Les PME-ETI et les Prêts Participatifs Relance : préparer l’avenir sans changer de gouvernance
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Les PME-ETI et les Prêts Participatifs Relance : préparer l’avenir sans changer de gouvernance

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Le prêt participatif Relance (PPR) est un des deux mécanismes du plan de relance, mis à disposition des PME et ETI pour renforcer leurs fonds propres. Il s’agit là d’un outil essentiel pour financer l’avenir sans ouvrir son capital, tout en étant accompagné par un interlocuteur particulièrement qualifié.

Frédéric Vigier, directeur des financements structurés à la BFI de La Banque Postale.

Il s’agit de donner aux PME et ETI le temps et les moyens de se développer...

 « Le mécanisme dédié au renforcement des fonds propres des PME et ETI peut aller jusqu’à 20 milliards d’euros et passe par deux canaux, le premier, bancaire, via le PPR et le second, le capital-investissement, pour les obligations Relance, explique Frédéric Vigier, directeur des financements structurés à la BFI de La Banque Postale. Il s’agit de donner aux PME et ETI le temps et les moyens de se développer et pour cela leur proposer des dispositifs qui ne leur imposent pas, dans les prochaines années, d’allouer l’essentiel de leurs ressources au service de la dette. »

Un mécanisme ancien, adapté pour favoriser une distribution rapide

Diffusés à compter d’avril 2021 par les banques, les PPR sont considérés comme des quasi-fonds propres du fait de leur caractère junior : « ce sont des couches subordonnées qui, du point de vue comptable, sont comptabilisées en dette, précise Elodie Le Gendre, de Sevenstones. En revanche, le remboursement, sur une durée de 8 ans, n’intervient en termes de priorité qu’après l’ensemble des créanciers, à l’exception des actionnaires. » D’où cette appellation de quasi-fonds propres. « Les banques ont identifié le besoin de renforcement des fonds propres de PME et ETI en bonne santé financière mais dont les pertes d’exploitation de 2020 ont affaibli leur structure bilantielle. Pour y répondre et s’assurer d’une distribution rapide, les banques ont proposé l’adaptation de cet ancien dispositif » relate Hélène de Prévoisin, directrice du marché Entreprises de La Banque Postale. La Banque Postale participe d’ailleurs activement au groupe de travail en place qui en dessine actuellement les contours. »

Elodie Le Gendre, de Sevenstones

En recourant à un PPR, l’entreprise n’a pas à ouvrir son capital...

Cet outil, conçu pour les PME et ETI ayant des perspectives de développement présente un double avantage que relève Elodie Le Gendre : « en recourant à un PPR, l’entreprise n’a pas à ouvrir son capital : il n’y a donc pas d’impact sur la gouvernance, ni de nouveaux actionnaires. Par ailleurs, comparé aux fonds d’investissements classiques qui ont un horizon traditionnel de sortie à cinq ans, l’échéance est à huit ans. »

À l’octroi du PPR, banque et entreprise, main dans la main

Le PPR finançant un projet d’avenir, les banques vont se rapprocher de leurs clients afin d’identifier leurs besoins au regard de leur plan d’affaires. Ce financement corporate peut servir différents projets de développement : opérations de croissance externe, modernisation de l’appareil productif, digitalisation de son activité, migration vers un modèle plus durable.

Les banques, du fait de leur proximité relationnelle et de leur capillarité avec les acteurs économiques, sont particulièrement qualifiées pour accompagner les entreprises dans le financement de leur développement. Les spécificités liées à l’octroi du PPR nécessitent une profonde connaissance des projets de la PME ou de l’ETI concernée, ce qui fait écho aux caractéristiques de La Banque Postale. Celle-ci « dispose pour le secteur PME-ETI de 34 centres d’affaires et de 170 collaborateurs en front office, répartis sur tout le territoire national, souligne Hélène de Prévoisin. Et pour les problématiques spécifiques, des équipes dédiées viennent en renfort, notamment celles de la BFI ».

Les PME et ETI accompagnées à tous les stades

Les banques conservent 10 % du montant du PPR à leur bilan et cèdent les 90 % restants à un fonds, qui aura collecté de l’argent auprès des compagnies d’assurance-vie, des fonds d’épargne salariale ou d’épargne retraite. Mais pour l’emprunteur, cette cession n’a pas de conséquence. « Le PPR existe parce qu’il y a des assureurs, explique Hélène de Prévoisin. Pour l’heure, ce sont majoritairement des assureurs filiales de banques françaises qui ont manifesté leur intérêt ». C’est l’intérêt du modèle de bancassureur de La Banque Postale, actionnaire majoritaire CNP Assurances depuis mars 2020. « Nous sommes présents à l’origine, en tant que réseau pour approcher les clients. Puis nos équipes de structuration interviennent pour conseiller et mettre en place le produit, détaille Frédéric Vigier. Par ailleurs, La Banque Postale interviendra également via La Banque Postale Asset Management, sa filiale spécialisée dans la gestion d'actifs qui assurera l'interface entre la banque et les investisseurs. Enfin CNP Assurances interviendra comme investisseur dans le fonds à hauteur de 1,5Md€». 

Hélène de Prévoisin, directrice du marché Entreprises de La Banque Postale

Le PPR est un acte fort d’accompa-gnement et de confiance ...

« La banque reste l’interlocutrice du client tout au long de la vie du produit et conserve une quote-part du PPR. D’ailleurs, la garantie d’Etat ne bénéficie qu’aux fonds de place, pas aux banques. Le PPR est donc aussi un acte fort d’accompagnement et de confiance des banques vis-à-vis des PME et ETI » conclut Hélène de Prévoisin.

Le PPR, une première pierre


« L’écoute de nos clients et la compréhension de leurs besoins est un de nos atouts, avance Frédéric Vigier. Ce qui nous permet de penser le PPR comme un outil à intégrer dans une démarche globale de financement. » Avec un remboursement qui ne débute que la cinquième année, « un PPR améliore la solvabilité de l’entreprise, précise Elodie Le Gendre, et lui permet un accès facilité à d’autres types de financements », bancaires notamment, tels les prêts syndiqués.

« On peut emprunter jusqu’à 12,5 % de son chiffre d’affaires 2019 en PPR, et ce pourcentage est réduit si le cumul PGE/PPR dépasse 25 % des revenus 2019, alerte Elodie Le Gendre. En tant qu’actionnaire-dirigeant il convient donc de se poser deux questions : le montant emprunté est-il suffisant pour financer mon projet de croissance à long terme ? Mes cash-flows me permettent-ils de faire face à mes engagements à compter de la 5e année ? Si la réponse est négative, un apport de capitaux additionnels sera nécessaire ».