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Quelle place pour la mobilité douce ?

Avec les effets du réchauffement climatique, de plus en plus de Français souhaitent changer leur rapport au transport et opter pour une mobilité douce. Ce concept englobe les modes de mobilité dits « actifs », qui ne font appel qu’à l’énergie humaine et qui sont non motorisés (marche, vélo, trottinette, roller, etc.) et qui visent à résoudre les problèmes de pollution urbaine. Explications.

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Selon une enquête de 2019 du Ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires, que ce soit pour se rendre au travail ou des trajets quotidiens, 63 % des Français se déplacent en voiture individuelle et en deux-roues motorisés, 23,9 % à pied, 9,1 % en transport en commun et 2,6 % à vélo. Ces chiffres varient en fonction de l’âge, de la localisation géographique, de l'accessibilité aux transports en commun, des infrastructures routières et des politiques de mobilité urbaine.

En France, les voitures individuelles sont à l’origine de plus de la moitié des émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports. Ils contribuent à 22 % des émissions nationales de CO2 en 2019.

Qu’est-ce que les mobilités douces et pourquoi les adopter ?

Il est important de distinguer les mobilités douces (dites actives) des mobilités durables (dites passives). Les mobilités douces font référence à tout ce qui fait appel à la force physique pour fonctionner (de façon générale la marche et les transports à roues ou roulettes non-électriques).

Les mobilités passives, quant à elles, concernent tout ce qui n’est pas de l’ordre de l’« autosolisme » (le fait de circuler seul dans une automobile). Ces mobilités passives sont donc principalement représentées par les transports en commun, le covoiturage et l’autopartage (disposer d’une voiture selon ses besoins, pour quelques heures à quelques jours). On y retrouve également les appareils électrifiés, comme les trottinettes et vélos électriques…

Les avantages des mobilités douces sont nombreux : réduction des émissions de CO2, des nuisances sonores, olfactives, lumineuses et visuelles. Ces nouvelles mobilités permettent de diminuer les embouteillages et donc de fluidifier le trafic, ce qui représente un gain de temps. Elles offrent également des bienfaits pour la santé grâce à l’activité physique.

Utiliser un vélo plutôt qu’une voiture (même électrique) pour les trajets courts serait davantage bénéfique pour l’usager, car cela permettrait de réduire les risques de cancer, de diabète ou de maladies cardiovasculaires et d’augmenter son espérance de vie de deux ans. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), la mortalité liée au cancer est inférieure de 30 % chez les personnes se rendant sur le lieu de travail ou à l’école à vélo.

Les mobilités douces peuvent également représenter des économies d’argent. En 2022, le budget mobilité des Français était de 174 euros par mois, mais, nous pouvons observer de grandes disparités en fonction de la situation géographique et du moyen de transport utilisé. Pour les automobilistes et conducteurs de deux-roues, le budget moyen mensuel mobilité s'élève à 216 euros. Cependant, leurs dépenses sont environ deux fois plus importantes que celles des utilisateurs de transports en commun, qui ont un budget moyen de 105 euros.

Enfin, les mobilités douces permettent de se réapproprier l’espace public et, de manière générale, d’améliorer notre qualité de vie.

Les voitures personnelles, un mode de transport à limiter pour une mobilité douce

En 2020, plus de 38 millions de voitures étaient en circulation en France, dont 1 % de voitures électriques. Si ces dernières sont de plus en plus nombreuses en vente (grâce notamment aux aides publiques), c’est notamment puisqu’elles émettent moins de CO2 (dans un contexte où les normes d’émissions se durcissent avec les zones à faibles émissions). De plus, le coût de recharge est moins important que celui du carburant, les contrats d’assurances sont moins chers, elles sont plus silencieuses. Cependant, la voiture électrique n’est pas la solution parfaite : l’impact carbone de la voiture électrique est plus élevé lors de sa fabrication qu'une voiture thermique notamment à cause de l'extraction de lithium nécessaire à la fabrication des batteries (cependant, le véhicule électrique est 2 à 6 fois moins polluant qu’un véhicule thermique sur l’ensemble de son cycle de vie), le prix d’achat est élevé (mais des aides de l’État peuvent faciliter l’acquisition), le temps de recharge peut être conséquent et les pièces de rechange peuvent être plus coûteuses.

