« 2026 sera aussi marquée par le plan de relance allemand, 500 Mds € d’investissements publics - 1000 Mds en intégrant les investissements militaires-, lancé par le chancelier Friedrich Merz dès le début de son mandat. Celui-ci devrait soutenir la croissance de l’Union européenne et donc de la France ».
Alain Henriot, responsable des Études économiques au sein de La Banque Postale
« Répercussions de la hausse des tarifs douaniers américains, conséquences des différents conflits : 2025 fut une année marquée par l’incertitude. Pourtant, malgré cet environnement a priori peu porteur, la croissance mondiale a résisté », relève Alain Henriot. De fait, selon les chiffres de l’OCDE, la croissance du PIB mondial s’établit à 3,2 % en 2025, avec des projections à 2,9 % en 2026 et 3,1 % en 2027*$.
« On peut parler d’un environnement mondial résilient. Les États-Unis illustrent bien cette dimension. Leur croissance en 2025 devrait avoisiner les 2 %*$, un chiffre moindre que les années précédentes mais conforme au potentiel de moyen terme (indicateur de croissance potentielle de moyen-long terme qui fournit une indication du rythme de croissance soutenable à cet horizon sans accélération de l'inflation : note de la rédaction), avec une inflation qui n’a pas trop dérapé malgré la hausse des droits de douane et un marché du travail moins porteur mais sans envolée du taux de chômage » précise Alain Henriot. Pour lui, deux facteurs expliquent la bonne tenue de l’économie mondiale sur l’année écoulée : « d’abord le processus d’assouplissement monétaire*$*$ qui, malgré des différences régionales et de temporalité, a entraîné des taux de crédit plus faibles. D’où un effet positif sur les investissements des entreprises et le marché immobilier. Puis le prix du pétrole relativement bas : le baril, à fin 2025, s’établit à 60 dollars contre le double entre février 2022 et la mi 2022*$. »
Source : www.oecd.org - "Perspectives économiques de l'OCDE, Volume 2025 Numéro 2"
Source : www.oecd.org - "Perspectives économiques de l'OCDE, Volume 2025 Numéro 2"
Source : www.vie-publique.fr - "BCE et zone euro : un taux directeur toujours à 2%, un euro en hausse"
Source : www.latribune.fr - "Une Fed divisée décide de baisser les taux fédéraux de 25 points de base"
Source : www.ifpenergiesnouvelles.fr - "Regards économiques, Tableau de bord - Marchés pétroliers, janv. 2026"
La France en 2025 ? Une dynamique rassurante compte tenu du contexte
« L’euro s’étant apprécié contre le dollar en 2025, cela a joué favorablement pour diminuer les prix de l’énergie en zone euro, où le prix du gaz a aussi baissé. Le choc inflationniste a donc reflué en zone euro, avec une inflation à 2 % en décembre, complète Alain Henriot. La Banque centrale européenne (BCE) a donc pu revenir à un taux directeur considéré comme neutre*$. »
Avec une croissance à 1 % en 2025 selon les estimations de l’Insee et de la Banque de France*$, « la France est proche de son potentiel à moyen terme, ce qui est rassurant dans un contexte politique pourtant incertain et donc anxiogène ». Celui-ci explique en partie l’attentisme voire la frilosité des agents économiques constatée en 2025… avec une exception notable. Si les ménages ont retrouvé du pouvoir d’achat, en particulier en France où le taux d’inflation, à 0,8 % en décembre, est parmi les plus bas de la zone euro*$, la consommation reste faible et le taux d’épargne élevé. Côté entreprises, après des investissements en berne en début d’année, ceux-ci ont repris au troisième trimestre, « de manière très structurelle car tirés par les dépenses en information et télécoms . Cela signifie que les équipements informatiques, les outils d’automatisation voire l’intelligence artificielle, représentent 25 % des investissements des entreprises en 2025. C’est considérable mais logique, tempère Alain Henriot. Même dans un environnement très complexe ou incertain, investir dans ce domaine est incontournable car cela assoie la pérennité et le développement de toute entreprise. »
Source : www.vie-publique.fr - "BCE et zone euro : un taux directeur toujours à 2%, un euro en hausse"
Source : www.banque-france.fr - "Projections macroéconomiques, déc. 2025"
Source : fr.tradingeconomics.com - "Taux d'inflation - liste des pays - Europe"
Entre spécificités nationales et environnement mondial, la France en 2026
- Le taux d’épargne très élevé des ménages peut-il baisser, avec comme corollaire un effet positif sur la consommation ? Alain Henriot avoue être dubitatif à ce sujet car « les facteurs anxiogènes – incertitude politique, absence de visibilité sur les modalités futures des retraites…- vont perdurer, sans doute jusqu’à mi-2027 ». D’autant qu’une remontée de l’inflation ne peut pas être exclue en 2026 : la baisse de 15 % au 1er février 2025 sur les tarifs réglementés de l’électricité*$ ne va pas se reproduire en 2026, d’où un possible effet mécanique.
- Les exportations nationales ? « La croissance mondiale résiste, les échanges internationaux aussi et cela a pu profiter à la France notamment sur le 3è trimestre 2025*$. Avec Airbus, nous bénéficions d’un marché aéronautique très actif qui porte notre production industrielle*$. Les carnets de commande étant conséquents, cela devrait jouer encore favorablement en 2026 » estime Alain Henriot.
- « 2026 sera aussi marquée par le plan de relance allemand, 500 milliards d’euros d’investissements publics – 1 000 milliards en intégrant les investissements militaires - lancé par le chancelier Friedrich Merz dès le début de son mandat. Celui-ci devrait soutenir la croissance de l’Union européenne et donc de la France », avance Alain Henriot.
- « Au regard du contexte géopolitique et des annonces de la Commission européenne, les dépenses de défense de l’Union européenne et de ses États membres devraient continuer d’augmenter*$ » indique Alain Henriot. Or la Défense est un secteur locomotive de notre industrie nationale et qui booste l’innovation.
- « L’intervention étatsunienne au Vénézuéla est susceptible de rendre l’offre de pétrole plus abondante et donc de peser sur le prix du pétrole, notamment si les compagnies américaines reprennent en main les installations pétrolières vénézuéliennes », signale Alain Henriot.
- « La dette française est de plus en plus abondante mais elle reste liquide, c’est-à-dire qu’elle continue d’intéresser un grand nombre d’investisseurs. Toutefois, la masse des émissions de dettes par les différents pays est de plus en plus élevée. C’est pourquoi les taux demandés par les investisseurs se tendent alors même que la BCE réduit ses achats de dettes. De plus, certaines dynamiques spécifiques peuvent jouer défavorablement : ainsi la sortie de la déflation au Japon, par exemple, devrait redynamiser l’appétence des investisseurs nationaux pour la dette nippone, au détriment des dettes étrangères », conclut Alain Henriot.
Source : www.service-public.gouv.fr - "Électricité : une baisse de 15 % au 1er février sur les tarifs réglementés"
Source : www.consilium.europa.eu - "La défense de l'UE en chiffres, conseil de l’UE"
Source : www.lesechos.fr - "L'industrie européenne démarre l'année 2026 en plein marasme à l'exception de… la France"