Au-delà des menaces environnementales en elles-mêmes (changement climatique brutal, raréfaction des ressources naturelles, érosion de la biodiversité), des évolutions économiques fortes intégrant les impératifs de la transition écologique incitent les commerces à adapter leur modèle au regard de la transition écologique. Ainsi, 61 % des Français déclarent tenir compte de critères de développement durable dans leurs achats (d’après une enquête EY de septembre 2021), ce qui confirme la nécessité pour les commerces de s’inscrire dans une logique de durabilité. Par ailleurs, devant la hausse du coût des matières premières et des déchets, les modèles économiques classiques apparaissent de plus en plus onéreux et redonnent une nouvelle pertinence au modèle circulaire.
Dès lors, il n’est pas étonnant que certains changements dans le commerce soient déjà actés : une entreprise sur deux a déjà pris des mesures sur les caractéristiques environnementales des produits, notamment une valorisation des produits durables en magasin, la mise en place de circuits courts, voire des changement de fournisseurs, selon l’étude menée par l’Observatoire du commerce prospectif et parue fin décembre 2021.
Six axes d’adaptation du modèle économique
Sans nier les difficultés liées à la transition écologique, l’étude s’intéresse surtout à la mesure de l’impact de cette transition et aux actions possibles. On en retient une liste de six axes possibles pour adapter le modèle économique :
- la seconde main soit le réemploi, qui consiste à donner une seconde vie aux produits ;
- la gestion des déchets et des emballages ;
- les produits locaux et responsables ou circuits courts ;
- le « faire soi-même », comprendre le fait que le consommateur participe à l’élaboration du produit fini ;
- la durabilité des produits, soit le fait de disposer de produits robustes et réparables ;
- la logistique écologique afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Interrogés sur l’impact de chacune de ses thématiques, les commerçants exerçant dans une entreprise de moins 19 salariés ont identifié trois grandes majeures : la logistique, la gestion des déchets et des emballages, ainsi que l’offre de produits locaux et responsables.
Bon à savoir
Evidement la pertinence des actions varie selon le secteur d’activité considéré (pour une analyse des impacts et actions à mener selon le secteur d’activité (comme cela est précisé pages 56 et suivantes de l’étude complète de ce même observatoire).
S’adapter en pratique : des compétences à acquérir
Plus que la création de nouveaux métiers, ces défis nécessitent l’acquisition de nouvelles compétences comme celles d’être en mesure d’identifier correctement des produits locaux et responsables.
Afin de s’engager dans une adaptation du modèle économique, les commerçants et artisans peuvent utilement :
- tirer des enseignements des 21 bonnes pratiques présentées dans un guide porté par L’Observatoire prospectif du commerce et Auxilia ;
- se rapprocher du Centre de Formation du développement durable et de l'Environnement de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI) pour bénéficier de formations dédiées ;
- s’inscrire dans le dispositif du plan France Relance du gouvernement puisque ce dispositif, s’il vise à sensibiliser, a surtout pour objet de les accompagner dans leur transition. Les commerçants peuvent bénéficier d’un diagnostic individuel gratuit réalisé par un conseiller CCI (ou CMA pour les artisans), pour mesurer la maturité écologique de son entreprise et obtenir un plan d’actions concret sur-mesure ;
- opter pour un véhicule d’entreprise à faibles émissions et obtenir un financement dédié ;
- ou encore réaliser un bilan carbone qui aidera à identifier les actions permettant une réduction de gaz à effet de serre, actions qui entrainent souvent une baisse des coûts énergétiques, mais aussi d’approvisionnement et de livraison.