Selon une enquête du Réseau Action Climat de 2022, le budget annuel d’un automobiliste en France était de 4 210 €. En cinq ans, ce budget a augmenté de près de 14 %. Dans un contexte d’inflation et de tensions autour du pétrole, ce budget risque de continuer à augmenter. Ainsi, avec la crise économique et environnementale que nous traversons, la proportion des trajets en voiture pourrait être amenée à diminuer dans une certaine mesure, au profit du vélo. 

Le vélo, le futur de la mobilité douce ? 

Selon l’ADEME, en 2023, 60 % des Français perçoivent le vélo comme une manière efficace de lutter, à leur échelle, contre le dérèglement climatique.

Le vélo en libre-service

En 1976, Michel Crépeau, alors maire de la Rochelle, a mis en place le premier réseau de vélo en libre-service gratuit, avec 400 vélos mis à disposition. Il a fallu attendre une vingtaine d’années pour que Rennes propose en 1998 une initiative similaire, « STAR, le vélo », considéré comme le « premier libre-service vélo informatisé au monde ». Les Vélo’v, lancés à Lyon en 2005, ont été le plus important service de vélos en libre-service à leur lancement, jusqu'au début des Vélib' à Paris. Introduit par Bertrand Delanoë, alors Maire de Paris, en 2007, le Vélib', est l’un des premiers services de vélos partagés dans le monde, qui a rapidement rencontré un grand succès. Le réseau compte 19 000 vélos et près de 4,7 millions de trajets ont été réalisés en octobre 2022.

Aujourd’hui, plus de 80 villes et communes françaises sont dotées de vélos en libre partage.

Comment entretenir et se déplacer à vélo ?

Nous vous proposons aussi quelques adresses de réparation et d’ateliers d’entretiens de vélo à Paris : BicyclAide, Bicycl'Art, Les Petits Vélos de Maurice, Pharmacycle, REcyclerie, Solicycle. De son côté, L’Heureux Cyclage rassemble partout en France, plus de 180 associations qui animent sans but lucratif des ateliers vélo. Ces ateliers vélo permettent d’entretenir et de réparer votre vélo, donnent une nouvelle vie aux vélos abandonnés et sont des lieux d’apprentissage. Si vous avez besoin de conseils, le Wiklou est une plateforme web collaborative permettant le partage de savoirs autour du vélo. L’UFC-Que Choisir, première association de consommateurs de France, donne également des conseils pour acheter le vélo adapté à ses besoins.

Le saviez-vous ?

À Paris, il est possible d’avoir une place de « parking » numérotée pour son vélo (service payant), d’avoir accès à des espaces gratuits permettant de gonfler ses pneus, à des stations de réparation en libre-service, mais aussi à des ateliers de réparation gratuits dans les gares.

Quelles sont les applications à télécharger ? Pour se déplacer à vélo, nous vous conseillons les applications suivantes : Bikemap, Cyclemeter, Géovélo, Google Maps, Komoot, Maps.me, Strava, Wikiloc. L’application Free Taps permet de géolocaliser les points d’eau tandis que Warmshowers permet de mettre en relation des cyclotouristes et des hôtes.

Si vous souhaitez suivre des cours pour être davantage à l’aise à vélo, depuis les années 2000, des vélo-écoles ont été créées au sein des associations du réseau FUB (Fédération française des usagers de la bicyclette). Ces vélo-écoles mettent à disposition des sessions d’apprentissage pour les débutants, ou des cours de remise en selle pour celles et ceux qui savent déjà pédaler, mais qui n’ont plus l’habitude de prendre leur vélo.

