Se déplacer, se loger, se chauffer ou se rafraîchir, se nourrir, se divertir, fabriquer des objets, échanger et stocker des informations : l’énergie est indispensable à toutes les activités humaines. Ce secteur stratégique est essentiel au fonctionnement de l’économie. Et de la sobriété des usages à l’efficacité des équipements et à la décarbonation*$ du mix énergétique produit, la filière est au centre d’enjeux complexes et cruciaux pour le devenir de notre planète.
Action de réduire les émissions de gaz à effet de serre liées aux activités économiques dans le but de limiter leurs effets sur le climat et la dépendance de l’économie aux énergies fossiles.
- Le transport, c’est 33% de la consommation énergétique finale en France en 2024
- Le bâtiment (logements, bureaux), c’est 30% de la consommation énergétique finale en France en 2024
- L’industrie, c’est 18% de la consommation énergétique finale en France en 2024
- Le tertiaire, c’est 15% de la consommation énergétique finale en 2024
La France s’est fixé des objectifs ambitieux de décarbonation de son économie. Elle s’est dotée pour ce faire de deux outils principaux : la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), qui s’appuie sur un scénario prospectif d’atteinte de la neutralité carbone*$ à l’horizon 2050, et la 3e Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui fixe des objectifs et établit les priorités d'action des pouvoirs publics pour la gestion de toutes les formes d’énergie sur la période 2026-2035.
Le GIEC définit la neutralité carbone comme un équilibre entre les émissions et les absorptions de CO2 à l'échelle du Globe. Également appelée «net zéro» ou «zéro émission nette».
Sobriété énergétique : des comportements à transformer
La diminution de la consommation d’énergie est le point de passage obligé en vue d’atteindre la neutralité carbone. Consommer moins d’énergie, c’est d’abord questionner, pour les rendre plus sobre, les usages de l’énergie : les processus de production de biens et services, les habitudes de vie, les modes d'organisation…
Les gisement de sobriété énergétique*$, via une inflexion structurelle des modes de vie, présentent un potentiel transformatif non négligeable. Selon l’ONG NégaWatt, elle peut permettre de réduire de 28 % nos consommations d’énergie en 2050 par rapport à 2015, en énergie finale (énergie délivrée à l’utilisateur final par un fournisseur : kilowattheure électrique, litre d’essence, etc.).
La directive européenne relative à l’efficacité énergétique*$, révisée le 20 septembre 2023 dans le cadre du paquet législatif Fit for 55, fixe un horizon de réduction de la consommation à 2030. La France doit viser une réduction de sa consommation d’énergie finale de 28,6 % sur la période 2012-2030.
Or cette consommation finale énergétique, corrigée du climat*$, n’a diminué entre 2012 et 2024 que de 8,4%*$. Sur cette même période, la consommation finale des énergies fossiles a diminué de 17,1 % et la consommation finale des énergies renouvelables et déchets a crû de 37,3 %. L’enjeu actuel consiste donc à doubler le rythme global de réduction de la consommation d’énergies fossiles sur la période 2025-2030 pour atteindre l’objectif fixé.
Chiffre-clé : En 2024, la consommation finale d’énergie à climat corrigé a progressé de 0,4%*$, en hausse dans le résidentiel et le tertiaire. Cette hausse intervient après une année de baisse conjoncturelle, du fait de prix élevés et d’efforts de sobriété subséquents.
Consiste à réduire les consommations d’énergie via des changements dans les comportements, les pratiques, les modes de vie, l’organisation collective et non via le seul progrès technologique.
Consiste à réduire la consommation et le gaspillage d’énergie via une modération de l’utilisation des ressources, une modification des comportements et en donnant la priorité aux usages essentiels.Désigne le rapport ou l’équilibre entre la quantité d’énergie consommée et la quantité d’énergie fournie. Elle peut être passive (isolation, ventilation, équipements de chauffage ou de refroidissement d’un bâtiment…) ou active (régulation de l’énergie, solutions domotiques, Gestion Technique du Bâtiment (GTB) etc.).
La consommation d’énergie pour le chauffage est plus forte quand l’hiver est plus rigoureux. Pour mieux analyser son évolution, on essaie d’évaluer ce qu’aurait été la consommation si les températures avaient été « normales ».
Source : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/energie-et-environnement-en-france-etat-des-connaissances-en-2025
Source : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/bilan-energetique/fr/19-41-la-consommation-finale-diminue
Dans le bâtiment
Les leviers de sobriété à actionner sont en grande partie saisonniers et consistent à limiter les températures de chauffage en hiver et à garder les logements au frais en été, en limitant l’usage de la climatisation.
