Harcèlement scolaire : comment le reconnaître et agir ?
Le harcèlement scolaire est une violence répétée et continue, qui peut être verbale, physique ou psychologique, perpétrée par un ou plusieurs élèves à l’encontre d’un autre camarade.
Le harcèlement scolaire touche chaque année 700 000 enfants dont 5 % des primaires (surtout CE2, CM1 et CM2), 6 % des collégiens et 4 % des lycéens(1).
Le harcèlement scolaire se fonde sur le rejet de la différence et la stigmatisation de certaines caractéristiques telles que :
- un trouble de la communication (bégaiement, timidité excessive)
- l’appartenance à un groupe social
- des centres d’intérêt différents
- L’apparence physique (taille, poids, …)
- le sexe (identité de genre)
- un handicap
À visionner
À travers un spot de sensibilisation réalisé par le ministère de l'Éducation nationale, découvrez la réalité des victimes de harcèlement et des témoins de ces violences.
Qu'est-ce qui différencie le harcèlement scolaire d'une simple chamaillerie d'enfants ?
Pour qu’on parle de harcèlement scolaire, il faut que 3 caractéristiques soient réunies : La violence, la répétition et l’isolement.
Quels signes doivent alerter ?
En tant que parent, il n’est pas toujours évident d’identifier une situation de harcèlement scolaire chez son enfant. Selon son caractère et son âge les signes peuvent être très différents. Il n’y a pas de liste exhaustive de signaux d’alerte. Soyez attentif à tous changement brutal de comportement chez vos enfants : baisse de résultats scolaire, attitude violente ou en retrait avec l’entourage, modification de son rapport à l’hygiène (refus de se laver ou de changer de vêtement ou propreté excessive), perte de confiance, angoisse ou honte.
Ces modification de comportement sont des signes pour vous alerter et il important d’y être attentif.
La Banque Postale vous accompagne
Parce que le harcèlement n'arrive pas qu'aux autres, le contrat Assurance des Accidents de la Vie propose une garantie pour vous protéger face à des faits de harcèlement scolaire ou de cyberharcèlement(2).
Le cyberharcèlement : comment y faire face et s'en protéger ?
Le cyberharcèlement est une forme de harcèlement né avec internet et le développement des nouvelles technologies numériques. C’est un acte agressif et intentionnel perpétré par un ou plusieurs individus à l’encontre d’une victime via les réseaux sociaux, les téléphones portables, les forums, les jeux en ligne, etc.
Près d’un quart des jeunes âgés de 6 à 18 ans ont déjà été confrontés au cyberharcèlement. Parmi eux, 44 % ont subi ces violences sur des groupes WhatsApp, un espace devenu particulièrement sensible.(3)
Le cyberharcèlement touche de plus en plus les jeunes, dès le primaire : 1 enfant sur 5 est concerné. Au collège, ce chiffre grimpe à 22 %, et atteint 29 % au lycée. Les filles sont davantage exposées que les garçons : 26 % contre 20 %.(3)
Le cyberharcèlement peut prendre plusieurs formes :
- Les propos intimidants, insultes, moqueries ou menaces en ligne
- la propagation de rumeurs
- le piratage de comptes et l’usurpation d’identité numérique
- le lancement d’une discussion, d’un groupe ou d’une page sur un réseau social à l’encontre d’un camarade de classe
- la publication d’une photo ou d’une vidéo de la victime en mauvaise posture
- le sexting
PHAROS, portail de signalement
Plateforme officielle pour signaler les contenus illicites en ligne (pédopornographie, haine, terrorisme, escroqueries). Les signalements, ouverts à tous, sont analysés par la police et la gendarmerie, qui alertent les autorités compétentes en France ou via Interpol.
Comment préserver mon enfant du cyberharcèlement ?
Les enfants accèdent de plus en plus jeunes aux outils et ressources numériques : internet, portable, réseaux sociaux, jeux en lignes… On oublie souvent qu’ils n’en connaissent pas toujours les usages ni les risques. En tant que parent, vous pouvez jouer un rôle dans la prévention et la protection de votre enfant face au cyberharcèlement.
- Expliquez-lui le phénomène du cyberharcèlement pour éviter de le banaliser et libérer la parole. Victime ou témoin, il doit se confier à un adulte et le dénoncer.