Le rôle de l’Etat français dans la promotion du vélo

En septembre 2022, Elisabeth Borne, alors première Ministre, a lancé le plan vélo et marche 2023-2027 pour démultiplier la pratique du vélo grâce à de nouveaux aménagements (pistes cyclables, bornes d’autoréparation, parkings sécurisés, emplacements dédiés à l’emport de vélos non démontés à bord des trains neufs et rénovés). Ce plan comprend également des aides aux employeurs avec le programme Objectif Employeur Pro-Vélo (OEPV) qui les accompagne dans le développement d’une culture vélo au sein de leurs établissements. Celui-ci a également des objectifs de réduction d'impôt pour les flottes de vélos de fonction, le Forfait mobilités durables et les primes à l’achat. L’objectif de ce plan est également d’accompagner les acteurs du vélo dans la réindustrialisation des productions et l’innovation, ainsi que de développer le vélotourisme.

Le rôle de l’Etat et des collectivités publiques pour une mobilité plus responsable

Pour répondre aux défis du secteur des transports, l’Etat a créé en 2021 l’Agence de l’Innovation pour les Transports (AIT). Son rôle est de soutenir le développement de solutions innovantes visant à améliorer la mobilité, la durabilité et l'efficacité des systèmes de transport, en finançant la recherche et l’innovation, en promouvant la transition écologique, en accompagnant les acteurs du secteur et en effectuant une veille technologique et prospective.

Alors que l’Etat souhaite atteindre une neutralité carbone à l’horizon 2050, la loi LOM a été votée en décembre 2019. Elle vise à transformer la politique des mobilités pour « prioriser et faciliter les transports du quotidien, en les rendant à la fois moins coûteux et plus propres ». L'objectif est donc de proposer des solutions alternatives à la voiture individuelle via 3 piliers :

  • Investir plus et mieux dans les transports du quotidien,
  • Faciliter et encourager le déploiement de nouvelles solutions pour permettre à tous de se déplacer,
  • Et engager la transition vers une mobilité plus propre.

Concrètement, il s’agira de mettre fin à la vente de voitures à énergies fossiles carbonées d'ici 2040, de réinvestir dans le ferroviaire et les transports du quotidien, de multiplier les points de recharges pour les véhicules électriques et de proposer des aides financières pour une mobilité plus écologique.

Les aides

  • Le forfait mobilité durable qui est un dispositif facultatif de soutien financier pour les salariés du secteur privé et les agents des services publics qui utilisent des modes de transport dits « à mobilité douce » pour leurs déplacements domicile-travail. Ce forfait remplace les indemnités kilométriques vélo et les indemnités forfaitaires de covoiturage (indemnités kilométriques que l’employeur verse aux salariés qui utilisent un vélo ou le covoiturage pour réaliser tout ou une partie du trajet domicile-travail).
  • Les bonus vélo, pour l’achat d’un vélo neuf ou d’occasion, traditionnel ou à assistance électrique.
  • La prime à la conversion qui peut aussi financer une partie de l'achat d'un vélo électrique si celui-ci devient le moyen de transport principal et que l’ancienne voiture est envoyée à la casse. Il s'agit de la même aide concernant également l'achat d'une voiture, d'un scooter ou d'une moto électrique.
  • Le bonus écologique, pour l’achat d’un véhicule neuf ou d’occasion qui utilise l’électricité, l'hydrogène ou une combinaison des 2 comme source exclusive d'énergie.

Les aides des collectivités territoriales qui varient d’une localité à l’autre.

Pour résumer

La mobilité douce est un phénomène en plein essor, porté par une prise de conscience croissante des enjeux du réchauffement climatique et la recherche d’une meilleure qualité de vie. L’Etat et les pouvoirs publics encouragent et soutiennent la mobilité douce à travers des dispositifs d’aides, de nouvelles réglementations et infrastructures.

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