La Banque Postale en tête des 6 plus importantes banques françaises dans l’analyse d’impact de l’agence de notation Impak

L’agence de notation d’impact franco-canadienne Impak a publié en décembre 2020 une analyse d’impact environnemental, social et sociétal des 6 plus importantes banques françaises. Une « bataille d’impact » dans laquelle La Banque Postale se détache nettement en tête. Mises en perspectives avec Axel Bonaldo, directeur Business Development Europe d’Impak.

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La Banque Postale en tête

Avec un impak ScoreTM global de 272/1000, La Banque Postale se classe en tête parmi les 6 principales banques françaises pour ce qui est de son impact environnemental, social et sociétal. La Banque Postale est également en première position pour tous les sous-scores de l’analyse Impak.

 Elle obtient ainsi le sous-score d’impact positif le plus élevé (86/500). Cela parce qu’elle dédie près de 20% de ses activités aux Objectifs de Développement Durable (ODD) de l’ONU, et qu’elle œuvre en faveur de l’inclusion bancaire des personnes vulnérables, une mission que lui a confiée l’État.

La Banque Postale présente également la meilleure capacité à atténuer ses impacts négatifs, avec un sous-score Impak de 74/300, ex-aequo avec la BPCE.

La Banque Postale est enfin la seule banque à avoir identifié sa mission et analysé sa chaîne de valeur en vue d’identifier les opportunités de générer davantage d’impacts positifs et de réduire ses impacts négatifs. Ceci lui vaut un score de gouvernance de l’impact de 112/200, quand les autres banques se situent autour de 100.

Quelle démarche Impak a-t-elle adopté pour ses analyses d’impact ? En quoi cette méthodologie se différencie-t-elle de celle utilisée par les autres agences de notation ?  

Axel Bonaldo, directeur Business Development Europe d’Impak.

Axel Bonaldo : La démarche d’Impak se différencie en plusieurs points de la démarche ESG (Environnement Social Gouvernance) utilisée par toutes les autres agences de rating extra-financier.

L’analyse ESG met en effet l’emphase sur les impacts négatifs des organisations et sur les seuls engagements pris pour les mitiger ou les réduire. Cela via le seul prisme financier, c’est-à-dire en évaluant les impacts de l’environnement sur l’entreprise susceptibles d’affecter sa performance financière.

Le parti pris d’Impak consiste quant à lui, au-delà de l’analyse des impacts négatifs (ESG), à intégrer aussi les impacts positifs de l’organisation analysée, c’est-à-dire leur contribution aux 17 Objectifs de développement durable (ODD) de l’ONU. Ce choix nous donne une vision globale des impacts de l’ensemble des activités de la structure. Les analyses Impak se fondent par ailleurs sur les effets, les résultats des engagements pris. Nous utilisons pour les impacts négatifs une approche dite de « double matérialité », intégrant aussi bien le prisme financier que l’impact sur toutes ses parties prenantes.

Notre méthode se différencie également par le fait qu’elle s’appuie sur des données contextualisées. Quand les agences de notation ESG recourent à des indicateurs absolus, Impak contextualise les indicateurs pour les situer par rapport à un niveau de départ, ou à un seuil à atteindre. Des seuils établis autant que possible par des experts internationaux et scientifiques.   

Dernier élément différenciateur et non des moindres : nos analyses sont basées sur la méthodologie IMP (Impact Management Project), un standard méthodologique international, consensuel, transparent, comparable et évolutif, soutenu par plus de 2000 experts mondiaux (PRI, IFC, GIIN, OCDE, UN, GRI, SASB, etc.). Ceci nous distingue des nombreuses agences ayant recours à des méthodologies propriétaires, empêchant toute comparaison.

Quels sont les principaux résultats de l’étude Impak et comment La Banque Postale se situe-t-elle dans le classement ?

Axel Bonaldo : La Banque Postale est en tête du peloton des 6 grandes banques françaises analysées dans le panel de notre étude. Elle affiche un impak ScoreTM total de 272 sur 1000, contre 206 pour la Société Générale, 189 pour la BPCE, 186 pour le Crédit Agricole, 164 pour la BNP-Paribas et 153 pour le Crédit Mutuel.

En ce qui concerne les sous-scores de l’étude Impak, La Banque Postale se classe :

  • 1ère banque du panel pour ses impacts positifs
  • 1ère ex-aequo avec la BPCE pour la réduction de ses impacts négatifs
  • Et 1ère également pour ce qui concerne le niveau d’intégration de l’impact dans sa gouvernance.

Quelles sont, au regard de l’impact environnemental, social et sociétal de La Banque Postale, ses forces et ses marges de progrès ?

Axel Bonaldo : Il n’est pas dans le rôle d’Impak de commenter les résultats de ses analyses. Encore moins de conseiller un émetteur sur les moyens d’améliorer ses performances en termes d’impact.

La mission de service public imposée par l’État dans le champ de l’inclusion bancaire met La Banque Postale à part des autres banques. Cette mission participe fortement à son impact positif.

D’un point de vue méthodologique, les marges de progrès sont à rechercher du côté de l’amélioration de son niveau de transparence, notamment par rapport aux indicateurs relatifs à ses différentes activités. La Banque Postale gagnerait, comme les autres banques, à augmenter la part de ses activités contribuant positivement aux ODD.

Quel regard portez-vous sur le secteur bancaire dans son ensemble, en termes d’impact ?

Axel Bonaldo : Les impak ScoresTM de la bataille d’impact des grandes banques françaises sont bas, inférieurs dans 5 cas sur 6 à la moyenne du CAC40, qui est de 222 sur 1000.

Le secteur bancaire est actuellement en pleine mutation pour l’intégration des critères extra-financiers. Il était important de disposer d’une note de départ, qui va évoluer significativement dans les années à venir, pour mesurer cette transformation. Le chemin qui reste à parcourir aux banques traditionnelles pour ce qui est de leur niveau d’impact est encore très important. Les banques qui se sont spécifiquement donné pour mission la recherche d’impacts positifs sont de ce point de vue beaucoup plus avancées. 

Nous constatons néanmoins chez nos clients bancaires une prise en compte importante et systématique de la mesure d’impact, ce qui nous rend très optimistes sur l’évolution du secteur à l’avenir.

 

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