- Familiarisez-le au savoir-vivre numérique : respect du droit à l’image pour moi comme pour les autres, les limites de la liberté d’expression, savoir ce qui peut ou pas être partagé/liké, sécuriser son profil, être vigilant face aux « amis » virtuels que j’accepte.
- Sensibilisez-le sur l’impact que peuvent avoir des propos tenus sur internet et leurs conséquences réelles sur la victime ou pour lui d’un point de vue pénal.
- Installez le contrôle parental sur les appareils numériques de votre enfant, et contrôlez régulièrement ses comptes sur les réseaux sociaux et les messageries afin de créer un espace sécurisé pour l’accompagner dans son apprentissage numérique.
Quels signes doivent alerter ?
Comme pour le harcèlement scolaire, tout changement de comportement doit vous alerter. De même que des messages suspects sur sa messagerie ou ses réseaux sociaux.
Que faire si mon enfant est victime de harcèlement ou cyberharcèlement ?
Ne tentez pas de régler le problème vous-même. Nous vous conseillons de vous adresser à des structures dédiées à la lutte contre le harcèlement ou cyberharcèlement.
1
En cas de harcèlement scolaire, adressez-vous à l’enseignant et/ou la direction de l’établissement scolaire de votre enfant
Exposez en détail ce qu’il subit. Vous pouvez vous aider de la fiche de repérage pour noter ce que vous avez constaté. N’hésitez pas à demander quelles sont les actions qui seront menées, les mesures prises pour protéger votre enfant et les réponses proposées pour prendre en charge le problème. Si la situation est avérée, l’établissement scolaire mettra en œuvre, avec vous, les solutions adaptées pour que votre enfant ne subisse plus cette violence.
2
Appelez le 3018, numéro dédié aux jeunes victimes et aux témoins de harcèlement et de violences numériques
Le 3018 est un numéro gratuit, anonyme et confidentiel accessible par téléphone 7 jours sur 7, de 9 heures à 23 heures. Son équipe, composée de psychologues, juristes et spécialistes des outils numériques, est formée à la protection des mineurs en cas de harcèlement et violences numériques, et à l’accompagnement des parents dans leur rôle d’éducation : cyberharcèlement, harcèlement scolaire, revenge porn, chantage à la webcam, surexposition aux écrans, jeux vidéo, exposition à des contenus violents & pornographiques, contrôle parental, paramétrage de compte sur les réseaux sociaux ou encore piratage de compte, usurpation d’identité.
Tiers de confiance auprès des réseaux sociaux, le 3018 dispose d’une capacité d’intervention unique en France via une procédure de signalement accélérée pour obtenir la suppression de contenus ou comptes préjudiciables en quelques heures.
Besoin de contacter le 3018 ?
Le 3018 est accessible 7 jours sur 7, de 9 heures à 23 heures, par téléphone, sur 3018.fr par Tchat en direct, via Messenger ou par Email.
Numéro gratuit
À visionner
Le ministère de l'Intérieur présente en images, la plateforme d'écoute du 3018, dédiée aux jeunes victimes de harcèlement ou violence numérique.
3
Si la situation le nécessite, déposez plainte pour harcèlement ou cyberharcèlement
Le harcèlement scolaire est reconnu comme un délit pénal qui peut être puni jusqu'à 10 ans de prison et 150 000 euros d'amende dans les cas les plus graves.
Selon l’article 222-33-2 du Code pénal, le cyberharcèlement est une circonstance aggravante du harcèlement moral, « lorsque les faits ont été commis par l’utilisation d’un service de communication au public en ligne ou par le biais d’un support numérique ou électronique ». C’est un délit punissable et les sanctions peuvent aller jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 € d’amende si l’auteur est majeur et que la victime a moins de 15 ans.
(1) Ministère de l’Education Nationale https://www.education.gouv.fr/premiers-resultats-statistiques-de-l-enquete-harcelement-2023-380517
(2) Dans les limites et conditions prévues aux Conditions Générales et Particulières du contrat Assurance des Accidents de la Vie.
(3) Etude AUDIREP 2024 pour le compte de l’association E-enfance et la Caisse d’Epargne