L’activité économique a plutôt bien résisté en 2025 malgré un contexte géopolitique déjà incertain, marqué par la hausse des droits de douane américains à l’échelle internationale et le regain d’instabilité politique en France. La croissance a ainsi atteint 0,9 % en France – proche de son rythme potentiel - soutenue notamment par la normalisation passée de la politique monétaire.
Cet équilibre est remis en cause début 2026. Fin février, l’escalade du conflit au Moyen-Orient a provoqué un choc énergétique majeur. Rappelons que les pays de la région sont des acteurs majeurs dans la production de pétrole (environ 30 % de la production mondiale) et de gaz (environ 15 % de la production mondiale). Les investisseurs se sont ainsi montrés inquiets face aux perturbations dans le détroit d’Ormuz — point de passage clé du commerce international de pétrole et de gaz naturel liquéfié — et aux risques de destructions d’infrastructures de production, pouvant désorganiser durablement l’équilibre des marchés de l’énergie. Le prix du pétrole s’est ainsi fortement tendu depuis le début du conflit : le baril de Brent a atteint 100 $ en moyenne au mois de mars, contre 60 $ au début de l’année (soit 67 % de hausse).
Ce choc a modifié les anticipations des marchés, la hausse des prix de l’énergie ravivant le risque d’un retour d’une inflation élevée. Aux Etats-Unis le cycle d’assouplissement monétaire, qui n’était pas encore achevé début 2026, est remis en cause et les investisseurs attendent à présent un maintien du taux de la Fed à 3,5 % d’ici la fin d’année, contre 2 baisses attendues avant le conflit en Iran. La situation est légèrement différente en Zone euro, où la Banque centrale européenne (BCE) avait mis fin à son cycle de baisse des taux directeurs en 2025 (taux de dépôt à 2,00 %, contre un point haut à 4,00 % en 2024). Elle pourrait à présent rehausser ses taux si les tensions inflationnistes persistent. Les investisseurs attendent 2 à 3 hausses d’ici la fin d’année. Ce choc complique la tâche des banques centrales, désormais prises entre deux objectifs contradictoires : contenir une inflation qui repart à la hausse sans casser la dynamique d’activité. La révision des anticipations de taux directeurs s’est en outre transmise dans les taux longs qui ont augmenté d’environ 40 points de base (0,4 pt de %) depuis le début du conflit : le taux à 10 ans de la France atteint ainsi 3,8 % fin mars.
Dans ce sillage, les marchés actions ont reculé (notamment en Europe d’environ 10 % depuis le début du conflit) avec le risque de ralentissement de l’activité. Sur ce sujet, toutes les grandes économies ne sont pas égales. Les États-Unis apparaissent relativement plus résilients, grâce à leur moindre dépendance énergétique (le pays est désormais le premier producteur mondial de pétrole et de gaz). À l’inverse, l’Europe est davantage exposée à ce choc, du fait de sa dépendance énergétique, qui pourrait peser à la fois sur la consommation des ménages, via la dynamique de leur pouvoir d’achat, et sur l’investissement des entreprises, via l’évolution du coût du financement et du niveau de leur marges. Dans ces dernières prévisions, l’OCDE a ainsi abaissé de 0,4 pt de % la prévision de croissance pour la zone euro, à 0,8 % pour 2026.
L’évolution macroéconomique dans le courant de l’année 2026 reste fortement dépendante de l’évolution du conflit au Moyen-Orient : un apaisement rapide du conflit pourrait détendre les tensions sur les prix de l’énergie, permettant un impact contenu sur l’inflation et la croissance. Dans ce contexte, les banques centrales pourraient prendre leur temps dans leur mouvement de hausse de taux directeurs. À l’inverse, un conflit plus durable maintiendrait des prix de l’énergie élevés, alimenterait l’inflation et pourrait contraindre les banques centrales à relever davantage leurs taux, au risque de peser significativement sur l’activité mondiale.
À noter
Il est important de s’assurer régulièrement que sa stratégie d’investissement est toujours adaptée à ses besoins et ne nécessite pas certains ajustements.
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