Chauffage à 19º, pilotage des bâtiments tertiaires ou d’habitat collectif par la Gestion technique du bâtiment sur une chaîne de valeur complète (avec des capteurs, actionneurs et régulateurs), recours aux centrales de traitement d’air dans les bâtiments tertiaires, sensibilisation des utilisateurs et locataires, développement du télétravail, densification des espaces de travail : les comportements de sobriété à cultiver dans le bâti sont connus.
Dans tous les scénarios d’avenir, ces efforts de sobriété produisent néanmoins moins d’impacts positifs, au regard de l’objectif ultime de diminution des consommations, que les actions liées à l’efficacité énergétique.
Dans les transports
Dans le secteur des transports, la sobriété énergétique peut s’illustrer par l’équation de Kaya : demande de transport x report modal x taux de remplissage x efficacité énergétique des véhicules x intensité carbone de l’énergie = CO2.
Le premier levier de réduction des émissions de gaz à effet de serre du secteur du transport réside ainsi dans la modération de nos déplacements. En 2024, les distances totales parcourues par les véhicules de transport en commun de personnes a augmenté de 2%*$. Et les kilométrages parcourus en voiture se stabilisent à +0,2%*$.
Le report modal des véhicules individuels et émissifs vers les transports en commun et la mobilité douce joue encore à la marge en dépit des incitations organisées par l’État. Avec 855 milliards de voyageurs-kilomètres en 2024, la voiture individuelle reste le mode de transport de voyageurs très dominant (à 82 %)*$.
Pourtant, le covoiturage, qui ne représente que 3 % des déplacements du quotidien, se développe. Mais en 2025, 10,3 millions de trajets*$ ont été effectués en covoiturage intermédié (par l’intermédiaire de plateformes numériques de mise en relation), sachant que 96% des trajets effectués en covoiturage le sont de manière informelle, sans passer par une plateforme*$.
Source : SDES - https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/66-600-autocars-et-28-000-autobus-en-circulation-au-1er-janvier-2025#:~:text=Les%20distances%20parcourues%20par%20les,à%2029%20900%20km%2Fan.
Source : SDES - https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/parc-et-circulation-des-vehicules-routiers
Bilan annuel des Transports 2024 - https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/media/8868/download?inline#page=162
Source : https://www.data.gouv.fr/datasets/nombre-de-trajets-realises-en-covoiturage-intermedie
Source : Observatoire du covoiturage - https://observatoire.covoiturage.gouv.fr/observatoire/comprendre-covoiturage-quotidien/
Dans l’industrie et les services
Le décret éco énergie tertiaire de 2019 vise une baisse de la consommation d’énergie finale des bâtiments tertiaires de plus de 1000 m2, de 40 % d’ici 2030 et de 60 % d’ici 2050.
Fin 2025, 67% du parc tertiaire assujetti*$ était effectivement répertorié sur OPERAT, l’outil dédié de l’Ademe*$. La consommation d’énergie finale des bâtiments engagés diminue de 26 % par rapport à l’année de référence. Grâce à la transformation du mix énergétique, une baisse de 32 % des émissions de gaz à effet de serre sur le périmètre correspondant aux déclarations est observée*$.
Dans le champ de l’éclairage public, l’extinction nocturne est une solution logique et rapide à mettre en œuvre, appréciée des collectivités. Pour aller plus loin, moderniser les équipements se révèle efficient : les nouvelles technologies peuvent réduire la consommation d’énergie de 70 à 80 % à niveau d’éclairage équivalent*$.
Source : https://o-immobilierdurable.fr/bilan-operat-2025/
Ademe - https://infos.ademe.fr/batiments/2024/ou-en-est-le-secteur-tertiaire-dans-la-baisse-de-sa-consommation-denergie/
Source : Ademe - https://www.ademe.fr/presse/communique-national/economies-denergie-une-baisse-de-26-dans-le-secteur-tertiaire/
Cerema - https://www.cerema.fr/fr/actualites/actions-sobriete-energetique-cerema-devoile-ses-10-conseils
La précarité énergétique
Est en situation de précarité énergétique tout ménage dont les dépenses énergétiques liées au logement sont supérieures à 8 % de son revenu, et que son revenu par unité de consommation le place dans les 30% les plus modestes.
La consommation d’énergie est aussi révélatrice d’inégalités sociales. En 2023, 10,1 % de la population de notre pays était en situation de précarité énergétique*$.
Depuis le 1er janvier 2025, sauf exceptions, tous les logements classés G au titre du Diagnostic de Performance Energétique (environ 600 000 logements*$) sont interdits de mise en location.
