Article

Charente Maritime : un prêt vert pour favoriser la mobilité électrique

Les infrastructures dédiées à la mobilité verte forment, pour un département touristique tel que la Charente-Maritime, un atout substantiel. Conscient de l’enjeu, le syndicat départemental d’électrification a contracté un prêt vert de La Banque Postale pour financer le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques. Les explications de François Brodziak, son président.

Lecture 3 min

Que représente le SDEER (Syndicat départemental d’électrification et d’équipement rural) en Charente Maritime ?

François Brodziak, président du syndicat départemental d'électrification et d'équipement rural en Charente Maritime

Créé dans l’immédiat après-guerre, le SDEER est l’autorité organisatrice du service public local de distribution de l’électricité pour 462 des 463 communes du département(1). Au titre de ses compétences, le syndicat assume 5 missions :

  • Le contrôle du concessionnaire Enedis pour les réseaux électriques, ainsi que la réalisation de travaux d’extension, de renforcement et d’enfouissement de ces réseaux ;
  • L’éclairage public (travaux neufs, maintenance préventive et dépannage) ;
  • La production d’énergies renouvelables, via une SEM dont le SDEER est actionnaire ;
  • L’achat groupé de fourniture d’électricité et de gaz ;
  • Et les infrastructures publiques de recharge de véhicules électriques, objet de notre collaboration avec La Banque Postale.

Le dispositif MObiVE du SDEER a bénéficié d’un prêt vert de La Banque Postale. Quel est son lien avec le SDEER ?

MObiVE est un réseau de bornes de recharge pour véhicules électriques et hybrides rechargeables, développé en Nouvelle-Aquitaine et désormais rallié par 10 syndicats départementaux d’énergie. Ce réseau de recharge poursuit son développement en Nouvelle-Aquitaine, avec l’adhésion progressive de nouveaux territoires et avec l’implantation d’infrastructures de plus forte puissance pour accompagner l’évolution des besoins. Le prix des recharges sur les bornes est, sauf exception, déterminé par un consensus entre les syndicats adhérents, pour une meilleure lisibilité régionale.

Quelle est la nature et l’ampleur du projet financé ?

Il s’agit du déploiement de 58 bornes de recharge rapide, dont 3 à grande puissance pour une recharge express, sur l’ensemble du département de Charente-Maritime. Sachant que le coût unitaire moyen de chaque borne – matériel, installation et raccordement au réseau électrique – s’élève à environ 35 000 euros, le projet global se monte à environ 2,1 millions d’euros, réalisé avec la contribution financière de la Région Nouvelle-Aquitaine, qui finance 50 % du coût d’achat des bornes.

Le schéma de déploiement des bornes a été réalisé en 2016-2017 par le Conseil départemental, à la suite d’une convention passée avec le SDEER. 

Sur quels critères le schéma d’implantation de ces bornes a-t-il été défini ?

Il s’agissait de répondre à l’essor du parc automobile électrique et de répondre à trois besoins identifiés : la fréquentation touristique (notamment estivale), l’activité économique locale et le transit.

L’idée est de permettre aux utilisateurs de véhicules électriques individuels de faire des achats ou des visites touristiques le temps de la recharge. Les flottes de véhicules électriques utilitaires à usage professionnel disposent, elles, de leurs propres bornes de recharge (comme la Poste, par exemple !).

Où en est actuellement le déploiement des bornes ?

Les 58 bornes de la première tranche de déploiement devraient être mises en service d’ici fin 2021 ou tout début 2022. Elles équipent prioritairement les agglomérations et sites touristiques majeurs du département. Parmi elles, 3 bornes à très grande puissance offriront une possibilité de recharge express en 15 minutes, contre environ 1 heure pour une borne rapide ordinaire. Elles seront positionnées sur des axes routiers les plus communicants du département.

Nous prévoyons d’installer 27 autres bornes en 2022, dans le cadre du Plan de relance, en ciblant cette fois-ci des bourgs plus ruraux.

Pourquoi avoir eu recours à un prêt vert pour financer ce projet ?

La Banque Postale a été la seule banque à nous proposer un prêt vert. Outre le taux de l’emprunt, très attractif, nous avons été séduits par l’idée d’opter pour un financement allant lui aussi dans le sens des orientations nationales concernant la transition écologique.

Quels sont les usages de la mobilité électrique dans le département ?

Pour l’usage des bornes du SDEER, il s’agit majoritairement de véhicules individuels. En grande partie, ce sont les visiteurs du département qui en sont les usagers : nous le constatons à l’occasion de la hausse de fréquentation des bornes en période estivale.

Il faut rappeler que la décarbonation des transports est un enjeu à la fois climatique et de santé publique. 30 % des émissions de gaz à effet de serre sont dues au transport en Nouvelle-Aquitaine, selon l’association Nouvelle-Aquitaine Mobilité Électrique (NAME). 50 % de ces émissions sont le fait des véhicules particuliers, contre 20 % pour les utilitaires et 20 % pour les camions.

Le SDEER est en cours de labellisation « territoire d’énergie ». Quels sont ses engagements en matière de transition énergétique ?

Le SDEER a en effet décidé d’adopter cette marque collective, qui distingue les autorités organisatrices de la distribution d’énergie adhérentes de la FNCCR qui adhèrent aux objectifs de la loi du 17 août 2015 pour la transition énergétique et la croissance verte.

La transition énergétique tient une place centrale dans notre stratégie de développement. Actionnaire de la SEM EMA (SEM Energies Midi Atlantique), qui porte nos projets dans le domaine de la production d’énergies renouvelables.

À lire également

Découvrez les solutions de La Banque Postale

(1) Une commune limitrophe est, historiquement, rattachée au syndicat d’électrification des Deux-Sèvres (SIEDS).