Le Plan Epargne Retraite (PER) : un produit aux atouts multiples

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Incontournable pour se constituer un capital pour la retraite, le PER s’inscrit plus largement dans une approche globale de son patrimoine. Vous pouvez ainsi y transférer vos anciens produits retraite ou jouer la complémentarité avec l’assurance-vie. Explications. 

Le PER (Plan d’Epargne Retraite) individuel occupe désormais une place de choix dans la palette des produits financiers souscrits par les ménages. Fin 2025, on comptait 4,9 millions de détenteurs pour un encours de 86 milliards d’euros*$. Les dizaines de milliers de nouveaux plans souscrits chaque mois attestent d’un développement logique, tant les perspectives sur les régimes de retraite sont sombres. Le déficit du système atteindrait ainsi 0,2 point de PIB (soit 6,8 milliards d’euros courants) en 2030, puis 0,9 point de PIB en 2045 et jusqu’à 2,4 points de PIB en 2070 selon les dernières projections du Conseil d’Orientation des Retraites*$.

  • Source : France assureurs, données clés 2025.

  • Rapport 2026.

Le PER : zoom sur ses avantages

Avec son cap clair, la retraite, le PER est aujourd’hui l’outil idoine pour répondre à cet enjeu. Les solutions financières proposées, notamment la gestion à horizon avec sécurisation progressive de l’épargne, s’adaptent à la plupart des situations des clients. L’avantage fiscal à l’entrée - les versements peuvent être déductibles chaque année du revenu imposable, jusqu’à certains plafonds - rend ce produit particulièrement efficient pour les ménages imposés à une tranche marginale d’impôt sur le revenu de 30% minimum. La baisse d’impôt engendrée va venir diminuer l’effort financier nécessaire pour se constituer un capital dans la durée. Il est toutefois possible de renoncer à la déduction fiscale des versements au profit d’une fiscalité avantageuse à la sortie, ce qui rend ce produit aussi potentiellement adapté pour les ménages peu ou pas imposables sur le revenu.

Reste le blocage de l’épargne jusqu’à la retraite. Cet inconvénient a priori non négligeable doit être relativisé, puisqu’il existe six cas de déblocage anticipé pour accident de la vie*$ et un autre pour l’achat de la résidence principale. Il protège aussi le cotisant contre la tentation d’utiliser les économies réalisées : l’objectif retraite est maintenu au fil des années, d’autant qu’en cas de décès avant 70 ans de son détenteur, le capital sera transmis à un bénéficiaire désigné dans un cadre fiscal dérogatoire.

  • Ces situations de déblocage sont le décès du conjoint ou du partenaire de pacs, l’invalidité du titulaire du plan ou de son conjoint (ou partenaire de Pacs) ou des enfants à charge, l’affection ou le handicap d'un enfant à charge, le surendettement du titulaire, l’expiration des droits au chômage, ou encore de la cessation d’activité non salariée à la suite d’une liquidation judiciaire.

Pourquoi l’assurance-vie est complémentaire ?

Un autre produit financier fait bon ménage avec la retraite : l’assurance-vie. Selon l’Insee, 42% des ménages détiennent un ou plusieurs contrats, souvent dans une optique de préparation à la retraite pour les actifs. Associer le PER à l’assurance vie présente de précieux avantages. L’épargne accumulée sur un contrat d’assurance vie reste disponible à tout moment et le régime fiscal à la sortie est plus favorable à l’épargnant, les retraits étant moins fiscalisés passé les 8 ans du contrat (voire nuls grâce aux abattements annuels sur les intérêts et plus-values compris dans les retraits). Comme vu précédemment, le PER permet lui de déduire, chaque année, les versements réalisés (jusqu’à un certain plafond) du revenu imposable. Toutefois, si l’épargnant n’opte pas pour la déductibilité des versements pour le calcul de l’impôt sur le revenu à l’entrée, il bénéficiera d’une fiscalité allégée à la sortie. Au décès du titulaire, l’assurance-vie reste plus avantageuse pour les bénéficiaires du capital, le régime fiscal applicable dépendant de la date de versement des primes et non de la date de décès du titulaire. Il faut donc combiner les atouts des deux produits dans une approche globale de son patrimoine et ce, pendant sa vie active comme au moment de sa retraite.

En fonction des moyens financiers de chacun, jouer sur les deux tableaux n’est pas toujours évident. Une stratégie envisageable est alors de raisonner par âge. Pour un jeune ménage, la priorité sera de se constituer un capital financier disponible sans contrainte, puis d’acquérir sa résidence principale. Ce à quoi répond l’assurance-vie avec sa souplesse de fonctionnement. Ce socle bâti, si les revenus professionnels du ménage sont ascendants, le PER est alors un produit retraite associé à un avantage fiscal simple et efficace. Mais une fois à la retraite, compte tenu de l’imposition des sommes retirées sur le PER, pourquoi ne pas privilégier l’assurance-vie pour des retraits d’argent à la carte avec une imposition moindre ?

Jouer la carte du transfert

Dans cette configuration, le PER présente un atout supplémentaire : la possibilité de le transférer d’un établissement gestionnaire à un autre, ce qui est impossible avec un contrat d’assurance-vie*$. Cette disposition d’ordre légal est effectuée sans frais passé les 5 ans de détention du produit. Voilà qui rassurera bien des épargnants.

Ces derniers sont aussi encore nombreux à détenir d’anciens produits retraite individuels, qui existaient avant le lancement du PER en octobre 2019. Bonne nouvelle : PERP ou encore contrat Madelin sont transférables dans l’enveloppe du PER individuel, le tout sans fiscalisation des sommes transférées. Un autre avantage est à mentionner : le PER prévoit une sortie en rente et/ou en capital, quand ses ex-formules se limitaient à une sortie sous forme de rente. Il conviendra toutefois d’analyser son contrat avant toute décision, notamment pour vérifier qu’il n’incluait pas un taux de rente garanti ou un autre avantage significatif.

  • Il est toutefois possible de transférer son capital sur un autre contrat de la même compagnie d’assurance-vie avec maintien de l’antériorité fiscale, sous réserve de son accord. Mais aussi de souscrire plusieurs assurances-vie dans différentes compagnies.

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