Source : Observatoire national de la précarité énergétique – Rapport 2026 - https://www.observatoire-des-territoires.gouv.fr/sites/default/files/2026-03/OT_Cahier_Logement_partie5_V2.pdf
Source : Ademe - https://agirpourlatransition.ademe.fr/particuliers/maison/travaux/interdiction-location-gels-loyers-passoires-energetiques
Efficacité énergétique : des technologies et des équipements plus performants
Rendre les secteurs économiques moins énergivores tout en maintenant le niveau de confort des usagers et le rythme des productions est un défi de taille qui repose sur la mobilisation de l’efficacité énergétique.
A partir d’une base 100 en 1990, l’intensité énergétique avait diminué, en 2024, dans la plupart des secteurs : de plus de 10% pour les poids-lourds, de plus de 25% pour les véhicules légers, et de plus de 35% pour le résidentiel et l’industrie*$.
Cette baisse s’explique par la mise en place de procédés industriels moins énergivores, un effort généralisé de rénovation énergétique des logements, et plus largement par une stratégie d’amélioration continue de l’efficacité énergétique des technologies.
Seule exception : l’agriculture, secteur dans lequel l’intensité énergétique a augmenté de près de 15% depuis 1990.
Chiffre-clé : L’intensité énergétique de l’économie française (plus elle est faible, meilleure est l’efficacité énergétique du pays) a baissé de 35% entre 2000 et 2023.
SDES – Bilan énergétique de la France
Dans le bâtiment
Des systèmes plus efficients
Les mesures de sobriété sont d’autant plus efficaces dans la réduction de la consommation d’énergie qu’elles sont combinées avec des mesures d’efficacité énergétique.
Ainsi l’électrification du chauffage des bâtiments conduit paradoxalement à des consommations électriques inférieures aux consommations antérieures. Ceci grâce à un système global plus efficient, en particulier via l’installation de pompes à chaleur, bien plus efficaces que les chauffages électriques classiques, ceci dans un contexte de meilleure isolation thermique des bâtiments.
La réhabilitation plutôt que la construction neuve
Une autre piste pour favoriser l’efficacité énergétique consiste à privilégier la réhabilitation de bâtiments existants plutôt que les constructions neuves. La plupart des experts (notamment The Shift Project, l'Ademe, le Centre scientifique et technique du bâtiment, ou encore l'institut négaWatt) estiment que le nombre de nouveaux ménages, premier déterminant du besoin en logements, va drastiquement baisser d’ici à 2050*$. Ces experts soutiennent par ailleurs que la rénovation a un impact environnemental bien moindre que la construction : environ deux fois moins d'émissions de gaz à effet de serre et dix à vingt fois moins de matériaux requis*$. Il sera ainsi difficile, voire impossible, de tenir nos engagements climatiques sans interroger les volumes de construction.
Des rénovations d’ampleur à massifier pour les passoires thermiques et les logements en général
9,9% des logements diagnostiqués en France, au titre du DPE, sont classés en catégorie F ou G, donc qualifiés de passoires thermiques*$.
À l’échelle globale du parc de logements, l’enjeu est de privilégier les rénovations d’ampleur aux rénovations par gestes qui prévalent actuellement (avec en grande majorité des changements de systèmes de chauffage). La Stratégie nationale bas carbone 3 (SNBC 3*$) s’est fixé un objectif de 550 000 à 600 000 rénovations d’ampleur aidées d’ici à 2030. En 2025,le nombre de projets aidés s’est élevé à 120 300, loin de l’objectif donc, mais avec un volume de rénovations aidées en hausse de +68% en deux ans, en cumulé*$.
Source : https://www.vie-publique.fr/parole-dexpert/293100-logement-faut-il-construire-des-logements-neufs-ou-renover-lancien
Ibid.
Source : https://france-dpe.fr/barometre-passoires-thermiques
Version qui prend en compte les objectifs européens du plan « Fit for 55 » et a été soumise à consultation du public fin 2025.
Dans les transports
Des véhicules plus légers
Agir sur l’efficacité énergétique, dans le champ des transports, passe par le développement de véhicules plus légers et moins consommateurs de matière à leur fabrication.
L’allègement des véhicules est boosté par le renforcement de la fiscalité automobile s'appliquant aux véhicules les plus lourds, avec l’application d’un malus masse depuis le 1er janvier 2022, lors de toute première immatriculation. L’introduction d'un plafond de poids maximal comme critère d'éligibilité aux aides à l'acquisition de véhicules peu polluants va dans le même sens.
Des motorisations plus efficaces
En dépit de l’électrification croissante des motorisations, les carburants d’origine fossile (gazole, essence, carburéacteurs) dominent toujours très largement le bouquet énergétique du secteur des Transports, avec 89,1% du total en 2024*$.
