Malgré la crise, le boulanger généreux regarde vers l'avenir

Joseph Multari, directeur général des boulangeries Multari à Nice, nous fait par de son retour d’expérience durant la crise sanitaire.

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Joseph Multari – directeur général des boulangeries Multari à Nice.

A Nice, difficile de passer à côté des boulangeries Multari : avec 17 implantations dans l'agglomération, l'enseigne fait partie du quotidien de beaucoup d'habitants de la cité des Anges. Joseph Multari, qui l'a fondée en 1987, dirige aujourd'hui un groupe de 350 salariés, pour 17 millions d'euros de chiffre d'affaires. Ses produits phares ? La Joseph, une baguette au blé dur, la Fendue, une « tradition » de son invention... Sans oublier des spécialités de Corse, l'île d'origine de ce boulanger formé à l'école Banette de Marseille. Localement, l'homme est aussi connu pour son action sociale : il distribue ses invendus à des associations caritatives, et fait des dons de marchandises en faveur des enfants en difficulté. « Je veux rendre à la vie ce qu'elle m'a donné », justifie le chef d'entreprise.

Au printemps, Joseph Multari n'a pas eu à forcer sa nature pour participer à la solidarité collective, par exemple via des dons aux personnels soignants. Ses boulangeries, elles, ont subi des chutes drastiques de chiffre d'affaires. Toutes n'ont pas encore remonté la pente, surtout celles du centre-ville, qui souffrent du déclin du tourisme. Le dirigeant a eu recours au chômage partiel, au prêt garanti par l'Etat... Mais ce sportif de haut niveau (il s'entraîne quotidiennement en vélo, en aviron ou en course à pied pour participer à des raids d'endurance) n'a pas pour autant perdu de vue l'essor de son entreprise. Il prévoit de transformer son centre de production de Carros, au nord de la métropole, qui fournit en pâte crue les magasins, afin de se lancer dans le bio et d'accroître sa gamme de pains spéciaux. Il compte aussi étendre son réseau à plus de cinquante boutiques, au-delà du département des Alpes-Maritimes. 

Nous ne savions pas que cette banque traitait avec les entreprises, et nous avons été agréablement surpris.

Rien que le premier de ces projets implique un investissement de 9 millions d'euros. Le dossier financier est porté en pool bancaire avec notamment La Banque Postale, qui accompagne le boulanger depuis 3 ans. « Nous ne savions pas que cette banque traitait avec les entreprises, et nous avons été agréablement surpris, raconte Joseph Multari, qui travaille dans son groupe aux côtés de sa fille. Nous avons trouvé des interlocuteurs qui connaissent bien les entreprises, comprennent les dossiers et sont réactifs. » Aujourd'hui, il se dit « soutenu à 100% » par La Banque Postale sur ses projets de développement.