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Excédent de stocks : les pistes pour en limiter l’impact sur votre trésorerie

Après plus d’un an de crise sanitaire, la gestion des stocks est devenue très complexe pour les commerçants et artisans. Ce poste, composant majeur de la trésorerie, doit faire l’objet d’une gestion prévisionnelle, reposant sur une méthodologie adaptée. Explications.

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Les confinements successifs, les couvre-feux, les restrictions d’accès aux magasins en raison des règles sanitaires : toutes ces mesures ont tiré vers le bas l’activité économique, et particulièrement celle des indépendants.

Depuis un an, l’excédent de stocks est en quelque sorte devenu un mal chronique de l’économie, plus particulièrement pour le secteur de l’habillement et des chaussures, mais pas seulement. Les stocks 2020 n’ont pas pu être écoulés et les soldes d'hiver n’ont pas rencontré de véritable succès auprès des clients. Les soldes sont en effet tombés alors qu'étaient instaurés un couvre-feu à 18 heures, puis une fermeture des centres commerciaux. 

De l’importance du poste stocks sur la trésorerie

Lorsqu’on parle des stocks, on ne parle pas que des marchandises, soit la revente de biens à profit, sans transformation préalable. Le poste stocks comprend aussi le stock de matières premières (les produits achetés pour être transformés), celui des produits semi-finis (les produits en cours de fabrication), celui des produits finis et enfin le stock d’emballages (caisses, palettes, etc.).

Or, l’écoulement des stocks est un élément essentiel de la trésorerie d’une entreprise, puisqu’il garantit des rentrées de cash et évite une immobilisation des liquidités. A défaut, le besoin en fonds de roulements se creuse, la capacité à régler les charges (loyer, salaires, etc.) s’en ressent et les possibilités de réinvestissements sont réduites. Rapidement, cela peut être la pérennité même de l’entreprise qui est fragilisée. D’un point de vue comptable, le solde de trésorerie se calcule en retranchant des encaissements les décaissements. Les encaissements recouvrent les paiements effectués par les clients : ils sont donc directement liés aux ventes ou services produits, qui sont donc réalisés par l’entreprise et payés par les clients. Les décaissements englobent eux les paiements de charges et frais divers, achat d’actifs, en clair, tous les règlements effectués par l’entreprise.

 

Eviter surstockage et sous-stockage : choisir une méthode adaptée

Le surstockage, situation la plus répandue à l’heure actuelle, joue donc sur les deux composantes du solde de trésorerie. Le sous-stockage constitue lui un vrai risque en cas de reprise de l’activité, car il est synonyme d’arrêt de production ou d’articles indisponibles face à une demande. Il convient donc d’opter pour une gestion précise des stocks, au regard des spécificités de son activité. Pour cela, quatre méthodes existent. Elles reposent sur deux facteurs principaux : la date de la commande et la quantité commandée, deux facteurs qui peuvent être soit fixes soit variables.

La méthode de réapprovisionnement - ou méthode calendaire

Elle consiste à commander à date fixe une quantité fixe. Cette méthode est adaptée pour des entreprises déjà implantées, dont la rotation de stock est relativement prévisible d’après son expérience passée.

La méthode de recomplètement

Cette approche repose sur des commandes à date fixe d’une quantité variable, puisque le niveau du stock à compléter varie en fonction du volume de vente, alors que la date restera la même.

La méthode de réapprovisionnement à la commande

Cette méthode induit des commandes d’une quantité variable, à date variable, déterminées en fonction de la demande donc. Elle définit un seuil minimal dit « critique » du stock, et est adaptée par exemple au commerce de produits périssables.

La méthode de gestion à point de commande

Cette dernière façon de gérer son stock repose sur un système de commandes à date variable, mais à quantité fixe : c’est l’atteinte d’un niveau donné du stock (appelé le point de commande) qui déclenche la commande de réapprovisionnement. C’est une option flexible, pertinente donc pour des biens qui ont tendance à être écoulés de manière irrégulière, une méthode à privilégier en cette période d’incertitude.

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