Source : Chiffres-clés de l’énergie 2025 – SDES - https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energie/fr/7-consommation-finale-denergiepar-secteur-et
Dans l’industrie et les services
La stratégie d’efficacité énergétique dans l’industrie a pour mission de décarboner le secteur en divisant par deux les émissions industrielles françaises dans les dix prochaines années. La SNBC soutient le développement de l’hydrogène vert, de la biomasse et des technologies de capture et stockage de carbone – autant d’innovations favorisant l’efficacité énergétique industrielle.
La récupération de la chaleur fatale est notamment l’une des pistes privilégiées pour les centres de données de plus de 1 MW, dont la chaleur fatale produite était jusqu’à présent perdue.
L’hydrogène vert est produit par électrolyse de l’eau, un procédé qui consiste à séparer les molécules d’eau en hydrogène et en oxygène grâce à un courant électrique. L’électricité utilisée dans le processus provient exclusivement de sources renouvelables, ce qui en fait une énergie totalement décarbonée.
Ensemble des matières organiques pouvant devenir des sources d'énergie. Ces matières peuvent être utilisées soit directement (bois énergie), via la méthanisation (biogaz) ou via des transformations chimiques (biocarburant).
Production d’énergies décarbonées : cap sur le renouvelable… mais pas seulement
Du fait de l’importance historique que revêt la filière nucléaire dans notre pays, la France se distingue par une vision centrée davantage sur les énergies décarbonées*$ que sur les énergies renouvelables*$. Dans la nouvelle feuille de route énergétique présentée par le Premier ministre en février 2026, au titre de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), la France s’engage dans un grand plan d’électrification et se fixe un objectif de 60% d’énergies décarbonées dans la consommation finale du pays, objectif incluant le nucléaire.*$
Les énergies décarbonées produisent peu ou pas d’émissions directes de CO₂ lors de leur production et de leur utilisation. C’est le cas du nucléaire et des énergies renouvelables.
Énergies provenant de sources naturelles (soleil, vent, marées…) qui se renouvellent à un rythme supérieur à celui de leur consommation. Les EnR se distinguent par leur capacité à se régénérer naturellement à l’échelle de temps humaine. Contrairement aux ressources fossiles, elles ne s’épuisent pas.
Source : https://www.info.gouv.fr/actualite/ppe-3-la-nouvelle-feuille-de-route-energetique-de-la-france#:~:text=La%20PPE%203%20prévoit%20pour,énergies%20décarbonées%20d'ici%202030.
L’électrification des usages
Dans tous les scénarios, une France qui décarbone est une France qui consomme davantage d’électricité. En visant une réindustrialisation, notre économie devrait par ailleurs compter à l’avenir davantage de gros consommateurs d’électricité : usines, datacenters, électrolyseurs. Avec un taux d’électrification de 27% en 2024, la France fait mieux que la moyenne de l’Union (qui est de 24%) en ce qui concerne l’électrification des usages. Mais moins bien que la Chine (dont le taux d’électrification est de 30%) ou que la Norvège, premier de cordée en Europe avec 54%*$.
L’électromobilité
Pour décarboner les déplacements, le recours à la voiture électrique devient massif en France. Induit par la hausse des prix du carburant et par le renfort des aides à l’achat, un record historique est atteint en mai 2026 avec 32% de parts de marché pour les véhicules électrifiés, dont 26,8% de modèles 100% électriques dans les ventes de véhicules neufs*$. La « solution » n’est toutefois pas miracle et son impact environnemental fait débat. Sur l’ensemble de son cycle de vie, une voiture électrique à batterie (VEB) présente une empreinte carbone sensiblement inférieure à celle d’une voiture thermique. La fabrication de la batterie est responsable de près de 50 % de cette empreinte carbone*$.
La France a rejeté, début 2025, l’inscription dans son droit de l’interdiction de vente de voitures thermiques neuves en 2035, nouvelle échéance fixée par l’UE. L’enjeu du débat ainsi mis en exergue est la possibilité de commercialiser, au-delà de cette échéance, des véhicules hybrides rechargeables (VHR) dotés d’une autonomie supérieure à 100 km, ou Plug-in Hybrid Electric Vehicle(PHEV).
Dans le bâtiment
Dans le secteur résidentiel, l’électricité représente aujourd’hui environ 35 % de la consommation d’énergie des logements et 55 % de la consommation d’énergie des bâtiments tertiaires. Mais la moitié de cette énergie est encore d’origine fossile*$.
La loi « Croissance verte » du 17 août 2015 prévoit, d’ici à 2030, la multiplication par 5 de la quantité de chaleur et de froid renouvelable et de récupération livrée par les réseaux, pour le chauffage des bâtiments en zone urbaine.
