Economie et marchés : analyse

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Alors que le premier semestre de l’année se termine, tous les regards se tournent vers les décisions américaines qui clôtureront début juillet le cycle de négociation ouvert par l’administration américaine avec ses partenaires commerciaux et visant à déterminer le niveaux des droits de douane sur les échanges. 

Les multiples revirement depuis le début d’année, ont entraîné une forte hausse de l’incertitude économique et de la volatilité des marchés. La croissance de l’activité a été altérée des deux côtés de l’Atlantique par un réflexe de précaution touchant les consommateurs et les entreprises et aussi, aux Etats-Unis, par des phénomènes d’anticipation. Pour le second semestre, il est probablement trop tôt pour dire si une forme de normalité va l’emporter suite à des compromis bilatéraux ou si la guerre commerciale va s’amplifier.

La tonalité générale du début de l’année 2025 a été marquée par l’incertitude associée à l’arrivée aux affaires d’une nouvelle administration américaine. Celle-ci a entrepris une revue approfondie des droits de douane applicables à ses partenaires commerciaux dans le but d’encourager une relocalisation industrielle et de financer son budget. La phase de négociation devrait se clore début juillet 2025 et, à fin juin, le Royaume-Uni et la Chine ont signé un nouvel accord avec les Etats-Unis. Si ceux-ci donnent le « la », il est probable que des taux plus élevés resteront en place pour l’ensemble des partenaires, en particulier concernant l’automobile et l’acier, et que des taux ad hoc seront déterminés en complément par pays et secteur. En conséquence de ces annonces, les importateurs américains ont anticipé un volume important de commandes ce qui a entrainé une hausse du commerce international au premier trimestre, en particulier des importations aux Etats-Unis et, en miroir, des exportations depuis Europe. Ces importations ont entraîné une réduction de la production intérieure américaine et le PIB a été réduit de 0,1 % en rythme instantanné. Ce rythme de croissance ne correspond pas à la dynamique interne américaine qui opère probablement autour de 1,5 % l’an comme semble le montrer des créations d’emplois en ralentissement mais toujours correctes. Le choc de prix issu des nouveaux droits de douane devrait freiner l’économie au deuxième semestre mais dans des proportions qui restent à déterminer. Des interrogations majeures se posent également sur la stratégie de change des Etats-Unis, les déclarations allant dans le sens de l’affaiblissement du dollar (qui a déjà perdu 13% contre l’euro au premier semestre). Enfin, les Etats-Unis sont soumis à une dérive budgétaire qui fait gonfler leur dette et suscite l’inquiétude des marchés.

Du côté européen, la croissance de la zone euro s’est établie à 0,6 % au premier trimestre. L’interprétation de cette croissance doit intégrer le poids démesuré de celle de l’Irlande (~10 %) en relation avec les ventes de produits pharmaceutiques irlandais aux Etats-Unis en anticipation de la hausse des droits de douane et qui compte pour une petite moitié de la croissance totale de la zone. Toutefois, l’activité de la Zone euro a aussi été soutenue par le rebond allemand (0,4 %), le dynamisme espagnol (0,6 %) et de l’Italie (0,3 %). La France a de son côté enregistré une croissance de 0,1 %. Elle a moins profité des exportations vers les Etats-Unis que ses partenaires européens et sa demande intérieure est restée très faible, la consommation se réduisant de 0,2 %. L’investissement est resté atone sur la période. De son côté l’Allemagne s’est lancé dans un plan d’accélération de ses investissements publics incluant 115 milliards d’euros d’infrastructures pour 2025 (+55% par rapport à 2024), une augmentation des dépenses de défenses à 2,4% du PIB, avec une cible de 3,5% d’ici 2029, mais aussi des mesures d’amortissement dégressif accéléré dans le but de stimuler l’investissement privé en équipements. Le plan sur cinq ans sera financé par la dette (les émissions seront portées à 850 Md€ sur 5 ans). Au niveau de la zone euro, l’inflation a rejoint la cible « Banque centrale » de 2 %.

La suite de l’année présente de nombreuses incertitudes. Le niveau des droits de douane appliqués par l’administration américaine aux importations reste un déterminant important du commerce et de la croissance mondiale. En Europe, la consolidation budgétaire de plusieurs États, au premier chef la France dont les cibles de déficits de 5,4 % en 2025 et 4,6 % en 2026 sont des défis importants, sera un frein à l’activité. A l’inverse, la décision allemande d’accélérer fortement ses investissements en infrastructure et militaires sera un soutien important à la demande extérieure des autres pays membres.

Du côté des marchés financiers, la volatilité avait beaucoup augmenté avant que les Etats-Unis ne décident d’une plage de négociation de 90 jours. Les marchés boursiers ont depuis nettement rebondi, dépassant dorénavant leur niveau « pré-Liberation day » (SP 500 + 11% fin juin). Le cas français est atypique. D’une part le CAC 40 pâtit d’une exposition à la Chine (luxe) et aux services de communication, d’autre part la situation politique et budgétaire génère probablement des primes de risque. De fait, le CAC enregistre sur le premier trimestre une performance de 5 % contre 11 % pour l’EuroStoxx.

Côté taux d’intérêt, la BCE a annoncé l’arrivée à terminaison de sa trajectoire d’assouplissement monétaire (taux de dépôt à 2 %) ce qui n’exclut pas une baisse supplémentaire mais la rend plus dépendante des conditions économiques. A l’inverse aux Etats-Unis, la FED s’interroge sur la suite à donner à la baisse des taux courts en pondérant l’équilibre entre impact inflationnsite et récessif de la politique économique actuelle. Les taux longs européens se sont tendus en fin de semestre sous l’effet des annonces d’émission massives à venir en Allemagne. Le spread français est resté relativement stable autour de 70 pb. Les taux longs américains se sont détendus de leur côté, profitant de la baisse des tensions géopolitiques, de la baisse du prix du pétrole, de l’annonce de la signature d’un accord commercial sino-américain et d’une dynamique d’activité plus faible, notamment sur la consommation et l’emploi.

Il est important de s’assurer régulièrement que sa stratégie d’investissement est toujours adaptée à ses besoins et ne nécessite pas certains ajustements.

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