Malgré ce contexte compliqué, les marchés financiers sont restés globalement porteurs. Les investisseurs se sont certes inquiétés de la hausse des droits de douane américains annoncée de manière théâtrale lors du Liberation Day (le 2 avril). Mais les négociations bilatérales qui ont suivi entre les Etats-Unis et leurs partenaires commerciaux en ont atténué l’impact, ce qui a rassuré. Les Bourses ont ainsi pu reprendre leur trajectoire haussière à partir du printemps. La croissance mondiale a d’ailleurs fait preuve de résilience, grâce notamment à l’assouplissement des politiques monétaires et à un prix du pétrole bas sous l’effet d’une abondance de l’offre.
Au total, les indices boursiers ont enregistré une belle progression en 2025, tant en zone euro (+16,7 % pour l’Euro Stoxx 50) qu’aux Etats-Unis (+16,4 % pour le S&P 500 en dollar mais seulement 2,6 % en euro). Malgré quelques hésitations, notamment lors de la hausse des droits de douane américains début avril, les valeurs technologiques ont encore participé à ce mouvement outre-Atlantique, pour la troisième année consécutive. La hausse du CAC 40 a été plus limitée (10,4 %), dans un contexte d’incertitude politique rarement observée dans l’Hexagone.
Le taux des obligations de l’Etat français à 10 ans a dépassé 3,5 % fin 2025. L’écart avec le taux allemand à 10 ans a atteint un peu plus de 70 points de base (pb) contre 50 pb avant la dissolution mais. Fin 2025, plusieurs facteurs ont concouru à une certaine fermeté des taux longs. D’une part, les perspectives budgétaires pour 2026 suggèrent un volume d’émissions d’obligations d’Etat élevé (maintien d’un déficit public très marqué aux Etats-Unis, programme de relance allemand). Dans le même temps, plusieurs facteurs concourent à une demande de titres plus faible : réduction du bilan de la BCE, réforme des fonds de pension hollandais en ce début d’année les autorisant à moins investir en dette à long terme, normalisation du Japon après trois décennies de quasi-déflation qui rend les actifs japonais plus attractifs ce qui détournera les investisseurs nippons des placements alternatifs (le Japon est le premier pays acheteur de dette publique américaine).
En 2026, la croissance de l’économie mondiale devrait encore résister. La crise énergétique qui était née de la guerre en Ukraine est désormais derrière nous, l’instabilité tarifaire liée à la hausse des droits de douane américains serait limitée, les politiques monétaires devraient rester neutres ou le devenir (Etats-Unis) voire pourraient être légèrement accommodantes (reprise des achats d’actifs par la Fed), le prix du pétrole resterait relativement bas dans un contexte d’offre abondante et les politiques budgétaires européennes, outre le plan de relance allemand, resteront marquées par les efforts d’investissement en matière de défense. Les mois à venir ne seront naturellement pas exempts d’incertitude avec en premier lieu la géopolitique mais aussi la valorisation élevée des entreprises technologiques outre-Atlantique. En France, la question budgétaire restera prégnante, avec une interrogation qui persiste sur la stabilité politique.