66,5 % de l’énergie consommée par les réseaux de chaleur, en 2023, provenaient déjà d’énergies renouvelables ou de récupération produites localement*$. De nouveaux procédés émergent : recours à la biomasse, à la géothermie peu profonde, ou encore à la chaleur prélevée dans les eaux usées.
Source : https://ufe-electricite.fr/observatoire-electrification-chiffres-cles-2024/
Source : https://www.avere-france.org/publication/barometre-avril-2026-le-ve-confirme-son-ancrage-dans-les-choix-de-mobilite-des-francais/
Source : Ademe - https://infos.ademe.fr/magazine-octobre-2024/regards-croises-voiture-electrique-la-solution/
Source : The Shift Project – pp.14-15 - https://theshiftproject.org/app/uploads/2025/05/Fiches-Decryptage-Electricite.pdf
Source : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energie/fr/17-reseaux-de-chaleur#:~:text=Les%20énergies%20renouvelables%20(biomasse%2C%20chaleurs,énergie%20utilisée%20dans%20les%20réseaux
La montée en puissance des énergies renouvelables : des filières prometteuses
Conséquence de la volonté de la France de réduire ses émissions de Gaz à Effet de Serre (GES) et sa dépendance aux énergies fossiles, la part du renouvelable dans la consommation finale d’énergie augmente, atteignant 23% en 2024*$
Les EnR sont aujourd’hui surtout utilisées pour produire de l’électricité, mais aussi pour chauffer les logements et décarboner une partie des transports.
Mais notre pays reste à la traîne au plan européen pour ce qui est de la part des EnR dans la production d’électricité. Cette part est de 27% en 2025, en recul par rapport à 2024, année record à 27,9%. Elle était de 48% dans l’UE en 2024*$.
La France présente ainsi un retard relatif en matière de capacités renouvelables installées, mais elle bénéficie en contrepartie d’une avance significative en matière de décarbonation de la production électrique.
Source : https://www.agenda-2030.fr/a-la-une/actualites-a-la-une/article/les-energies-renouvelables-poursuivent-leur-essor-en-france
Source : https://www.consilium.europa.eu/fr/infographics/how-is-eu-electricity-produced-and-sold/
Les énergies renouvelables (EnR) dans la consommation d’énergie primaire en France (chiffres 2024) = 407 TWh
Répartition par sources :
- Bois-énergie : 29,5 %
- Hydraulique : 17,6 %
- Éolien : 11,4 %
- Pompes à chaleur : 12,7 %
- Biocarburants : 10,1 %
- Solaire photovoltaïque : 5,8 %
- Biogaz : 6 %
- Déchets renouvelables : 3,6 %
- Autres (géothermie, solaire thermique, énergies marines) : 3,3 %
Source : SDES
Des alternatives au pétrole pour se déplacer
Les biocarburants et e-carburants : avantages et inconvénients
Mélangés aux carburants d’origine fossile, les biocarburants de 2ᵉ génération, produits à partir de déchets organiques ou de résidus sylvicoles, ne présentent pas l’inconvénient des biocarburants de première génération, élaborés à partir de biomasse d’origine agricole, donc en concurrence avec l’alimentation humaine. Ils affichent par ailleurs des gains d’émissions de gaz à effet de serre autour de 80-90 % par rapport aux références fossiles*$.
L'Europe en soutient fortement le développement avec des réglementations encourageant leur incorporation dans les carburants pour l'aviation et le transport maritime.
Quant aux e-fuels, nouvelle famille de carburants de synthèse, ils sont produits suivant deux procédés distincts : à partir d’hydrogène issu d’énergies renouvelables, ou à partir de molécules de CO2 captées dans l’atmosphère ou dans des rejets industriels. Neutres en carbone, ces carburants synthétiques font l’objet d’une exemption à l’interdiction de vente de véhicules thermiques neufs à horizon 2035. La solution semble prometteuse dans la mesure où les e-carburants peuvent être utilisés dans les moteurs à combustion sans modifications majeures. Ils présentent par ailleurs une empreinte carbone globale réduite d’au moins 70 %*$. Mais leur rendement énergétique est faible face au véhicule à batterie électrique, ce qui remet en cause leur pertinence pour décarboner les véhicules automobiles.
Source : https://www.ifpenergiesnouvelles.fr/enjeux-et-prospective/decryptages/energies-renouvelables/biocarburants-et-e-fuels-des-carburants-renouvelables-davenir#:~:text=La%20législation%20européenne%20en%20encadre,par%20rapport%20aux%20références%20fossiles.
