Alors que l'activité économique a été résiliente en 2025 en France malgré un niveau d’incertitude déjà important (hausse des droits de douane américains, instabilité politique en France), le déclenchement du conflit au Moyen-Orient a rompu ce fragile équilibre début 2026. Fin février, l'escalade du conflit au Moyen-Orient a provoqué un choc énergétique majeur : le prix du pétrole a fortement grimpé avec la fermeture du détroit d'Ormuz et les destructions d'infrastructures. Le Brent a atteint 100 $ en moyenne dès le mois de mars, contre moins de 70 $ en début d'année. Il a culminé à près de 120 $ fin mars et fin avril.
La signature de l'accord entre les États-Unis et l'Iran, mi-juin, a marqué un tournant. Le Brent est retombé depuis à environ 72 $ début juillet – un niveau quasiment revenu à la moyenne 2025 (68 $) – même si l'incertitude reste vive : des épisodes de tension, ponctuels pour le moment, continuent d'émailler les négociations. L'Iran menace toujours d'imposer des droits de passage dans le détroit à partir de mi-août, à l'expiration de l'exonération prévue par l'accord. Les désaccords persistent sur des enjeux stratégiques, notamment le nucléaire.
Ce choc a en outre laissé des traces sur les anticipations des banques centrales, qui ont dû composer avec un risque inflationniste ravivé avant que la détente pétrolière ne s'amorce. La BCE a effectivement relevé son taux de dépôt le 11 juin, de 2,00 % à 2,25 % – sa première hausse depuis septembre 2023 – alors que l’inflation a atteint 3,2 % sur un an en zone euro en mai. L'inflation a reflué depuis (2,8 % en juin), mais une nouvelle hausse des taux directeurs, probablement en septembre, reste anticipée par les marchés. Aux États-Unis, la Fed a pour sa part maintenu son taux inchangé (3,50 %-3,75 %) lors de sa réunion de juin tout en adoptant un ton plus offensif face à la hausse de l’inflation. Les marchés anticipent plusieurs relèvements des taux directeurs dans les prochains mois. À noter que les anticipations des marchés sont très volatiles et fluctuent au gré des épisodes d’escalade et de désescalade entre les États-Unis et l'Iran.
Si l’activité a diminué en France au 1er trimestre – le PIB s'est contracté de -0,1 % (après +0,2 % au T4 2025) – ce repli n’est pas directement imputable au choc énergétique. La consommation des ménages a été pénalisée par la faible consommation en énergie en raison de températures plus clémentes que d’habitude ; l’investissement fléchit en partie à cause de la fin du cycle électoral municipal ; le recul des exportations tient en principalement à des retards de livraisons dans l’aéronautique. L’acquis de croissance pour 2026 est désormais de +0,4 %. Les derniers indicateurs restent plutôt détériorés même si des facteurs conjoncturels (reprise des livraisons Airbus par exemple) pourraient soutenir l’activité au 2e trimestre. La remontée de l’inflation et l’affaiblissement du marché du travail devraient peser sur la consommation à court terme.
Récemment, l’Insee, l'OCDE mais également le Gouvernement ont abaissé leur prévision de croissance française à 0,7 % pour 2026. Cette moindre croissance devrait rendre plus difficile l’atteinte de la cible de 5,0 % de déficit public en 2026 (après +5,1 % en 2025).
Le choc pétrolier reste perceptible sur les taux longs : le taux 10 ans français, monté jusqu'à 3,9 % courant mai, s'est depuis partiellement détendu (autour de 3,7 % début juillet), sans revenir à ses niveaux d'avant-crise. Sur les marchés actions, la correction initiale (environ -10 % en Europe au plus fort du conflit) a été globalement effacée.
L'évolution macroéconomique dans les prochains mois reste dépendante de la stabilité du cadre trouvé mi-juin. Un maintien durable de la détente permettrait aux banques centrales de rester prudentes sur toute hausse de taux supplémentaire ; une résurgence des tensions pourrait au contraire raviver l'incertitude sur les prix de l'énergie et contraindre à un resserrement monétaire plus marqué, au risque de peser sur une activité déjà fragilisée en France et en zone euro. Elle pourrait renforcer la volatilité sur les marchés financiers.
À noter
Il est important de s’assurer régulièrement que sa stratégie d’investissement est toujours adaptée à ses besoins et ne nécessite pas certains ajustements.
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