Le premier semestre de 2026 a été marqué par le choc géopolitique consécutif à l’intervention américaine en Iran à partir du 27 février. Le conflit a entraîné un blocage du détroit d’Ormuz et des destructions de capital productif des industries énergétiques du golfe persique. La conséquence du conflit a été la réduction des exportations d’hydrocarbures et agrochimiques (engrais) et des perturbations du commerce mondial. Ce déficit d’offre a entrainé une hausse des prix. Ainsi le pétrole Brent a vu son prix augmenter de 65 $ au 31 décembre 2025 à un pic de 120 $ avant de refluer sous les 100 $. À partir de la mi-juin, les négociations entreprises par les belligérants ont permis de rouvrir partiellement le détroit d’Ormuz et de réduire le prix du baril de Brent sous les 75 $. Mais mi-août, de nouvelles tensions, aggravées en septembre par l’entrée des Houthis du Yémen dans le conflit, ont porté le prix du pétrole à de nouveaux points hauts. Le gaz a également subi une nette hausse de prix sur la période récente.
L’allongement de la durée du conflit a pour conséquences la diffusion des prix énergétiques dans l’économie, notamment via les carburants, et la persistance d’une inflation supérieure à la cible des banques centrales. La hausse des prix s’élève fin août à 3,2 % en Europe et 3,4 % aux Etats-Unis. Les marchés anticipent maintenant de fortes hausses des taux directeurs de la Fed (attendus à 4,75 % fin 2027) et de la BCE (attendus à 4,5 % fin 2027) en réponse à la hausse des prix.
Les taux d’intérêt de long terme ont intégré ces hausses d’anticipation et réclament des primes de risque plus élevées en raison de l’incertitude associé à la durée et l’impact du conflit. Les taux américains à 10 ans ont largement dépassé 5 % et le rendement de l’OAT 10 s’établit à plus de 4,7 % au 29 septembre, au plus haut depuis juin 2008.
L’activité économique mondiale a été ralentie par ce contexte de l’ordre de 0,3 points de PIB mais reste résiliente avec une croissance attendue de 2,9 % en 2026. Les Etats-Unis étonnent en restant sur une tendance de 2,2 % de croissance en 2026 grâce notamment aux investissements technologiques massifs. La croissance européenne tient également autour de 1 % en 2026.
La France se distingue par des difficultés plus importantes. La croissance 2026 devrait s’établir à 0,4 % et le rebond sera faible en 2027 (0,6 %). La consommation est réduite par l’inflation, l’investissement des ménages, reste très faible, l’investissement des entreprises devrait ralentir au deuxième semestre en raison de la hausse des taux d’emprunt. Les finances publiques se dégradent (déficit attendu à 5,4 % en 2026), amplifiant l’effort nécessaire de consolidation. Les incertitudes sur le conflit iranien, les négociations du budget 2027 et le résultat des élections à venir devraient peser sur le climat des affaires.
Reste que la France dispose d’atouts pour 2027 : des coûts salariaux qui ont moins augmenté que dans le reste de l’Europe et une énergie moins chère renforcent sa compétitivité. Son attractivité pour les nouveaux services technologiques permet l’implantation de nombreux centres de données. Sa base d’industries de défense va tirer la production industrielle. Elle pourrait également profiter d’une Allemagne plus dynamique grâce à son plan d’investissements publics et de l’atténuation des coûts énergétiques grâce à une résolution du conflit du Moyen-Orient courant 2027.
À noter
Il est important de s’assurer régulièrement que sa stratégie d’investissement est toujours adaptée à ses besoins et ne nécessite pas certains ajustements.
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