Les émissions obligataires, une solution de financement pour les ETI et les PME aux multiples avantages - Entreprises - Professionnels
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Les émissions obligataires, une solution de financement pour les ETI et les PME aux multiples avantages

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Diversifier ses sources de financements est un impératif pour bon nombre d’entreprises. Mais les émissions obligataires, notamment les Euro PP présentent d’autres avantages dont leur maturité. Les explications de Paul Santucci, responsable du département Debt Capital Market au sein de la Banque de financement et d’investissement (BFI) de La Banque Postale.

Produits très connus des entreprises du CAC 40 et du SBF 120 et utilisés régulièrement par elles, les émissions de dettes obligataires ou « obligations » servent à financer des projets généraux de l’entreprise telles que des acquisitions. Ces émissions d’obligations se réalisent soit sous forme publique (EMTN) soit sous forme privée (Euro PP). Globalement les ETI et PME y recourent encore assez peu, préférant recourir au financement bancaire avant tout.

Portrait de Paul Santucci
Paul Santucci, responsable du département Debt Capital Market au sein de la Banque de financement et d'investissement de La Banque Postale.

Comprendre le marché des Euro PP

« Depuis la crise de 2008, des ETI se sont aussi présentées sur ce marché, notamment celui des Euro PP, afin de diversifier leurs sources de financement » précise Paul Santucci. L’Euro PP, lancé en 2012, par des émetteurs français, en premier lieu Lactalis, « pour répondre à une demande d’investisseurs français, est toujours dominé par des acteurs français. En Allemagne, le produit le plus proche est le Schuldschein ». Ce marché reste cependant confidentiel, représentant un volume d’émissions moyen de l’ordre de 2 milliards d’euros par an, contre 435 milliards d’euros en 2020 sur le marché primaire public pour des entreprises privées, la France étant bien représentée, puisqu’elle regroupe 22 % des émissions, contre 18 % pour l’Allemagne.

Comprendre les Euro PP

Une obligation est un titre de créance négociable, utilisé par une entreprise pour emprunter sur le marché financier. Sa durée de vie va de « quelques mois jusqu’à la perpétuité pour les émissions hybrides, détaille Paul Santucci, avec un coupon c’est-à-dire un taux d’intérêt qui peut être fixe ou bien variable, c’est-à-dire indexé. A l’échéance fixée, le capital est remboursé ».

Bon à savoir

Une obligation hybride est un placement qui tient de l’obligation classique et de l’action. Ce sont des obligations subordonnées ou des obligations perpétuelles, qui peuvent donc avoir une date d’échéance non fixée (obligations perpétuelles) et un coupon qui peut varier en cas de pertes ou de faillite (obligations subordonnées).

Pourquoi recourir aux Euro PP ?

Pour l’accessibilité et la flexibilité : « Une entreprise n’a pas besoin d’avoir une notation d’une agence de rating pour recourir aux Euro PP, lesquels peuvent ou non être cotés sur Euronext. Ils peuvent aussi contenir plusieurs tranches, donc des échéances et taux différents, et permettent de toucher en moyenne une vingtaine d’investisseurs » explique Paul Santucci.

 

Obtenir un financement différent et préparer l’avenir

Recourir à un Euro PP, c’est viser une levée de 10 millions d’euros au minimum. Produit à la maturité intéressante (en moyenne de 5 à 7 ans), il permet certes de diversifier les sources de financement de l’entreprise, mais aussi, avantage non négligeable, de se faire connaitre des investisseurs en vue de préparer une introduction en bourse par exemple.

« Il faut considérer l’élément déclencheur de cette recherche de financement mais aussi la réalité du produit pour bien choisir », alerte Paul Santucci, qui illustre son propos avec les émissions obligataires vertes ou green bonds. 

 

Focus sur les émissions obligataires vertes

« Ces émissions servent la stratégie de transformation, de transition de l’entreprise avec un taux d’intérêt de la dette de plus en plus intéressant selon la réalisation d’objectifs assignés. Cela requiert donc une notation externe, une notation ESG afin de flécher les actifs financés. Il y a donc nécessairement un audit externe sur l’utilisation des fonds, ce qui peut s’avérer complexe et coûteux pour une ETI ». Une ETI, si elle veut attirer des investisseurs ESG, peut avec plus de pertinence recourir aux Sustainability Linked Bonds (SLB), qui reposent « sur 4 ou 5 indicateurs faciles à auditer, par exemple diminuer son taux de CO2, transformer sa flotte ou son parc en tout électrique en fixant une date et des étapes, etc. Si l’objectif n’est pas atteint dans le délai imparti, le coupon augmente. C’est un mécanisme plus souple que les green bonds ».

 

Bien choisir son partenaire

Solliciter l’accompagnement de la BFI permet de bénéficier des relations privilégiées de la BFI avec des investisseurs en dette privée aux profils diversifiés, répartis sur tout le territoire. C’est aussi, pour une ETI ou une PME, l’assurance que ses spécificités et ses besoins sont parfaitement compris, intégrés par un collectif d’experts aux compétences en adéquation parfaite avec ce type d’opérations.