Source : Carbone 4 - https://www.carbone4.com/article-e-fuels-voiture-europe
Véhicule électrique : à la reconquête de la souveraineté sur nos approvisionnements
La domination de la Chine sur le marché automobile mondial est désormais écrasante.
C’est également vrai sur le segment du véhicule électrique, où l’Empire du Milieu s’est imposé en quelques années. Actuellement, plus d’une voiture achetée sur deux en Chine est électrique*$. Sur le segment des véhicules électrifiés, la part de marché de l’Empire du Milieu est écrasante : 62% en 2025*$.
Depuis le discours de Belfort de février 2022 qui en a affiché les ambitions, la reconquête de la souveraineté énergétique est devenue une priorité cruciale. Cela est particulièrement vrai sur la chaîne d’approvisionnement des véhicules électriques à batterie et des véhicules hybrides rechargeables.
Le programme « Advenir », dont c’est la vocation, a été reconduit jusqu’à fin 2027 avec une nouvelle enveloppe financière de 200 millions d’euros. Il prévoit une extension massive du parc de bornes de recharge pour véhicule électrique dans les années à venir.
La volonté politique de renforcer la souveraineté technologique de la France autour du véhicule électrique prend par ailleurs un tour concret : le déploiement de gigafactories dédiées à la production de batteries vise à atteindre 100 à 120 GWh de capacité de production d’ici 2030*$.
La stratégie nationale hydrogène revue à la baisse
L’État français soutient depuis quelques années le développement d’une filière française de production et de consommation d'hydrogène bas carbone. Le verdissement de cette énergie semblait pertinent pour permettre à certains secteurs très carbo-intensifs, comme la production d’acier ou encore le transport maritime et aérien, de réduire leurs émissions de gaz à effet de serre. Mais au printemps 2025, la feuille de route française a été révisée à la baisse : elle vise désormais 4,5 gigawatts (GW) d’ici à 2030 et 8 GW en 2035, au lieu des 6,5 GW et 10 GW prévus initialement*$.
Des filières prometteuses pour la production d’électricité et de chaleur
Avec 2 Gigawatts installés fin 2025 contre 0,48 fin 2022*$, l’éolien off-shore progresse rapidement. Deux filières sont en cours de déploiement : l’offshore posé (avec 4 à 5 parcs en service ou en construction) et l’offshore flottant (avec 3 pilotes en Méditerranée).
L’État prévoit la mise en service d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer d’ici 2050, pour 45 GW de puissance*$.
Le marché du photovoltaïque est en expansion rapide.
En 2025, 6,1 GW supplémentaires ont été raccordés, contre 5,2 GW en 2024. La production d'électricité d'origine solaire photovoltaïque s'élève à 37,0 TWh en 2025, en hausse de 46 % par rapport à 2024. Mais cet essor continu se heurte à certains obstacles, dont l’accès au foncier. La France vise en effet 100 GW installés d’ici 2050, ce qui suppose le déploiement de grands parcs au sol, faisant possiblement obstacle à la biodiversité.
Les réseaux de chaleur ont le vent en poupe
La loi « Croissance verte » du 17 août 2015 prévoit, d’ici à 2030, la multiplication par 5 de la quantité de chaleur et de froid renouvelable et de récupération livrée par les réseaux, pour le chauffage des bâtiments en zone urbaine.
62 % de l’énergie consommée par les réseaux de chaleur, en 2023, provenaient déjà d’énergies renouvelables ou de récupération*$. De nouveaux procédés émergent : recours à la biomasse, à la géothermie peu profonde, ou encore aux pompes à chaleur.
Source : Le Monde/ Inovev - https://www.lemonde.fr/economie/article/2025/04/23/comment-la-chine-domine-l-industrie-automobile-au-point-d-etre-copiee-par-les-constructeurs-occidentaux_6599154_3234.html
International council on clean transportation – Mai 2026 - https://theicct.org/wp-content/uploads/2026/05/ID-604-–-Global-LDV-monitor-Q1–Q4-2025_research-brief_final.pdf
Source : https://presse.economie.gouv.fr/avec-france-batterie-la-france-structure-une-filiere-competitive-et-souveraine/
Source : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/hydrogene-bas-carbone-la-france-acte-son-retard-en-abaissant-ses-ambitions-250416
Source : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/publicationweb/798
Source : https://kpmg.com/fr/fr/media/press-releases/2026/04/eolien-offshore-france-2025-progression-objectifs.html
Source : https://www.statistiques.developpement durable.gouv.fr/publicationweb/799#:~:text=Au%2031%20décembre%202025%2C%20la,46%20%25%20par%20rapport%20à%202024
Source : https://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr/edition-numerique/chiffres-cles-energie/fr/17-reseaux-de-chaleur#:~:text=Les%20énergies%20renouvelables%20(biomasse%2C%20chaleurs,énergie%20utilisée%20dans%20les%20réseaux
Le nucléaire, une solution de « décarbonation » ?
