Décarboner l’entreprise ? Plus que des bénéfices environnementaux !

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La décarbonation ? Une nécessité citoyenne, parfois une obligation réglementaire, et des bénéfices autres qu’environnementaux. Face aux coûts et à la complexité supposée d’une telle démarche, les PME et ETI peuvent s’en détourner. Et donc se priver, entre autres choses d’un avantage concurrentiel, d’économies, d’aides et de financements dédiés.


  • « Pensé spécifiquement pour les PME et “petites“ ETI, le prêt décarbonation peut concerner des emprunts à partir de 300 000 euros, contre 1 million d’euros pour notre crédit à impact proposé à ces mêmes emprunteurs.»

Paul Madjarian, Structureur offre et ingénierie financière au sein du Hub Sustainable Banking de La Banque Postale.


Objectif de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), la décarbonation (ou décarbonisation) englobe « l’ensemble des mesures et des techniques permettant de réduire les émissions de dioxyde de carbone*$», soit tous les moyens par lesquels une organisation, ici une entreprise, peut réduire ses rejets de gaz à effet de serre (GES), de sorte qu’ils ne s’accumulent pas dans l'atmosphère et puissent être captés par les puits de carbone naturels présents sur Terre. Pour mémoire, « l’effet de serre est un phénomène d'échauffement de la surface de la Terre et des couches basses de l'atmosphère, dû au fait que certains gaz de l'atmosphère absorbent et renvoient une partie du rayonnement infrarouge émis par la Terre, ce dernier compensant le rayonnement solaire qu'elle absorbe elle-même »*$.

  • Ces définitions sont issues de la terminologie de l’économie proposé par le ministère de l’Économie et des Finances : TerMef.

  • Ces définitions sont issues de la terminologie de l’économie proposé par le ministère de l’Économie et des Finances : TerMef.


La décarbonation, une démarche citoyenne…

« Pour une entreprise, une démarche de décarbonation peut se déployer soit par une approche technique - une électrification d’une chaîne de production par exemple - soit par une optimisation des process et comportements tels qu’un plan de mobilité des salariés. Il y a toute une gamme d’actions possibles - y compris la rénovation des bâtiments - en matière de décarbonation, avec pour chacune, selon l’activité de l’entreprise, des impacts plus ou moins marqués », appuie Paul Madjarian, structureur offre et ingénierie financière au sein du Hub Sustainable Banking de La Banque Postale.

C’est pourquoi il importe avant toute démarche de décarbonation d’évaluer ses émissions de GES. Ce calcul ou bilan des émissions de gaz à effet de serre (BEGES) est d’autant plus nécessaire qu’il est souvent adossé à l’identification des actions les plus pertinentes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Tel est le cas pour l’outil de diagnostic mis en place par l’ADEME, le Bilan Carbone® et pour Carbo, greentech française spécialisée dans l'empreinte carbone, partenaire de La Banque Postale .

Mais, « le coût de la démarche de décarbonation peut être un frein, en particulier pour les petites PME, relève Paul Madjarian. Outre le temps-homme détaché pour répondre aux auditeurs ou renseigner l’outil de calcul des émissions, il y a le coût même des auditeurs ou d’utilisation de l’outil, et enfin le coût de la mise en place de la décarbonation, même si toutes les actions ne nécessitent pas des investissements conséquents. » De fait, la décarbonation englobe aussi une approche d’efficacité et de sobriété énergétiques où les comportements jouent beaucoup.

Bon à savoir

Le coût d’un bilan GES varie selon plusieurs critères :

  • Le prestataire choisi,
  • Le scope couvert,
  • La taille de l’entreprise.

Il faut compter environ 10 000 € pour une PME qui réaliserait un bilan complet (scopes 1, 2 et 3) avec l’aide d’un cabinet de conseil. Pour un bilan réalisé grâce à une plateforme avec des outils de suivi des émissions, il faut compter entre 2 000 et 5 000 €.

Agir pour la transition écologique- Rubrique « Questions fréquentes, Combien coûte un bilan GES »

Outre l’aspect financier, « la complexité intrinsèque de la démarche représente également un obstacle pour les entreprises, en particulier les PME et ETI », indique Rahima Chibane, directrice marketing & communication de La Banque Postale Leasing & Factoring. En effet, ces structures doivent respecter une réglementation technique exigeante*$ afin de participer au reporting extra-financier de leurs donneurs d’ordre, bien qu’elles ne soient souvent pas directement soumises à l’obligation légale d’établir un bilan complet et régulier de leurs émissions de gaz à effet de serre. Cette situation conduit les PME et ETI à devoir réaliser un BEGES et engager une démarche de décarbonation afin de préserver leurs relations commerciales, sans toutefois pouvoir pleinement s’approprier le processus, générant ainsi des indicateurs qui ne sont pas toujours pertinents pour le donneur d’ordre. »


Rahima Chibane, Directrice marketing & communication de La Banque Postale Leasing & Factoring.


