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2022 : une année de transition difficile pour les marchés

Avec une économie mondiale marquée par de multiples chocs depuis le début de cette année, quels sont les préconisations et les points de vigilance pour l’économie en 2022 ? Découvrez l’analyse de nos experts de LBPAM, la filiale de gestion d’actifs du Groupe La Poste.

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Un contexte globalement peu porteur pour les marchés

L’économie mondiale est à nouveau frappée par de multiples chocs cette année, avec la poursuite des vagues de Covid, la guerre en Ukraine, la forte hausse du prix des matières premières… Ces chocs, qui s’accumulent, sont de nature à renforcer les incertitudes, les pressions inflationnistes, les tensions sur les chaînes de production mondialisées... et sont autant de facteurs négatifs pour les perspectives de croissance.

A cela, s’ajoute un climat singulièrement différent de ce que nous avons pu connaître ces dernières années, avec une inflation ayant atteint ses plus hauts niveaux depuis le début des années 1980 dans les pays développés, pressant les banques centrales à retirer rapidement leurs soutiens monétaires.

Vous l’aurez compris, nous évoluons actuellement dans un contexte peu porteur pour les actifs financiers déjà chèrement valorisés fin 2021, qui avaient bénéficiés des taux d’intérêts extrêmement bas et de la reprise post-Covid exceptionnelle au cours de 2021. Ces conditions expliquent la forte baisse des marchés depuis le début de l’année, que ce soit du côté des actifs les plus risqués (les actions sont en baisse de 10 % depuis le début de l’année) ou d’actifs plus sûrs (les obligations publiques perdent 7 %).

Cet environnement macro-économique défavorable nous pousse alors à anticiper des rendements plus faibles et plus volatiles que ces dernières années pour la plupart des actifs, avec une diversification entre classes d’actifs moins efficace que par le passé. La prudence reste donc de mise.

Mais des opportunités sélectives

Toutefois, tout n’est pas noir. Si une partie de l’inflation vient de ces chocs négatifs, une autre partie reflète elle le rebond exceptionnel de la demande mondiale au fur et à mesure que les économies ont pu réouvrir. Grâce à l’efficacité des vaccins et à l’immunité déjà acquise, cette tendance devrait se poursuivre et permettre à la reprise de s’étendre des biens aux services au cours de 2022. La situation en Chine vient ternir cette orientation, toujours engagée dans leur stratégie Zéro-Covid. Les nouveaux confinements en Chine pèsent fortement sur la croissance à court terme. Toutefois, les autorités augmentent de nouveau leur soutien à l’économie et aux marchés, ce qui devrait permettre un rebond de l’économie chinoise une fois l’épidémie sous contrôle dans les grandes villes.

La forte reprise entretenue par un soutien exceptionnel des politiques budgétaires et monétaires durant la pandémie de Covid-19 fait que la situation des économies développées est bien différente que celle connue après les récessions précédente (la bulle internet du début des années 2000, la crise financière de la fin des années 2000 ou la crise de dette en Zone Euro au début des années 2010). Ainsi, la situation financière des ménages et des entreprises est extraordinairement solide, avec une épargne accumulée et des revenues très élevés. De plus, les marchés de l’emploi sont dans les meilleures dispositions depuis des décennies des deux côtés de l’Atlantique, avec des taux de chômage revenus en dessous de leur niveau pré-Covid et un nombre d’offres d’emploi historique aux Etats-Unis comme en Europe. Cette situation rend le cycle économique actuel plus résilient aux chocs. C’est pourquoi même si la reprise va ralentir et si les risques négatifs s’accumulent, le risque de récession mondiale nous semble encore minoritaire.

Après les ajustements des marchés que l’on a subit depuis le début d’année, les valorisations des actifs apparaissent moins tendues, ce qui limite les risques de baisse tant qu’une récession est évitée. Ainsi, les marchés intègrent désormais des hausses de taux directeurs plus que raisonnables pour cette année (+2.7 pt pour les taux de la Fed contre 0.8 pt anticipé fin 2021, +0.75 pt pour la BCE contre +0.1 pt). Cela a entraîné une forte hausse des taux d’intérêt de long terme qui sont déjà bien au-dessus de leur niveau pré-covid. Pour les actions, la baisse des marchés en début d’année alors que les profits résistent fait qu’elles sont 15 % moins chères que fin 2021 et pas plus chères qu’avant le Covid.

Au total, de nombreuses mauvaises nouvelles sont désormais intégrées par les marchés et, si les risques économiques, géopolitiques ou financiers sont orientés à la baisse, le scénario le plus probable reste une poursuite de la reprise mondiale. Dans un scénario où une récession serait évitée, ce qui est le nôtre, et où les banques centrales ne forceraient pas davantage le pas devant le risque d’inflation, le risque de baisse du prix des actifs est limité et certains actifs pourraient progresser légèrement. Mais la sélectivité devient primordiale, en particulier à l’intérieur de chaque classe d’actifs.

En matière d’allocations d’actifs, nous vous invitons à découvrir notre positionnement :

  • Nous réduisons notre sous-pondération sur les titres d’Etat et sommes désormais neutres sur cette classe d’actifs en raison de la remontée déjà importante des rendements, en particulier aux Etats-Unis ;
  • Pour les actifs risqués, nous restons légèrement positifs sur les actions. Nous privilégions les secteurs plutôt défensifs et relativement moins chers, car nous estimons que la capacité des entreprises à maintenir leurs marges sera plus importante que la capacité de croissance dans les prochains mois. En terme géographique, nous rééquilibrons nos positions des Etats-Unis vers l’Europe car les risques sont plus élevés en Europe (exposition aux matières premières importées et proximité avec la guerre) mais les valorisations des actions y sont plus attrayantes. Nous surpondérons les actions chinoises qui sont très décotées et qui pourraient rebondir du fait du soutien attendu des autorités, même si le timing reste difficilement prévisible.
  • Nous passons négatif sur l’ensemble du Crédit européen. Le fléchissement de la croissance devrait détériorer les fondamentaux des entreprises, couplé à la fin des achats de la BCE et au faible appétit du marché, nous pensons que cette classe d’actifs n’offre pas de perspective d’appréciation significative et préconisons une exposition très sélective en privilégiant la qualité dans une recherche de portage.
  • Nous restons positifs sur les matières premières car elles offrent une protection contre les risques d’aggravation des risques géopolitiques et inflationnistes, mais pas sur l’or qui devrait souffrir de la remontée des taux réels américains voulue par la Réserve Fédérale.

Les perspectives mentionnées susceptibles d’évoluer et ne constituent pas un engagement ou une garantie. La référence à des valeurs de marchés ne constitue en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation ou une sollicitation d’achat ou de vente de valeurs mobilières, ou une offre de services.

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