En décembre 2023, lors de la COP 28, le nucléaire a été reconnu comme une solution de décarbonation en tant que telle. Dans cette droite ligne, la France s’efforce de faire reconnaître son mix électrique, parmi les plus décarbonés du continent grâce à son importante production d'origine nucléaire.
Avec 57 réacteurs répartis sur 19 sites, le parc nucléaire français est vieillissant : 40 ans en 2025. Le gouvernement français a pour projet de construire 6 nouveaux EPR en France, soit 23 GW de capacités nucléaires supplémentaires. Mais leur mise en service n’interviendra pas avant 2035. La prolongation de l’exploitation du parc français de centrales nucléaires au-delà de 50 ans, voire de 60 ans de service, fait partie des options envisagées dans le cadre du PPE 2025-2035. Un rapport de la Cour des Comptes de novembre 2025*$ analyse les obstacles à cette ambition et formule des recommandations.
Le développement d’un nouveau type de réacteurs nucléaires, les small modular reactors (SMR), d’une puissance comprise entre 50 et 300 mégawatts, a été annoncé comme l’une des priorités du plan de relance France 2030. Pour un investissement initial d’environ 1 milliard d’euros, bien moindre que pour un réacteur de grande puissance, le SMR pourrait répondre aux besoins de régions isolées, de pays dont le réseau électrique est peu développé. Forte de 2 100 « années-réacteurs » d’expérience dans l’industrie nucléaire*$, la France pourrait concevoir un SMR à destination du marché international.
Source : https://www.ccomptes.fr/fr/publications/la-maintenance-du-parc-electronucleaire-dedf-en-france
La filière nucléaire. Centre nationale de l’industrie
Des infrastructures de stockage et de transport à adapter
Pour adapter les infrastructures au changement climatique
Le changement climatique entraîne une augmentation de la fréquence et de l’intensité des évènements climatiques : fortes chaleurs, inondations, etc. Or le réseau existant est particulièrement exposé : 1/3 du réseau aérien ne résistera pas à une augmentation importante de la température des câbles ; 18% des postes électriques dont RTE est l’unique exploitant ne sont pas résilients aux inondations projetées en 2050*$.
L’adaptation au changement climatique est un axe central du Schéma décennal de développement du réseau (SDDR).
Pour accompagner l’électrification du pays
Selon une récente estimation de l’Agence internationale de l’énergie*$, « À travers le monde, plus de 2 500 gigawatts (GW) de projets, englobant les énergies renouvelables, le stockage et les projets à forte consommation comme les centres de données, restent bloqués dans les files d'attente de raccordement au réseau. »
Consommer davantage d'électricité d’un côté, donc en produire plus de l'autre : la mise en œuvre de ces deux objectifs dépendra en partie de la disponibilité et de la fiabilité du réseau.
Pour accompagner le développement de la production d’énergies renouvelables
La France ambitionne de se défaire de sa dépendance aux énergies fossiles. Notre pays va dès lors devoir repenser ses réseaux de distribution, pour prendre en considération la forte hausse des usages électrifiés. L'arrivée d'une part croissante d'électricité renouvelable sur le réseau électrique n'est par ailleurs pas sans conséquences. Il va falloir assurer l’équilibre entre les pics de production et les pics de consommation, mais aussi accompagner la décentralisation des unités de production. Les coûts de ces évolutions est évalué à 200 milliards d’euros d’ici à 2040, répartis à égalité entre ENEDIS et RTE*$.
Un plan stratégique d’investissement
RTE a défini un plan stratégique d’investissement à horizon 2040 dans le but d’opérer les nécessaires transformations du réseau très haute tension (400 000 volts) qui constitue la colonne vertébrale du système électrique français. RTE, le gestionnaire du Réseau de Transport d’Electricité privilégie la transformation des infrastructures existantes ou leur doublement, pour augmenter les capacités techniques de cette colonne vertébrale.
Des travaux de renouvellement sont nécessaires sur un réseau vieillissant, pour lui permettre de faire face au changement climatique. Ainsi 23 500 km de lignes, 85 000 pylônes et des systèmes de télécom et de contrôle commande seront renouvelés, pour un budget global de 100 Md€ sur 15 ans*$.
La priorité est donnée aux zones industrialo-portuaires de Dunkerque, du Havre et de Fos-sur-Mer, ainsi qu’à 7 zones de développement économique au plan national. RTE prévoit également le raccordement des futurs EPR2*$, et celle des installations marémotrices en mer, ce qui nécessite la création de réseaux jusqu’ici inexistants.
