À l’instar d’un bilan de santé, le bilan patrimonial est une mise à nu de son patrimoine personnel et professionnel. Un audit, dit-on aussi. Quelle est la démarche ? Elle va d’abord consister à faire la synthèse de ses biens et de ses dettes à un instant T. Côté actifs, on référencera bien sûr les biens immobiliers, dont sa résidence principale, le tout avec précision en apportant des estimations récentes. Il faut en parallèle lister l’ensemble des placements financiers détenus : livrets d’épargne, PEL, assurances-vie, portefeuille boursier, PEA, etc., avec chaque fois un relevé de situation aussi proche que possible. Il faut ici être exhaustif et éviter les approximations. Y compris en indiquant si les biens sont détenus en pleine propriété ou non.
Avoir une vue globale
Pour être efficace, un bilan patrimonial sera tout aussi pointilleux sur les éventuelles dettes en cours, notamment sur l’immobilier. En parallèle, il est nécessaire de mettre sur la table ses revenus professionnels, mais aussi ses charges (impôts, crédits, train de vie, etc.). On n’oubliera pas de prendre en compte les assurances prévoyance, sans omettre les couvertures du milieu professionnel face aux coups durs (décès, invalidité, chômage). Du reste, la situation familiale est un élément important du diagnostic, par exemple existe-t-il un régime matrimonial spécifique ? Ou les enfants sont-ils majeurs et autonomes ? Les droits de succession pourront également être mis à plat dans l’hypothèse d’un décès. Cette vue globale est un premier pas, qui permettra de cibler les actions à suivre. Ce n’est toutefois pas suffisant. Il faut maintenant évaluer les forces et faiblesses du patrimoine.
Le profil du patrimoine
Cette analyse consistera à le classer en cinq grandes catégories, que sont l’immobilier d’habitation (résidence principale et/ou secondaire), l’immobilier locatif, les liquidités (livrets, Sicav monétaires), les actions, et enfin les placements à long terme sans risque (PEL, assurance vie en euros notamment). Le but est ici de voir sa structure générale tant sur un plan quantitatif (montants) que qualitatif (sécurité, potentiel). Ce qui va consister d’abord à mesurer le poids de la pierre dans l’ensemble, mais aussi des placements sécurisés. À partir de cette cartographie, sera défini le niveau de risque du patrimoine, ses rendements potentiels dans le futur, ou encore son degré de liquidité (mobilisable rapidement ou non ?).
Quels sont vos objectifs ?
Un patrimoine est au service de projets. C’est tout le sens de son optimisation. Quels sont les vôtres ? Mettre votre famille à l’abri du besoin avant tout ? Préparer votre future retraite ? Anticiper la transmission de vos biens ? Financer les études supérieures de vos enfants ? Une hiérarchie est ici à établir. Les projets sont bien sûr évolutifs au fil du temps, tout comme la situation familiale ou professionnelle. Votre âge est donc un dernier point clé pour affiner l’analyse. Un bilan patrimonial peut être envisagé dès la quarantaine venue, selon l’état de son patrimoine. Mais il prend vraiment tout son sens autour de 50 ans, avec des mises à jour régulières (a minima tous les 5 ans).
Passer à l’action
Partant de là, reste à mettre en place une stratégie de gestion de l’existant mais aussi d’investissement pour l’avenir. La palette des solutions immobilières et financières est large, d’où la nécessité d’un accompagnement professionnel. Les questions de droit civil et les considérations fiscales sont aussi à prendre en compte pour faire les bons choix. Après avoir aidé à établir l’audit, c’est ici le rôle du conseiller que de faire les propositions adéquates. En pratique, des arbitrages pourront être opérés au sein du patrimoine, par exemple vendre un bien immobilier pour accentuer la part liquide du patrimoine. Ou pour le céder à ses enfants en nue-propriété. La question de la prévoyance - souvent négligée - sera aussi au cœur de l’analyse, avec des solutions pour protéger ses proches et ses biens.