Épargner « responsable » n’est plus une mode. C’est un besoin, un souhait, une nécessité même pour davantage de ménages chaque année. L’idée n’est autre que d’allier rentabilité de son placement avec davantage de responsabilité environnementale et sociale. En pratique, cela revient à financer des projets et des entreprises qui améliorent la gestion des ressources et encouragent la durabilité. 2025 marque un tournant majeur sur ce terrain avec un label ISR (Investissement Socialement Responsable) revu, des produits plus identifiables et à venir deux rendez-vous importants pour cette cause.
Un label ISR plus engageant
Sur le marché français, plusieurs labels existent pour garantir l'intégrité écologique et sociale des placements. S’y référer permet d’éviter le « greenwashing », qui consiste à donner une fausse image écologique aux produits, donc à tromper l’investisseur.
Trois labels sont aujourd’hui reconnus en France. Le plus répandu est le label ISR, créé en 2016 par les pouvoirs publics et révisé l’an dernier avec plus d’exigence à la clé. Son intérêt est d’être assez généraliste, visant le développement durable au sens large. C’est au travers du respect des critères ESG (environnement, social, gouvernance) que le label ISR est attribué à certains produits financiers (fonds, SCPI, etc.).
Point clé : le cahier des charges du label a été profondément remanié en 2024 pour application cette année. Premier changement : une sélectivité renforcée pour les fonds labellisés, ces derniers devant désormais exclure de leur univers d’investissement initial les 30 % d’entreprises les moins bien notées sur le plan ESG, contre 20 % auparavant. Le poids des domaines E, S et G doit être aussi davantage équilibré. Ce n’est pas tout : des exclusions sectorielles ont été incluses dans le label. Ainsi, les fonds labellisés ne peuvent par exemple plus investir dans des entreprises dont plus de 5 % de l’activité relève de la production ou la distribution de tabac ou de produits contenant du tabac. Sont aussi écartées les entreprises exploitant du charbon thermique ou des énergies fossiles non conventionnelles, ainsi que celles qui lancent de nouveaux projets d’exploration, d’exploitation ou de raffinage d’hydrocarbures sous certaines conditions.
En pratique, on trouve sur le marché trois des plus grandes stratégies chez les gestionnaires de fonds (même s’il en existe d’autres). Celle dite best-in-class, où les entreprises les mieux notées ESG dans chaque secteur sont retenues. Celle dite d’exclusion, dans laquelle les secteurs nuisibles sont automatiquement écartés. Enfin celle thématique, les fonds se concentrant là sur une problématique spécifique (par l’exemple, la gestion de l’eau).
À noter
Deux autres labels existent sur le marché français. Le label Greenfin, spécifique à la finance verte et qui inclut des critères stricts en matière de protection de l’environnement. Et le label Finansol, axé sur la finance solidaire, qui distingue les fonds qui participent aux financements de projets d’entreprises et/ou d’associations à forte utilité sociale et environnementale.
Des produits plus identifiables
Grâce à ces labels, l’épargnant sait où mettre les pieds pour investir autrement. Reste à trouver les produits adéquats, ce qui reste difficile sur un marché jargonneux. Certains établissements financiers se sont alors engagés à clarifier leur offre. C’est notamment le choix de La Banque Postale, qui propose des solutions d’épargne qui respectent les critères ESG.
Les fonds verts (des OPC, techniquement) sont aujourd’hui la locomotive de l’investissement durable. Ils sélectionnent des actions ou des obligations de sociétés engagées dans des pratiques durables telles que le développement d'énergies renouvelables, la conservation de l'eau, la réduction des déchets ou encore l'innovation durable. Le gestionnaire du fonds évalue les entreprises non seulement sur leur potentiel de rentabilité, mais également sur leur impact environnemental, en utilisant souvent des critères stricts pour garantir que les investissements respectent des normes durables.
Les obligations vertes, dites Green Bonds, sont une autre piste intéressante pour investir autrement en 2025 et sans doute après. Ce sont des titres de créance émis par des entreprises, des organisations internationales ou encore des gouvernements pour financer des projets ayant un impact positif sur l'environnement. En pratique, c’est le principe de l’obligation qui s’applique : l’épargnant prête de l'argent à l'émetteur qui s'engage à l'utiliser pour financer des projets durables. En retour, ce dernier s'engage à rembourser le prêteur avec intérêt à une date spécifiée.
L’assurance vie chemine progressivement sur ce chemin de la finance durable. Le placement préféré des Français incorpore ainsi de plus en plus de fonds labellisés ISR. Mais les fonds en euros à capital garanti sont aussi de plus en plus gérés de manière durable par les assureurs. En témoigne les engagements pris par certains établissements financiers, dont La Banque Postale, qui a intégré une approche ESG dans la gestion de son fonds en euros, en coopération avec l’assureur de ses contrats, CNP Assurances. Prisé des Français, le fonds en euros peut maintenant permettre de concourir à une gestion plus durable de l’épargne.
Et le Livret de Développement Durable et Solidaire (LDDS) ? Ce produit bancaire est peut-être le premier d’une épargne durable même s’il rejoint le livret A sur beaucoup de points. On peut noter deux différences entre ces produits : d’une part par son plafond qui est de 12 000 euros, comparé au plafond de 22 950 euros pour le livret A. Et d’une autre part par l’obligation pour les établissements de donner à leurs clients la possibilité de faire des dons à une association une fois par an depuis le LDDS. En résumé, c’est une épargne de précaution qui est complémentaire au livret A, et immédiatement disponible avec la garantie du capital. En regard, son rendement est fixé par les pouvoirs publics (1,70 % net au 01/08/2025).
Deux évènements porteurs
Du 24 septembre au 5 octobre 2025 se tiendra la Semaine de la Finance responsable, organisée par le Forum pour l’Investissement Responsable. Partout en France se tiendront alors des rencontres, débats, lieux d’information pour sensibiliser les Français. Autre rendez-vous clé pour la finance durable, la tenue du 10 au 21 novembre 2025 de la COP 30, nouveau sommet mondial sur climat organisé par l’ONU. Cette conférence se tiendra à Belém, au nord du Brésil. Le climat est évidemment l’une des composantes majeures de l’investissement durable. Les retombées de la COP 30 pourraient influer de manière significative sur les pratiques des gestionnaires de fonds.