Source - https://www.debatpublic.fr/sites/default/files/2025-07/RTE_DMO_SDDR_Synthese.pdf
Source : https://www.iea.org/reports/electricity-2026/grids
Source : Rapport de la commission d’enquête sénatoriale « La production, la consommation et le prix de l’électricité aux horizons 2035 et 2050», 4 juillet 2024
Source : https://assets.rte-france.com/prod/public/2025-03/SDDR2025-synthese-21032025.pdf
EPR ou European Pressurized Reactor
Le point de vue des experts
Le Financement de Projets est l’outil adéquat pour financer les projets d’infrastructures décarbonées, en particulier EnR, sur une durée longue et avec un risque maîtrisé pour toutes les parties
« L’électrification des usages constitue un levier essentiel de la décarbonation du mix énergétique français. À cet égard, les énergies décarbonées (nucléaire et énergies renouvelables « EnR ») jouent un rôle clé. Les EnR offrent notamment un potentiel de développement rapide et flexible de nouvelles capacités de production bas carbone.
Le Financement de Projet (ou Project Finance) constitue l’outil privilégié pour financer ces infrastructures à longue durée de vie (supérieure à vingt ans, hors projets de stockage par batteries), nécessitant des investissements importants, tout en assurant une répartition maîtrisée des risques entre les différentes parties prenantes.
Dans ce cadre, les prêteurs portent un risque direct sur le projet, sans recours significatif aux sponsors industriels ou aux actionnaires. Ils doivent donc disposer d’une visibilité de moyen et long termes non seulement sur la qualité des contreparties, mais également sur la capacité intrinsèque du projet à générer durablement des revenus et à fonctionner de manière autonome. Cela suppose une compréhension approfondie des risques de construction, d’exploitation, environnementaux, juridiques, réglementaires et techniques. Leur maîtrise repose notamment sur l’intervention systématique de conseils spécialisés et sur l’implication d’équipes dédiées au sein des établissements financiers.
Par ailleurs, le marché des EnR, notamment en France, connaît une évolution progressive d’un modèle fondé sur des revenus réglementés garantis par l’État vers des schémas de CPPAs (Corporate Power Purchase Agreements), contrats de gré à gré conclus entre producteurs et consommateurs d’électricité. Ces contrats permettent de sécuriser les revenus des projets sur le moyen et le long terme, mais nécessitent une expertise juridique et commerciale spécifique. Leur durée étant généralement inférieure à celle des dispositifs de soutien historiques, ils requièrent également une analyse approfondie des perspectives de marché à long terme, réalisée avec l’appui de conseils spécialisés.
L’hybridation croissante des actifs de production avec des solutions de stockage par batteries contribue également à un meilleur alignement entre production et consommation d’électricité, renforçant la flexibilité, la résilience et la compétitivité des projets.
Nous accompagnons l’ensemble des acteurs de la filière, des développeurs aux producteurs indépendants et aux Utilities, ainsi que les fonds d’investissement spécialisés, afin de soutenir le déploiement des capacités de production d’énergie décarbonée nécessaires à la transition énergétique. »
« Les modèles économiques des actifs participant à la transition énergétique sont variés. Les énergies renouvelables ont historiquement bénéficié de mécanismes de soutien et de contrats d'achat sécurisés par l'État. À l'inverse, d'autres actifs sont davantage exposés au risque de demande, à l'image des réseaux de chaleur - dont les revenus dépendent des volumes de chaleur vendus aux abonnés - ou encore des infrastructures de recharge pour véhicules électriques - dont la performance est liée au rythme d'adoption des véhicules électriques et à la localisation des points de recharge. Une bonne compréhension du modèle économique est indispensable pour permettre aux prêteurs d'appréhender correctement les risques du projet.
Le montant des CAPEX à financer ou à refinancer constitue également un facteur déterminant de la liquidité d'une transaction. Certaines banques n'interviennent qu'au-delà d'un seuil minimal d'investissement. Le regroupement de plusieurs actifs de petite taille au sein d'un portefeuille permet ainsi d'atteindre une masse critique et d'élargir le panel de prêteurs susceptibles de participer au financement.
En complément de ses activités de financement, La Banque Postale dispose d'une équipe de conseil spécialisée qui accompagne les porteurs de projets dès les phases amont. Grâce à sa connaissance des attentes des financeurs et à son expertise reconnue dans les secteurs de l'énergie et des infrastructures, elle propose des solutions adaptées à chaque projet afin d'optimiser les conditions de financement et de sécuriser la mise en place de la dette. .»