Erreur 1 : Procrastiner
En matière de retraite, avez-vous tendance à remettre le sujet à demain ? Possible, tant le sujet est à première vue complexe et anxiogène. Pour la préparer au mieux, notamment sur le plan financier, il est temps de s’en occuper. À tout âge, des actions peuvent être mises en place.
Dès la trentaine, une fois entrée dans la vie active, faire un état des lieux sur les premiers trimestres et points engrangés est utile. C’est un préalable utile pour se frotter au mécanisme de notre système de retraite par répartition et commencer à vérifier le bon report de ses droits à la retraite. Rien de plus simple, en créant son compte officiel sur info-retraite.fr. On commencera aussi en parallèle une petite épargne programmée, sur un placement de long adéquat (assurance vie ou Plan d’Épargne Retraite).
Autour de 45-50 ans, il faut vraiment prendre le taureau par les cornes avec un point précis sur ses droits à la retraite. La stratégie d’épargne doit être affûtée, en profitant notamment des avantages du PER (déduction des versements, jusqu’à certains plafonds). Toute procrastination jouera ici contre vous.
Passé 55 ans, l’urgence pointe. Faire un bilan retraite détaillé est impératif pour voir l’intérêt de certains outils du système (rachat de trimestres, retraite progressive, etc.) et pour évaluer précisément la pension prévue (point 2).
Erreur 2 : Mésestimer sa future pension
Sur le plan financier, l’élément clé pour votre vie post-professionnelle concerne le montant de la pension que vous percevrez. C’est à partir de cette information que vous pourrez mettre en place une épargne adaptée pour vous constituer un complément de retraite.
Sur ce terrain, il faut se défier des montants de pension publiés ici ou là dans les media. Ce sont toujours des données moyennes qui ne correspondent pas à votre situation personnelle. Prudence aussi sur des simulateurs très simplifiés disponibles sur le Net. La piste la plus sérieuse pour évaluer votre future pension est d’utiliser le simulateur officiel accessible sur info-retraite.fr. À partir des éléments de votre relevé de carrière (dont vous aurez préalablement vérifier l’exactitude, retour au point 1), vous obtiendrez une estimation de votre pension à l’âge légal de départ en retraite.
Le résultat obtenu n’est qu’indicatif. Plus vous êtes jeune, plus il sera à prendre avec des pincettes, votre future carrière professionnelle pouvant fortement modifier la donne. Pour les personnes ayant passé la cinquantaine, avec des carrières peu linéaires (non-salarié, expatrié, dirigeants, nombreux statuts, etc.), le recours à une société spécialisée dans les audits retraite pourra être utile pour vérifier ses droits, estimer sa pension et prendre les meilleures dispositions pour l’optimiser. Ce recours à des experts sera toutefois payant.
Erreur 3 : Méconnaître les leviers du système
Contrairement à une idée reçue, le système de retraite français n’est pas figé. Il contient quelques dispositifs utiles pour se fabriquer une retraite à la carte. Leur nom ? Départ anticipé, rachat de trimestres, cumul emploi-retraite, retraite progressive, etc. Autant de leviers dont l’intérêt dépendra de votre situation (âge, statut, etc.). Méconnus, ces outils restent aujourd’hui sous-utilisés par les actifs.
Intéressons-nous à l’un d’entre eux, la possibilité de racheter des trimestres (12 au plus) pour des années d’études supérieures ou incomplètes, sous certaines conditions. Ce dispositif (techniquement appelé « versement pour la retraite ») revient à verser de l’argent au régime général de la Sécurité sociale pour acquérir des trimestres de retraite supplémentaires. L’objectif ? Partir plus tôt à la retraite avec le taux plein et améliorer le montant perçu. Attention, l’affaire est onéreuse. Plus on est âgé avec des revenus élevés, plus le trimestre racheté est cher. En pratique, pour un trimestre racheté en 2025, la dépense va de 1 055 euros (à 20 ans, option taux seul, moins de 35 325 euros de revenus) à plus de 6 684 euros (à 62 ans, option taux et durée d’assurance, revenus supérieurs à 47 100 euros). La somme versée vient toutefois en déduction du revenu imposable, abaissant l’impôt à payer.
Cet outil comme les autres doivent intégrer toute stratégie de préparation à la retraite, notamment pour les actifs ayant passé la cinquantaine. Attention, les caisses de retraite ne sont pas des organismes de conseil sur ce point. Là encore, le recours à des opérateurs spécialisés pourra être nécessaire.
Erreur 4 : Ne pas mettre en place une épargne personnelle
Inutile de tourner autour du pot : il est nécessaire de vous constituer un capital financier complémentaire pour votre retraite. C’est à faire sans tarder pour minimiser l’effort d’épargne nécessaire. Si à 40 ans, vous placez 150 euros par mois dans un placement rapportant 2 % par an, vous obtiendrez 58 181 euros à 65 ans (45 000 € versés et de 13 181 € d’intérêts). Si vous commencez cet effort d’épargne à 50 ans, vous n’aurez que 31 412 euros (27 000 € de versements, 4 412 € d’intérêts). Et à 60 ans, 9 453 euros (9 000 euros € et 453 € d’intérêts).
Épargner à titre individuel est donc important. Reste à le faire dans un produit financier adéquat. Inutile de courir après un placement miracle, il n’existe pas ! Les solutions de court terme comme les livrets d’épargne ne sont pas les plus adaptés car ils remplissent d’autres fonctions. Recourez plutôt à deux enveloppes complémentaires et cumulables, que sont l’assurance vie et le Plan Epargne Retraite.
L’assurance vie vous permet de viser d’autres buts d’épargne en parallèle, avec la disponibilité permanente du capital et sa transmission dans un cadre fiscal favorable en cas de décès. Le PER vous donne la possibilité d’avoir un cap retraite clairement établi tout en profitant de la possibilité de déduire de vos revenus imposables les versements réalisés, dans les limites réglementaires.