Quelle alimentation pour une consommation responsable ?

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Pollution de l’air, érosion de la biodiversité, dégradation des sols, épuisement des ressources en eau et énergétiques, pertes et gaspillage, précarité alimentaire, impacts sur la santé humaine et le bien-être animal… L’alimentation est au cœur des préoccupations environnementales, sociales, économiques, sanitaires et sociétales. Selon l’ADEME, elle est responsable d’un quart de l’empreinte carbone des Français.

Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), d’ici 2050, la production alimentaire devra augmenter de 60 % pour nourrir une population mondiale de 9,3 milliards.

Il devient donc essentiel de nous orienter vers une alimentation plus durable et respectueuse de la planète. Que pouvons-nous faire à l’échelle individuelle pour réduire notre impact ?

Un état des lieux de l’alimentation en France

D'un point de vue environnemental

En 2019, l’agriculture était responsable de 19 % des émissions de gaz à effet de serre en France. Ce qui en fait le deuxième poste d’émissions après les transports.

La France est le premier producteur de produits agricoles en Europe, avec une production de 69 milliards d’euros de production et possède le plus gros cheptel de bovins avec 18,1 millions de têtes.

D'un point de vue social

Selon l’enquête Conditions de vie et aspirations des Français du Crédoc, la hausse de la précarité alimentaire s’est accélérée au second semestre 2022 et concerne 16 % des Français contre 9 % en 2016.

Définition : précarité alimentaire

Selon le Conseil National de l’Alimentation, la précarité alimentaire traduit une « situation dans laquelle une personne ne dispose pas d’un accès garanti à une alimentation suffisante et de qualité, durable, dans le respect de ses préférences alimentaires et de ses besoins nutritionnels, pouvant entraîner ou découler de l’exclusion et de la disqualification sociale ou d’un environnement appauvri. »

D’un point de vue économique

Bien que les Français souhaitent modifier leur alimentation, le coût reste une barrière pour 69 % d’entre eux.

Malgré les contraintes financières, l’achat de produits alimentaires responsables résiste : 89 % des Français achètent ce type de produits au moins une fois par mois et 66 % au moins une fois par semaine.

Définition : alimentation durable

Selon l’ADEME, l’alimentation durable est « l’ensemble des pratiques alimentaires visant à nourrir les êtres humains en qualité et en quantité suffisante, aujourd’hui et demain, dans le respect de l’environnement, en étant accessible économiquement et rémunératrice sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. »

D’un point de vue sanitaire

En 2023, près d’un Français sur deux était en situation de surpoids ou d’obésité.

Le modèle alimentaire français peut être nuisible pour notre santé. En effet, celui-ci est souvent trop riche en produits transformés (trop gras, salés et sucrés) et en protéines d’origine animale. Cette consommation alimentaire augmente le risque de développer des maladies cardiovasculaires et d’avoir des complications liées au diabète.

D’un point de vue sociétal

Les Français sont sensibles à l’alimentation responsable : 93 % des Français seraient favorables à l’engagement des collectivités locales de leur lieu de résidence dans une démarche d’alimentation durable, via une aide aux producteurs, via des engagements de qualité des produits des cantines et via une sensibilisation des enfants.

55 % des Français considèrent que le soutien aux producteurs est la principale motivation pour consommer de manière responsable, suivi des bienfaits pour la santé à 53 % et de la protection de la planète à 49 %.

Quelles actions entreprendre ? 

Limiter la consommation de viande

En 2022, un Français consommait deux fois plus de viande que la moyenne mondiale, soit 84,9 kilogrammes équivalents carcasse (en comptant le gras et les os de la viande) par habitant. Selon une étude du Réseau Action Climat France, réduire de 50 % la consommation de viande en France permettrait la réduction des gaz à effet de serre de son secteur agricole de 46 % d’ici 2050.

Cependant, selon la FAO, la consommation en protéines animales devrait augmenter de 21 % entre 2020 et 2050.

Selon un rapport de la FAO de 2023, l’élevage représentait 12 % des émissions de gaz à effet de serre causées par les humains, notamment à cause du méthane et du protoxyde d’azote. Le méthane est un gaz qui provient majoritairement des rots des bovins et des déjections animales, tandis que le protoxyde d’azote est issu des engrais, utilisés notamment pour la nourriture de ces animaux.

Selon un rapport de Greenpeace, la production de viande et de produits laitiers menace six des neuf limites planétaires.

Bon à savoir : les limites planétaires

Proposé en 2009 par une équipe de scientifique, le modèle des limites planétaires postule que l’on peut représenter la crise écologique autour de 9 indicateurs qui sont représentatifs du bon fonctionnement de la planète :

  • Changements climatiques
  • Entités nouvelles
  • Diminution de la couche d’ozone
  • Concentrations atmosphériques en aérosol
  • Acidification des océans
  • Flux biogéochimiques
  • Consommation d’eau douce
  • Changement d’affectation des sols
  • Intégrité de la biosphère

Parmi ces limites, l’une concerne un basculement des cycles de l’azote et du phosphore à l’échelle mondiale. Ces deux éléments chimiques ont une importance toute particulière pour le développement des végétaux et des cultures dédiées à l'alimentation humaine. Or, l’agriculture (élevages et cultures) vient perturber la quantité d’azote et de phosphore présente dans la nature de deux manières. D’une à cause des engrais de synthèse répandus dans les champs pour la croissance des plantes, de deux par les déjections des animaux dans les plus grands cheptels.

