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La croissance résiste malgré le Delta

Nous sommes arrivés au début de l’été avec les économies des pays avancées qui continuaient à être portées par la dynamique de reprise de l’activité sous l’effet de l’amélioration de la situation sanitaire permise par la montée des vaccinations et la baisse des contagions dues au virus. En revanche, dans nombre de pays émergents la situation sanitaire restait fragile.

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En Zone Euro, le retour de la croissance s’est bien reflété dans les chiffres du deuxième trimestre, avec une expansion du PIB de 2%, après deux trimestres de contraction. Aux Etats-Unis, la croissance du PIB restait aussi forte, s’affichant à 1,6% sur le trimestre.

En même temps, la crise a créé des goulots d’étranglement dans les chaînes de production, poussant certains prix à la hausse. Ceci, associé à des forts effets de base, s’est traduit par une accélération de l’inflation en glissement annuel. Ainsi, aux Etats-Unis, l’inflation (mesurée par l’indice des prix à la consommation), a atteint 5,4% en juillet, soit le niveau le plus élevé depuis 1990. En Zone Euro, la hausse est plus modérée à 2,2% en glissement annuel.

Du côté de la politique économique, les autorités monétaires aux Etats-Unis comme en Europe ont continué de maintenir leur position ultra accommodante, notamment en continuant des achats importants d’actifs.  Par ailleurs, la BCE, lors de sa réunion de Juillet 2021, a pour la première fois reflété son nouvel objectif d’inflation (2%), en soulignant notamment que toute hausse des taux directeur se ferait seulement une fois cet objectif atteint.

Du côté de la politique budgétaire, aux Etats-Unis un plan de près de 600 milliards de dollars d’investissements en infrastructures a été adopté par le Sénat, mais la chambre de représentants doit encore le discuter. Il est probable qu’un plan sera adopté d’ici la fin d’année, mais beaucoup d’incertitudes persistent quant au montant et la date d’adoption.

En Chine, les autorités ont accentué leur croisade règlementaire contre les géants de l’internet. Ceci a évidemment provoqué un fort recul de ces valeurs en bourse. De manière plus large, les autorités semblent vouloir mieux contrôler ce secteur en forte expansion, qui est vu comme une source de l’accroissement des inégalités. Le président XI Jinping semble vouloir faire de la lutte contre les inégalités dans la société chinoise un de ses chevaux de bataille. 

Sur les marchés, malgré quelques à-coups, notamment dues à la situation en Chine, la prise de risque a dominé. En effet, les bourses américaines et européennes, notamment, ont continué leur ascension jusqu’à la mi-août, soutenues par des résultats des entreprises très solides au cours du deuxième trimestre.  Les S&P500 ou le CAC postaient des performances supérieures à 20% par rapport au début d’année. Les indices américains atteignant des plus hauts historiques. 

La tendance depuis la mi-août s’est inversée.

Tout d’abord, la montée des contagions causées par le variant Delta fait craindre aux investisseurs que la croissance future pourrait en pâtir. Accentuant cette crainte, certaines enquêtes conjoncturelles, essentiellement aux Etats-Unis, ont montré des signes de ralentissement de l’activité. En partie, ceci est dû aux inquiétudes associés au virus, mais aussi aux contraintes qui pèsent sur l’offre.

Du côté des ménages, les hausses des prix semblent aussi avoir affecté l’appétit de consommation, malgré la poursuite des créations d’emplois.

Par ailleurs, outre-Atlantique, la banque centrale a laissé entendre qu’elle pourrait réduire ses achats d’actifs plus rapidement que prévu. Ceci est venu augmenter l’anxiété des investisseurs.

En même temps, en Chine, les dernières statistiques ont montré la poursuite du ralentissement de l’activité. Ceci, avec des signes de décélération de la demande mondiale, a contribué à une baisse marquée des prix des matières premières, qui s’est accélérée depuis la mi-août. En particulier, le prix du baril de pétrole (Brent) a reculé de plus de 10% depuis le début du mois d’août.

Dans ce contexte, la devise américaine a eu tendance à se renforcer gagnant plus de 3% depuis le début de l’été en moyenne contre celles des principaux partenaires des Etats-Unis. 

Il est certain que la nervosité générée par la montée des contagions, notamment aux Etats-Unis et son impact possible sur l’activité doivent inciter à une certaine prudence. Toutefois, en Europe pour l’instant le rebond de l’activité se poursuit et il n’y a pas de signes de fléchissement majeur.

En partie, ceci est dû à la montée des vaccinations qui permettent de préserver la mobilité dans les économies.

En outre, de manière plus globale, la persistance de taux d’intérêt à long terme très faibles devrait non seulement soutenir la croissance mais aussi porter les investisseurs vers des actifs plus risqués afin de trouver des meilleurs rendements. Ainsi, nous risquons de continuer à voir des valorisations élevées des actifs comme conséquence des politiques monétaires qui devraient encore rester très accommodantes.

Si une certaine prudence est de mise à court terme, conserver des portefeuilles diversifiés avec une préférence pour les actifs plus risqués semble encore justifié. Néanmoins, avec le cycle haussier très prononcé des marchés que nous venons de connaître, on se doit d’être plus sélectifs et continuer à orienter les investissements vers des thématiques qui devraient dominer les tendances futures, y compris la transition énergétique.

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