Fin d’année : quels dispositifs prendre en compte ?

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Jusqu’au 31 décembre, certaines décisions peuvent avoir une incidence sur le montant de votre impôt sur le revenu à régler l’an prochain. Voici quatre pistes à considérer, selon vos moyens, votre profil et vos objectifs.

Pour bénéficier d’une réduction de son revenu imposable, il est possible d’utiliser certains dispositifs légaux mis en place par l’administration fiscale. Le plus souvent, cela passe par la déduction de certaines dépenses ou l’affectation d’une partie de son épargne dans un placement éligible. Cela peut permettre d’obtenir un avantage fiscal l’année suivante. Attention, la fiscalité ne doit pas être un objectif en soi, mais seulement un élément parmi d’autres à prendre en compte dans une stratégie patrimoniale globale.

Soyez généreux, faites des dons

Commençons par un acte altruiste : le don. Les diverses réformes fiscales n’ont pas remis en cause les dispositifs permettant au contribuable de tenir compte de cette action solidaire. Il existe là deux solutions que vous pouvez cumuler. Les dons aux organismes d’aide aux personnes en difficulté ouvrent droit à un avantage fiscal de 75 % de vos versements retenus dans la limite de 1 000 euros. Sont ici visés toutes les associations sans but lucratif qui procèdent à la fourniture gratuite de repas ou de soins à ces personnes ou qui favorisent leur logement. Si vos dons excèdent 1 000 euros, le surplus est alors soumis au second système prévu par la loi, égal à 66 % de vos versements (ces derniers ne pouvant dépasser 20 % de vos revenus imposables, à défaut le surplus pourra être reporté sur les 5 années suivantes).

La liste des établissements permettant de bénéficier de cette disposition de 66 % est beaucoup plus large que celle éligible au taux de 75 %. Elle comprend des centaines d’organismes soutenant une cause d’intérêt général à caractère philanthropique, éducatif, humanitaire, médical, etc. Le financement de la vie politique peut aussi, sous conditions, donner droit à un avantage fiscal (par exemple les dons à un parti politique, sous certains plafonds).

Alimentez un PER (plan d’épargne retraite)

Ce produit d’épargne est destiné à toute personne soucieuse de se constituer un capital complémentaire pour sa future retraite. Point clé : le capital investi est bloqué jusqu’à la retraite, sauf  coups durs ou achat de sa résidence principale. On y verse librement, via des versements ponctuels ou réguliers, avec un accès à de nombreux supports d’investissement. Le PER propose une Gestion Horizon, solution clé en main qui concilie la recherche de performance et la sécurisation progressive du capital à l’approche de la retraite

Il est à préciser que le PER existe dans une version individuelle , mais qu’il se décline aussi dans les entreprises au travers des PER collectifs, dans lesquels il est notamment possible de verser son épargne salariale.

Concentrons-nous sur le PER individuel que chacun est libre de souscrire et d’alimenter. Sur le plan fiscal, les versements peuvent être déduits du revenu imposable dans une limite correspondant à 10 % de ses revenus professionnels de l’année précédente (plafond actualisé chaque année). Ce qui donne au plus 35 194 euros déductibles en 2025. Les travailleurs non-salariés bénéficient d’un plafond de déduction différent (87 135 euros maximum en 2025). Illustrons. Vous ouvrez un PER et y versez 15 000 euros. Imposable à 30 % sur tout revenu supplémentaire déclaré, le montant de votre revenu imposable est alors diminué de 4 500 euros. Si vous êtes dans la tranche à 41 %, de 6 150 euros. Et dans celle à 45 %, de 6 750 euros. 

Sachez qu’il est possible d’utiliser la part de déduction non consommée les 3 années précédentes (en 2025, chacun bénéficie ainsi de l’enveloppe fiscale non consommée en 2024, 2023 et 2022). Autre point : le plafond précité est individuel mais peut être géré globalement dans un foyer, permettant d’utiliser l’enveloppe non utilisée par son conjoint ou partenaire pacsé. Attention toutefois, les (éventuels) versements effectués dans des produits retraite d’entreprise réduisent toutefois le montant de l’enveloppe. 

Le PER est un placement accessible, avec des montants minimums de versements de quelques centaines d’euros le plus souvent. La quasi-totalité des PER individuels sont juridiquement des contrats d’assurance, dont le fonctionnement est donc garanti par une compagnie d’assurances vie. Il faut enfin savoir qu’à la sortie du produit, à la retraite donc, les capitaux perçus (ou la rente) seront fiscalisés.