Les effluents d’élevage (c'est-à-dire le résultat du mélange des déjections animales avec leur litière) et l’usage de ces engrais constituent le principal facteur d’eutrophisation (processus d’accumulation des nutriments dans un écosystème, qui a pour conséquence de modifier progressivement les équilibres biologiques) des systèmes d’eau douce et d’eaux côtières. Ainsi, la production industrielle de bovin, mais également de volaille et de viande porcine est largement responsable de la pollution des eaux de surfaces et souterraines.

Acheter des produits locaux et biologiques

Vous pouvez faire vos courses dans des coopératives, des marchés de producteurs locaux, directement à la ferme ou en vous inscrivant à une association pour le maintien d’une agriculture paysanne (Amap). Ainsi, vous obtiendrez des fruits et légumes frais et de saison, tout en soutenant les agriculteurs et l’économie locale, en payant un prix juste pour les produits et en contribuant à la création ou au maintien d’emplois.

Les produits biologiques respectant l’environnement, le bien-être animal et la biodiversité, offrent une meilleure qualité nutritionnelle et favorisent l’économie locale.

Réduire votre consommation d’aliments hautement transformés, de boissons sucrées et d’aliments polluants

Pour cela, vous pouvez consulter le Nutri-Score d’un produit. Ce logo, créé par des scientifiques, des médecins et nutritionnistes, vous permet de comprendre rapidement les informations nutritionnelles essentielles d’un produit. Attention, il n’est pas obligatoire pour une entreprise de le mentionner.

De plus, les applications comme Open Food Facts vous donnent accès à une base de données de produits alimentaires pour vous aider à faire des choix plus éclairés.

Bon à savoir : les 10 aliments les plus polluants

  • Viande de bœuf
  • Chocolat noir
  • Viande d’agneau et de moutons
  • Vaches laitières
  • Café
  • Crevettes d’élevage
  • Fromage
  • Poissons d’élevage
  • Viande de porc
  • Viande de volaille

Éviter le surplus d'emballage mais aussi le gaspillage alimentaire 

Pour réduire vos déchets, vous pouvez apporter votre propre sac pour faire vos courses, acheter en vrac, utiliser des tupperwares et sacs à vrac en tissu pour l’achat des fruits et légumes et demander des produits à la coupe. 

Aujourd’hui, le gaspillage alimentaire représente 30 kg par personne et par an en France. Pour limiter ce gaspillage, vous pouvez noter la date d’ouverture des produits sur l’emballage, différencier la DDM (mention « à consommer de préférence avant le ») et la DLC (mention « à consommer jusqu’au ») pour les produits périssables et acheter des invendus sur des plateformes comme Too Good To Go ou Phenix. 

Comment puis-je être éclairé dans mes choix de consommation ?Les labels à connaître

Les logos officiels

En France et en Europe, des logos officiels permettent de reconnaître les produits qui bénéficient d’un signe officiel d'identification de la qualité et de l’origine :

Les labels pour un commerce équitable, pour une agriculture biologique et pour l’anti-gaspillage

Il n’existe pas de labels de commerce équitable portés par l’État ou l'Union européenne. Cependant, il existe plusieurs labels attestant d’un commerce équitable :

D’autres labels portés par des associations certifient d’une agriculture biologique :

De même, dans le cadre de la loi AGEC (loi anti-gaspillage pour une économie circulaire), l’État a créé un label national anti-gaspillage alimentaire. Ce label vise à valoriser les acteurs de la chaîne alimentaire qui contribuent aux objectifs nationaux de réduction du gaspillage, à améliorer les pratiques et à garantir un niveau réduit de gaspillage alimentaire aux consommateurs, aux partenaires professionnels et au public.

Les mentions valorisantes et les produits de marques labellisés

Il existe également des mentions valorisantes pour certains produits. Parmi ces mentions, on peut citer :

Certaines marques proposent également des produits labellisés : Ensemble (Biocoop), Paysans d’ici (Éthiquable), Artisans du monde, Alter Eco, Bio Équitable (coopératives Biocoop et Éthiquable).

Des initiatives françaises, telles que C’est qui le patron ?! ou FaireFrance œuvrent pour un prix juste pour les producteurs, mais ne sont pas labellisés.

Pour résumer

Pour s’orienter vers une alimentation responsable, il est recommandé de s’orienter vers un régime plus végétalisé, avec moins de gaspillage, plus de bio, plus de fruits et légumes de saison et en évitant les aliments qui proviennent du bout du monde.

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