PME, ETI : pourquoi et comment renforcer vos fonds propres
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Pourquoi et comment renforcer vos fonds propres ?

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Début septembre, l’Etat annonçait un budget de 3 milliards d’euros pour renforcer les fonds propres des TPE, PME et ETI. Cette annonce, parmi toutes celles visant à soutenir les entreprises durant la crise sanitaire, met en lumière l’importance de ce qu’on nomme aussi les capitaux propres, pierre angulaire de toute stratégie. Explications avec Elodie Le Gendre, de Sevenstones.

L’Etat a annoncé début septembre un budget de 3 milliards d’euros pour renforcer les fonds propres des entreprises. Pourquoi est-ce important en général et dans la crise actuelle, de renforcer ses fonds propres ?

Elodie Le Gendre : « Renforcer ses fonds propres, c’est se donner les moyens de penser à long terme et de réaliser des investissements et d’éventuelles opérations de croissance externe. Dans le contexte de la crise actuelle, il faut souligner que la plupart des aides mises en place, notamment le PGE, visent à compenser la perte de chiffre d’affaires. Cela donne un souffle en trésorerie aux entreprises et répond à des besoins à court terme engendrés par la crise pour bien des entreprises. Une nuance toutefois : les PGE ce sont 120 milliards d’octroyés dont seulement 30% ont été consommés à ce jour. Le défi pour tous les bénéficiaires sera de faire face aux remboursements alors que leur chiffre d’affaire a baissé et que les marges de manœuvre sont réduites. Au-delà du remboursement du PGE, beaucoup d’entreprises doivent repenser et adapter leur modèle de développement et relever le défi du financement de leurs projets et de leur croissance future. Et cela passe par un rééquilibrage du bilan.


Car tout banquier, avant d’octroyer un nouveau financement, regarde l’équilibre global du bilan et vérifie que les ratios prudentiels sont respectés. S’il y a trop de dettes accumulées, il sera difficile voire impossible d’obtenir des financements bancaires pour des investissements relevant des CAPEX ou des opérations de croissance externe. La pérennité de l’entreprise, son développement sont donc compromis. D’où la nécessité de rééquilibrer les fonds propres dès à présent ».

 

Pour convaincre les investisseurs, quels éléments ou arguments l’entreprise doit-elle mettre en valeur ?

E.L.G. : « Il faut être capable d’expliquer clairement sa stratégie, donc son projet de développement en démontrant sa capacité d’une part à générer des cash-flows pour rembourser les dettes, et d’autre part, à créer de la valeur pour les investisseurs en capital. La question centrale posée par tous les investisseurs et financeurs est celle de l’usage des fonds levés. La réponse à cette question doit être replacée dans le contexte particulier auquel l’entreprise fait face. La réponse doit aussi tenir compte d’une perspective, celle de l’impact de l’entreprise sur son écosystème. Cela veut dire articuler sa démonstration autour de finalités telles que la préservation de l’emploi, la responsabilité sociale et environnementale, la décarbonisation, la relocalisation, la préservation des territoires et des savoir-faire, l’ancrage local ou encore l’indépendance de sa production ».

 

Est-ce à dire qu’il faut solliciter avant tout des fonds d’investissement à impact ?

E.L.G. : « Le vrai enjeu c’est la réussite de l’ouverture du capital qui passe par le choix des contreparties adéquates ! La priorité est donc d’identifier les bons partenaires, ceux qui vont prendre part à la gouvernance, partager et adhérer au projet. Au-delà de l’argent, il faut trouver du ou smart money : des compétences, une expertise, des réseaux, un appui à l’international… Et pour cela, il existe pléthore de solutions et de véhicules adaptés à chaque entreprise et porteurs de projet : fonds d’investissements bancaires ou non, fonds régionaux, industriels, family office...

Enfin pour répondre précisément à la question, il est vrai que les fonds d’investissement à impacts se développent mais les fonds traditionnels adoptent aussi cette démarche. Il y a là un vrai potentiel d’investisseurs. Les prêts participatifs actuellement en projet pourront eux aussi répondre à cet enjeu de renforcement des entreprises et offrir ainsi une palette de solutions large et variée ».

 

Rappel

Les fonds propres sont constitués à la fois des apports effectués par les actionnaires lors de la constitution de l'entreprise ou lors d'une augmentation de capital mais aussi des bénéfices réalisés et non distribués, des subventions d'investissement et des provisions réglementées. Du total de ces sommes sont soustraits le report à nouveau débiteur et l'éventuel déficit de l'exercice.

Sur le bilan comptable, il s’agit de l'ensemble des sommes qui figurent dans les comptes 101000 à 145000.

 

À savoir

Le budget alloué par l’Etat au renforcement des fonds propres contient 2 dispositifs : garantie Bpifrance et  prêts participatifs. Concernant les prêts participatifs, les discussions sont toujours en cours et il y a de plus nécessité de recueillir l’accord de l’Union européenne.

Notons que bien des régions ont des initiatives en faveur du renforcement des fonds propres de leurs entreprises territoriales : investissement capital, prêts participatifs, obligations convertibles. Renseignez-vous !

 

Pour aller plus loin : Consultez le Livre Blanc Sevenstones  : Retour à l'anormal ou à la normale ? Les opérations financières post Covid... à l'aube d'une transformation. 

 

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