Investissez dans l’économie réelle

Et si vous financiez une entreprise régionale ou innovante ? C’est tout le propos des fonds communs de placement dans l’innovation (FCPI), qui investissent dans des entreprises (PME) non cotées et situées dans l’Espace économique européen. Soyons clair : il s’agit d’un placement particulièrement risqué, dont les performances sont difficilement mesurables. Votre but est ici tout aussi clair : investir dans l’économie réelle tout en bénéficiant d’un avantage fiscal.

Souscrire des parts de FIP ou de FCPI permet en effet d’obtenir une diminution du revenu imposable de 18 % des versements retenus dans la limite de 12 000 euros pour un célibataire et le double pour un couple. La loi de finances pour 2025 a bonifié cet avantage FCPI (pour les souscriptions réalisées cette année), portant le taux de 18 % à 25 % (pour les fonds agrées par l’Autorité des marchés financiers en 2024 et 2025). La loi a aussi majoré le taux à 30 % pour les souscriptions de parts de jeunes entreprises innovantes.

Quid des FIP ? Les fonds d’investissement de proximité ont été rognés par la loi de finances 2025, qui a supprimé l’avantage fiscal pour les souscriptions réalisées cette année. Cette suppression ne concerne toutefois que les fonds « métropolitains », donc ceux faits dans l’hexagone. La réduction de 18 % précitée pour les FCPI reste donc valable pour les FIP Corse ou Outre-mer.

À noter : la réduction est portée à 30 % pour un FIP Corse si l’actif de ce dernier est constitué d’au moins 70 % de titres de sociétés exerçant leur activité exclusivement sur l’Ile de beauté.

Point intéressant : à la sortie du FCPI ou FIP, la plus-value est exonérée d’impôt mais reste soumise aux prélèvements sociaux, sous réserve que les titres aient été détenus au moins cinq années. C’est là une contrepartie à bien connaître : les avantages fiscaux à l’entrée (et à la sortie) sont liés à l’engagement de conserver ses parts pendant cinq années (même si certaines circonstances permettent une sortie anticipée sans remise en cause de l’avantage fiscal). Autre contrepartie : cet investissement entre dans le calcul du plafond global des niches fiscales, fixé à 10 000 euros. 

Utilisez le dispositif Denormandie

Le dispositif Pinel n’étant plus accessible depuis fin 2024, il est possible de s’orienter vers l’investissement dit Denormandie en faveur de l’immobilier ancien rénové, efficace jusqu’en 2027. C’est en effet une extension du dispositif Pinel mais visant spécifiquement à lutter contre l’habitat insalubre. Ce dispositif n’est pas cumulable avec d’autres dispositifs d’investissement locatif (comme Pinel ou Loc’Avantages).

Il s’applique précisément aux acquisitions de logements en vue de leur rénovation ou de locaux que le contribuable transforme à usage d’habitation. Le logement doit faire l’objet de travaux représentant au moins 25 % du coût total de l’opération (prix d’achat + frais d’acquisition + coût des travaux).

Exemple : l’achat d’un appartement ancien de 120 000 euros, frais compris, nécessitera au moins 40 000 euros de travaux (120 000 + 40 000) x 25 % = 40 000 euros.

À noter : les travaux doivent être réalisés dans la foulée de l’acquisition par un professionnel reconnu garant de l’environnement (RGE) et, point clé, être achevés au plus tard le 31 décembre de la deuxième année suivant l’achat. Sachez aussi qu’une liste des communes éligibles est fixée par les pouvoirs publics et peut évoluer, il est donc important de vérifier l’éligibilité de la commune avant d’investir. Et que ce dispositif impose des loyers plafonnés pour des locataires aux ressources limitées. 

Le dispositif Denormandie permet d’obtenir un avantage fiscal calculée sur le prix de revient du logement, retenu dans la limite d’un plafond par mètre carré de surface habitable (fixé par décret à 5 500 euros). La limite annuelle est de 300 000 euros. Le taux de la réduction d’impôt varie selon la durée d’engagement : 12% pour 6 ans, 18 % pour neuf ans, 21 % pour douze ans.

Exemple : pour un investissement de 300 000 euros, la réduction sera de 63 000 euros maximum avec un engagement locatif de 12 ans. L’avantage fiscal débute à la date d’achèvement des travaux.  

Attention, le dispositif Denormandie intègre le plafonnement global des niches fiscales, un mécanisme limitant le total de cet avantage accordé à chaque foyer fiscal à 10 000 euros par an. 

Prudence avant d’investir

Les placements de ce type doivent être étudiés patiemment avant toute souscription, il faut également bien connaître le degré de risque et l’horizon de placement. L’avantage peut notamment être repris si le placement n’est pas conservé suffisamment longtemps. Il faut enfin tenir compte de la liquidité du produit. Par exemple, avec le PER, le capital investi n’est pas récupérable avant la retraite, sauf accidents de la vie importants ou achat de sa résidence principale.

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