agit cette fois de faire un pari sur l'espérance de vie du vendeur : plus elle se prolongera, moins l’affaire aura été profitable. 

Le fonctionnement, côté vendeur…

Le viager immobilier s’adresse essentiellement à un ménage à la retraite et en quête de revenus. L’idée n’est autre que de monétiser sa résidence principale (voire une résidence secondaire) par une vente en viager habité, dit occupé (l’essentiel des transactions, le reste étant du viager libre). Ainsi, le vendeur continue à vivre dans son logement jusqu’à la fin de ses jours, en percevant une rente à vie (viagère) dont le montant aura été déterminé selon les tables de mortalité. Une fraction de ce revenu sera imposable, déterminée selon l’âge du vendeur au moment du 1er versement (par exemple, 30% si le 1er versement est réalisé après les 70 ans du vendeur, 40% si c’est entre 60 et 69 ans).*$

Le vendeur aura en outre perçu un bouquet lors de la vente, c’est-à-dire une partie de sa valeur sous forme de capital payé au comptant. Important : le bouquet n’est pas fiscalisé. Côté vocabulaire, le vendeur est nommé crédit-rentier (c’est-à-dire qu’il est créancier de la rente perçue).

Attention, aucune règle juridique ne définit le mode de calcul de la rente et du bouquet, c’est le fruit d’une libre négociation sur le marché. Le contrat passé entre vendeur et acquéreur sera donc un élément déterminant sur lequel il faudra se montrer précis. De nombreuses clauses contractuelles vont définir la vente en viager, par exemple la possibilité ou non d’une revente du viager en cours de route, ou l’inclusion d’une clause résolutoire pour annuler la vente en cas d’impayés.

 

  • Article 158, 6 du CGI.

Et côté acheteur…

Investir en viager occupé consiste à acheter un bien décoté à un vendeur âgé qui l’occupe. Exemple : soit un bien estimé à 300 000 euros dans lequel vit une femme seule de 75 ans. La valeur occupée est fixée à 150 000 euros. L’acquéreur verse alors un bouquet de 50 000 euros au comptant et les 100 000 euros restants sont convertis en rente viagère, soit environ 575 euros par mois. Ce revenu est versé jusqu’au décès de la propriétaire, qu’il survienne peu de temps ou très longtemps après la vente immobilière réalisée. Côté vocabulaire, l’acquéreur est nommé débit-rentier.

Quelques points valent toutefois d’être éclaircis. Il faut noter que les droits de mutation sont calculés sur la valeur économique effectivement transmise à l'acquéreur, c'est-à-dire sur la valeur du bien après prise en compte du droit d'usage ou de l'usufruit conservé par le vendeur. Sur le plan fiscal, la taxe foncière sera par la suite à la charge de l’acquéreur, donc du débit-rentier, sauf stipulation contractuelle contraire.

Ensuite, que se passe-t-il si l’acquéreur veut revendre le bien ? C’est possible, dès lors qu’une clause contractuelle l’aura prévu (d’où l’importance de bien rédiger le contrat initial). En cas de projet de revente, la plus-value immobilière sera déterminée selon les règles de droit commun, à partir du prix d'acquisition retenu lors de l'achat en viager. Autre question : si le débit-rentier décède avant le crédit-rentier ? En cas de décès du débit-rentier, la rente viagère constitue une dette successorale transmise aux héritiers, sauf disposition particulière du contrat ou renonciation à la succession. En cas de défaut de paiement, le crédit-rentier peut mettre en œuvre la clause résolutoire prévue à l’acte. 

Éléments de réflexion…

Depuis la crise sanitaire, le viager immobilier a connu un regain d’intérêt dans les familles. C’est une solution étudiée (parmi d’autres) pour financer la dépendance de ses parents et favoriser les aides à domicile, plutôt que le placement en résidences seniors. Le viager apporterait ainsi une réponse sociétale aux problèmes de pouvoir d’achat des seniors.

Dans les faits, ce système présente des avantages et des inconvénients. Pour le vendeur, être propriétaire de sa résidence principale suffit ici pour bénéficier d’une rente viagère, sans avoir besoin d’immobiliser un capital financier. La vente va même permettre de récupérer une partie en capital (le bouquet) pour procéder à des donations ou vivre plus confortablement. Il faut toutefois avoir conscience qu’il est difficile de trouver un acquéreur avant d’avoir 70 voire 75 ans. La vente d’un logement modeste et mal situé sera aussi compliquée. Enfin, plus le bouquet fixé sera élevé, moins les acquéreurs seront nombreux.

À noter : le viager libre, donc non occupé, tend à se développer. Le dispositif se veut plus simple, sans calcul d’une décote d’occupation du bien, puisque le propriétaire vit en maison de retraite ou dans une résidence secondaire. Le bien peut ainsi être occupé aussitôt par l’acquéreur qui verse une rente mensuelle comme il paierait un crédit immobilier. Le bouquet versé initialement aura pu l’être via une donation par des parents ou grands-parents, qui aident ainsi un jeune actif à devenir propriétaire. 

Une alternative : la vente en nue-propriété

Comme pour le viager, la vente en nue-propriété permet au vendeur de conserver l’usage du logement lorsqu’il se réserve l’usufruit ou un droit d’usage et d’habitation.  Mais différence clé, le prix est fixe et connu - c’est la valeur de la nue-propriété - et la totalité du prix est versé au comptant dès la signature, alors que le prix est réparti entre un bouquet et une rente dans une opération de viager classique. Dès lors, la vente en nue-propriété est une alternative à creuser pour les vendeurs qui n’ont pas besoin de revenus complémentaires. Les avantages ? Le vendeur garde des droits sur son bien, qu’il peut habiter ou louer s’il le souhaite. Côté fiscalité, le capital reçu est exonéré d’impôts s’il s’agit de la résidence principale du vendeur. Le capital reçu pourra être utilisé pour un projet précis, réaliser des travaux, rembourser un crédit ou encore faire une donation. Et pour l’acquéreur ? Le démembrement du bien va lui permettre de l’acquérir pour un prix réduit (baisse de 40% en moyenne), sans pouvoir en user pendant une durée viagère ou temporaire selon le contrat de vente.

Ceci pourrait aussi vous intéresser

Guide à l'achat d'une résidence secondaire

Dossier

Vous rêvez d'une résidence secondaire à la mer, à la campagne ou à la montagne. La Banque Postale peut vous accompagner dans votre projet.

Investissement locatif : nos conseils pour votre projet

Conseils

Découvrez nos conseils, financements et outils pour réussir votre investissement locatif et optimiser votre rentabilité avec La Banque Postale.

Financer mon logement et mes travaux

Prêt immobilier

La Banque Postale vous accompagne dans votre projet d’un premier achat immobilier : résidence principale ou secondaire, de travaux ou d’un investissement locatif.

Articles associés

Thématiques :

  • patrimoniaux
  • patrimoine

Couples non mariés : comment se protéger ?

Thématiques :

  • patrimoine
  • economie

Perspectives économiques LBP AM mi-2026 : entre rebond attendus et incertitudes persistantes