BFR, relation client, fraude : la facturation électronique a du potentiel !

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En connectant le monde des factures et le monde de la finance, la réforme de la facturation électronique ouvre tout un champ des possibles en faveur de la gestion comptable, du besoin en fonds de roulement (BFR) ou de la lutte contre les fraudes, selon Guillaume Pastor, chef de produit offres Sécurités et Transverses au sein de La Banque Postale, qui s’intéresse particulièrement au lettrage fournisseur.


« La réconciliation comptable, l’automatisation des processus et la fiabilisation des données sont les trois champs que la facturation électronique peut faciliter dans un très proche avenir»

Guillaume Pastor, Chef de produit offres Sécurités et Transverses au sein de La Banque Postale


« La réconciliation comptable*$, l’automatisation des processus et la fiabilisation des données sont les trois champs que la facturation électronique peut faciliter dans un très proche avenir, avance Guillaume Pastor. Bien sûr, les apports de la facturation électronique ne sont pas encore complétement identifiés par les entreprises car, pour le moment, un très grand nombre est surtout concentré sur une mise en conformité rapide*$ et la moins onéreuse possible. Or, en créant un dialogue entre les différents outils informatiques utilisés par l’entreprise, la facturation électronique constitue une première étape vers une transformation profonde de la gestion d’entreprise. »

  • La réconciliation comptable est l’opération visant à s’assurant que le solde du compte banque de l'entreprise concorde avec le relevé délivré par la banque.

  • Rappel du calendrier de la facturation électronique

    L'obligation de recevoir des factures électroniques concernera l'ensemble des entreprises dès le 1er septembre 2026. Et l'obligation d'émettre des factures électroniques entrera en vigueur : le 1er septembre 2026 pour les grandes entreprises et les ETI, le 1er septembre 2027 pour les PME, TPE et les micro-entreprises.

  • Ainsi, le prévisionnel de trésorerie, côté client comme côté fournisseur, pourra bénéficier d’une plus grande fiabilité et rapidité. Une fois « la facturation électronique déployée, le client sera en mesure, facture par facture, de renvoyer au fournisseur les informations sur la date de programmation du paiement : le paiement pourra donc être prépositionné dans le prévisionnel au crédit comme au débit. Le fournisseur en tirera un avantage complémentaire : une connaissance plus fine des habitudes de paiements des clients récurrents. Le pré positionnement les concernant et donc le prévisionnel de trésorerie seront plus pertinents » explique Guillaume Pastor.
  • Par ailleurs, le financement de l’entreprise serait facilité « avec la mise en œuvre de la facturation électronique puisque les données présentes sur les factures émises seront à la fois complètes, structurables et traitables rapidement. Le factor,  c’est-à-dire le cessionnaire de la créance dans les contrats d’affacturage classique ou inversé, évaluerait mieux le risque lié à son client final : il serait donc plus à même de répondre rapidement aux PME qui, titulaires de créances, sollicitent un financement de leur poste client*$
  • La facturation électronique est aussi un vecteur de lutte contre la fraude au faux fournisseur. En effet, les factures transitent alors par des plateformes agréées – telles que SERES, filiale de Docaposte – par l’État où chaque émetteur est identifié par son SIREN et chaque facture est structurée au format Factur-X, UBL ou CII. Ce cadre rend la substitution d’identité plus difficile, d’autant que « les coordonnées bancaires font l’objet d’une double vérification, dans le référentiel de l’entreprise et lors de la transmission du fichier de virement à l’outil de paiement », souligne Guillaume Pastor. Toutefois la substitution d’identité ne sera pas impossible. Par ailleurs, des fraudeurs se servent de la mise en conformité à la facturation électronique pour se présenter comme des agents officiels : ils contactent les entreprises en prétextant un problème sur le portail Chorus Pro, l'annuaire de la facturation électronique et cherchent à obtenir de véritables factures afin de créer des copies falsifiées comportant un RIB frauduleux*$ .
  • Sur les différentes formes de l’affacturage et leurs bénéfices, lire notre article.

  • Sur ces fraudes, source : https://www.collectivites-locales.gouv.fr/gerer-les-finances-publiques-locales/lutte-contre-les-tentatives-descroquerie


Le potentiel lié à la récupération automatique du lettrage fournisseur

« L’automatisation et la fiabilisation des processus et des données de la réception de la facture jusqu’à la transmission de l’ordre de paiement recèlent de vraies avancées, se réjouit Guillaume Pastor. Avec la facturation électronique, on peut envisager un standard de place qui permettra de préparer les fichiers de paiement et de faciliter le passage de la gestion des factures à la gestion des paiements. Cela rendrait possible la récupération du lettrage fournisseur, soit le numéro de facture indiqué par le fournisseur, lors de l’émission de l’ordre de paiement par le client. L’insertion de cette référence dans le relevé d’opération peut être automatisée : le fournisseur sait donc quel paiement correspond à quelle facture dès la réception de ce relevé. Il en retire un gain de temps dans le rapprochement des opérations commerciales et comptables et, logiquement, dans le suivi des factures impayées ». En miroir, son client ne sera plus sollicité de manière intempestive pour fournir des informations sur les paiements.

« La récupération du lettrage fournisseur – devenue clé de rapprochement commune au client et au fournisseur – peut constituer la première étape d’un nouveau processus de relance client à définir conjointement et en amont. Un impayé détecté peut ainsi déclencher l’envoi automatique d’un lien de paiement fourni par le partenaire bancaire du fournisseur, partage Guillaume Pastor. Cette réflexion commune consolidera la relation client/fournisseur et aura un impact bénéfique sur le besoin en fonds de roulement (BFR) de ce dernier. »

Bon à savoir

La Banque Postale mène actuellement des réflexions avec différents éditeurs sur la normalisation et l’automatisation des échanges entre les plateformes agréées et les logiciels de paiements afin d’identifier tous les avantages à tirer de la facturation électronique et d’en construire les différentes composantes. À suivre…

Les solutions de La Banque Postale

La facturation électronique pour les entreprises

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