La décarbonation et ses bénéfices méconnus

Au-delà de satisfaire une démarche citoyenne ou une exigence d’un donneur d’ordre, une entreprise peut s’engager dans une trajectoire de décarbonation en vue des bénéfices qui annuleront, voire compenseront, les coûts et contraintes à moyen et long terme. Parmi ceux-ci :

  • « Disposer d’un avantage concurrentiel en proposant un produit ou un service moins cher et/ou mieux présenté d’un point de vue environnemental » pointe Paul Madjarian ;
  • « Sécuriser sa place dans les appels d’offres » poursuit Paul Madjarian ;
  • « Améliorer l’image de marque de l’entreprise et son attractivité employeur. La communication de celle-ci peut valoriser la démarche de décarbonation à l’égard de toutes les parties prenantes, externes comme internes - clients, prospects, fournisseurs, investisseurs, financeurs - et notamment pour fidéliser les salariés et attirer les talents, un sujet très prégnant pour les PME ou ETI françaises », complète Rahima Chibane ;
  • De plus, « en France où la production d’électricité est décarbonée à 95 %*$, une stratégie d’électrification permet d’assurer son indépendance vis-à-vis des énergies fossiles (pétrole, gaz), de sécuriser sa gestion financière eu égard à la fluctuation du prix des énergies fossiles*$, voire de réduire l’impact financier du poste énergie, précise Paul Madjarian. Toutefois, le retour sur investissement (ROI) du déploiement de l’électrification s’inscrit dans la durée, en particulier si elle concerne un processus industriel et impose de remplacer tout ou partie de la chaîne de production. »
  • « Un ROI dont le calcul doit intégrer les nombreuses aides proposées aux entreprises*$ qui se lancent dans un plan de transition. Les PME et ETI peuvent ainsi bénéficier des obligations transition, un dispositif mis en place par l’État, spécialement pour elles afin de financer leurs projets de décarbonation »  partage Paul Madjarian.
  • Accéder à des financements bancaires dédiés tels que :
    • Le prêt décarbonation de La Banque Postale*$ : « pensé spécifiquement pour les PME et “petites“ ETI, le prêt décarbonation peut concerner des emprunts à partir de 300 000 euros, contre 1 million d’euros pour notre crédit à impact proposé à ces mêmes emprunteurs. Un seul indicateur est retenu, le BEGES, contre trois dans le crédit à impact, souligne Paul Madjarian. C’est un dispositif qui intéresse tout particulièrement les entreprises les moins matures côté décarbonation ; avec la possibilité pour le client, comme dans l’affacturage décarbonation, de contractualiser sur la base d’un BEGES déjà existant ou d’un engagement à produire ce bilan dans l’année suivant la contractualisation. Enfin, c’est un prêt qui prévoit une révision du BEGES tous les deux ans, ce qui réduit la charge opérationnelle et financière de la révision annuelle habituellement prévue dans les crédits à impact. »
    • L'affacturage décarbonation de La Banque Postale Leasing & Factoring*$, solution liée aux produits d'affacturage traditionnels avec les avantages associés (sécurisation du poste client, financement du besoin en fonds de roulement, amélioration de la trésorerie…) « qui a pour objectif de motiver les entreprises à s'investir dans une réduction mesurable de leur empreinte carbone, explique Rahima Chibane. C’est pourquoi ce dispositif a été pensé autour d’un indicateur unique et bien reconnu, le BEGES et qu’il n’y a pas de malus si la trajectoire n’est pas respectée. » « L’incitation est clé en matière de transition écologique. Il faut valoriser les efforts et les inscrire dans une démarche ambitieuse mais lisible, estime Paul Madjarian. L’affacturage décarbonation casse l’image souvent complexe associée aux financements RSE. »

« Les deux dispositifs, affacturage et prêt décarbonation, sont alignés : l’obtention de l’un facilite l’obtention du second puisque l’indicateur, les trajectoires et le référentiel sont similaires, indique Rahima Chibane. Avec cette approche, La Banque Postale, banque citoyenne et sa filiale La Banque Postale Leasing & Factoring souhaitent accompagner au mieux les entreprises désireuses de s’inscrire dans une trajectoire de décarbonation et convaincre celles qui sont encore en retrait que la décarbonation est nécessaire et bénéfique. »

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