L’arrivée au pouvoir de D. Trump a été source de fortes turbulences. Sur le plan économique, le principal fait marquant a été l’annonce d’un relèvement historique des droits de douane américains (le Liberation Day), même si dans les mois qui ont suivi des négociations bilatérales avec les partenaires commerciaux ont permis de réduire l’impact initial. Les tensions géopolitiques ont été nombreuses avec des discussions laborieuses sur l’élaboration d’un processus de paix en Ukraine et un conflit éclair entre Israël et l’Iran, avec une intervention américaine décisive. Pourtant l’économie américaine a semblé plutôt bien résister avec une croissance qui pourrait avoisiner 2 % en 2025, proche de son potentiel. En zone euro, la croissance serait proche de 1,4 % en moyenne en 2025 (grâce en partie à une performance exceptionnelle de l’Irlande), avec toutefois une évolution très hétérogène selon les pays (quasi-stagnation du PIB en Allemagne versus une croissance soutenue en Espagne). De son côté, la croissance française devrait finalement être proche de son potentiel (légèrement en deçà de 1 %) en dépit d’une situation politique inédite qui s‘est traduite par l’absence d’un vote sur le budget de l’Etat en fin d’année.
Deux éléments ont concouru à la résilience de la croissance ces derniers mois. D’une part, l’abondance de l’offre a occasionné un reflux du prix du pétrole (60 $ le baril fin 2025, soit la moitié du cours qui prévalait mi-2022). Par ailleurs, les banques centrales ont dans l’ensemble assoupli leurs politiques monétaires, bien qu’à des rythmes différents selon les pays en fonction du contexte économique. Le reflux de l’inflation en zone euro (à 2,1 % sur un an en novembre) a permis à la BCE de ramener son taux de dépôt à 2 % dès le mois de juin, un niveau qui est considéré comme neutre pour l’économie. L’inflation est restée plus soutenue aux Etats-Unis (2,7 % en novembre, au cours des douze derniers mois), notamment en raison du relèvement des droits de douane. La Fed a ainsi interrompu son mouvement de baisse du taux directeur début 2025, avant de le reprendre à partir de septembre, par crainte d’une détérioration trop marquée du marché du travail, pour le porter dans la fourchette 3,5 %-3,75 %, soit encore au-dessus de taux neutre, estimé à 3 % à long terme.
Dans cet environnement moins négatif que l’on ne pouvait le redouter, les Bourses ont ainsi connu une belle progression en 2025 tant en zone euro (+16,7 % pour l’Euro Stoxx 50) qu’aux Etats-Unis (+16,4 % pour le S&P 500 en dollar mais seulement 2,6 % en euro). Malgré quelques hésitations, notamment lors de la hausse des droits de douane américains début avril, les valeurs technologiques ont encore participé à ce mouvement outre-Atlantique, pour la 3ème année consécutive. Les performances financières de ces entreprises seront à surveiller en 2026
La hausse des émissions de dette publique sera aussi une problématique des marchés financiers en 2026. C’est le cas aux Etats-Unis où le ratio dette publique/Pib devrait continuer à augmenter avec un déficit public qui resterait très élevé. En Allemagne, la tournure très expansionniste que prendra la politique budgétaire (en lien notamment avec un surcroît d’investissement dans la défense et en matière d’infrastructures publiques) conduira à une hausse du déficit public et de la dette. Le positionnement du taux long allemand est d’ailleurs un peu moins favorable qu’il y a quelques mois. Cela explique en partie pourquoi, malgré l’incertitude politique en France, le rendement de l’OAT ne s’est pas plus écarté de celui du Bund, avec un spread qui s’affichait un peu au-dessus de 70 points de base (pb) fin 2025, contre 50 pb avant avant la dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024. Dans la perspective d’une offre de titres abondante, les taux longs sont d’ailleurs plutôt restés un peu haussiers fin 2025, aussi bien outre-Atlantique qu’en Europe. La « normalisation » du Japon après trois décennies de quasi-déflation, avec une inflation persistante (2,9 % sur un an en novembre), une remontée du taux directeur et un taux à 10 ans qui est passé au-dessus de la barre des 2 %, une première depuis la fin des années 1990, y a aussi contribué. En effet les investisseurs japonais ont désormais moins d’intérêt à effectuer des opérations de carry trade qui consistaient à emprunter à taux bas en yen pour effectuer des placements dans d’autres devises. Le Japon est ainsi le premier pays détenteur de dette américaine.
À noter
Il est important de s’assurer régulièrement que sa stratégie d’investissement est toujours adaptée à ses besoins et ne nécessite pas certains ajustements.
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