Mesure d’impact du Mouvement Hlm dans un monde en mutation

  • rehabilitation

En publiant son 3e Rapport d’impact, qui porte sur l’année 2024, l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) analyse sa contribution à la durabilité et à l’inclusivité du logement social. À l’aide de données chiffrées actualisées, d’indicateurs quantitatifs clés et de retours d’expérience concrets, l’USH montre comment les organismes Hlm transforment les défis écologiques et sociaux pesant sur le secteur en solutions utiles à leurs territoires. Cette analyse s’appuie sur sept facteurs d’impact spécifiques, adaptés aux enjeux du logement social et alignés avec les Objectifs de Développement Durable (ODD) des Nations Unies.

Depuis plus d’un siècle, le Mouvement Hlm a pour raison d’être de loger la France dans toute sa diversité, en fournissant aux foyers modestes un accès à un habitat de qualité, à prix abordable. Mais quelle est la contribution concrète des acteurs du secteur sur leurs territoires respectifs en termes d’utilité sociale et de performance énergétique ?

Avec son 3e Rapport d’impact Hlm, publié le 27 octobre 2025, l’USH définit un cadre de référence clair et précis visant à nourrir le dialogue avec ses partenaires. Ce cadre repose sur la méthodologie des investissements d’impact et s’articule autour de sept facteurs d’impact spécifiques au secteur du logement social.

Les sept facteurs d’impact

Facteur d’impact n°1 : contribuer à la vie économique en développant une offre de logements financièrement accessibles

En comparaison des loyers pratiqués sur le marché privé de l’immobilier, l’offre de logements abordables des bailleurs sociaux représente un gain financier immédiat et réel pour les habitants des territoires.

Grâce à cette offre, les difficultés d’accès à l’emploi en zones tendues sont réduites.

Les investissements des bailleurs sociaux – notamment via la réhabilitation du patrimoine ancien en centres-bourgs – contribuent par ailleurs à la revitalisation des quartiers en perte de vitesse, marqués par la vacance commerciale et résidentielle.

Ces mêmes investissements soutiennent le marché de l’emploi local et non délocalisable, dans les secteurs du bâtiment, de la maintenance et des services. Via leurs politiques d’achats responsables, les organismes Hlm participent enfin au soutien des filières d’insertion professionnelle et de réemploi de matériaux.

  • 27 % de logements Hlm parmi les logements neufs mis en chantier en 2024*$
  • 205 000 emplois directs et indirects (ETP) créés ou maintenus grâce à la construction de logements Hlm neufs, en 2023, et 83 000 grâce aux activités de réhabilitation-entretien*$.
  • 4,6 millions d’heures d’insertion professionnelle associées aux clauses sociales incluses aux commandes publiques des bailleurs sociaux*$

Facteur d’impact n°2 : assurer le caractère abordable des logements

Se loger à prix accessible est un droit fondamental. Afin que le coût dudit logement ne compromette pas l’accès à d’autres besoins essentiels (comme l’alimentation, la santé ou l’éducation), la part du revenu disponible consacrée au logement ne devrait pas dépasser 40 %.

Or, avec la hausse des loyers, le renchérissement de l’énergie et la réduction des aides au logement de l’Etat, le taux d’effort à consentir pour se loger ne cesse de se dégrader, même si la France reste sous la moyenne européenne. Avec un taux d’effort net de 25 % pour les locataires du parc social (contre 28 % dans le parc privé), le logement Hlm assume un rôle tampon sur un marché immobilier de plus en plus tendu. L’accompagnement social renforcé proposé par les bailleurs sociaux à leurs locataires permet, en outre, de prévenir le risque d’impayés de loyer, de précarité énergétique et d’expulsion du logement.

  • 460 € de loyer mensuel moyen dans le parc social, contre 645 € à surface équivalente dans le parc privé*$.
  • En 2023, 7 % des Français consacraient plus de 40 % de leur revenu disponible au paiement du coût de leur logement. En 2015, ils n’étaient que 5,6 %*$.
  • 18,7 % des locataires du parc social en retard de paiement de loyer en 2023 ; 13,5 % bénéficient d’un plan d’apurement amiable de dettes locatives*$.

Facteur d’impact n°3 : cibler les publics bénéficiaires

Le logement social joue un rôle crucial dans l’accès au logement des personnes les plus vulnérables. Ceci s’explique par des critères de niveau de revenu dans les mécanismes d’attribution de logements sociaux, mais aussi par le statut prioritaire accordé aux bénéficiaires du Droit Au Logement Opposable (DALO), aux victimes de violences conjugales et aux personnes en situation de handicap.

Les bailleurs sociaux veillent néanmoins à maintenir les conditions d’une certaine mixité sociale dans leur parc. Afin de limiter la ségrégation territoriale, 25 % des attributions hors Quartiers Prioritaires de la Ville (QPV) reviennent ainsi aux ménages les plus modestes, et les organismes Hlm veillent à maintenir des foyers de classe moyenne dans les logements sociaux de zones urbaines tendues.

  • 16 490 € de revenu annuel médian par locataire Hlm (contre 21 130 € dans le parc privé).
  • 23 % de familles monoparentales dans le parc social (contre 10 % dans le parc privé).
  • 50 % des logements sociaux attribués à des ménages vivant sous le seuil de pauvreté en 2024.
  • 36 % des locataires du parc social vivent sous le seuil de pauvreté.

Facteur d’impact n°4 : assurer la qualité des logements et leur adaptation à la demande

Depuis la fin du 19ème siècle, l’attention portée à la qualité du bâti social a jeté les bases d’un parc qui demeure aujourd’hui encore en bon état global. La pérennité du parc social ne repose pas seulement sur la production de nouveaux logements, mais aussi sur l’entretien et la réhabilitation de l’existant.

Au sein du Mouvement Hlm, la gestion patrimoniale s’organise en planifiant, sur une base pluriannuelle, des investissements de maintenance et de réhabilitation, visant à améliorer la qualité de l’air intérieur et la réduction des factures d’énergie.  Dans le cadre de leur stratégie patrimoniale, les bailleurs sociaux tiennent également compte des évolutions sociologiques récentes et procèdent à un rééquilibrage de leur parc en faveur des petits logements T1 et T2.

  • 139 000 logements réhabilités en 2024 (contre 131 000 en 2021).
  • 5,7 Md€ d’investissement en réhabilitation et acquisition-amélioration du parc Hlm, en 2023.
  • 27 % de logements d’une ou deux pièces dans le parc Hlm, et jusqu’à 40 % dans la production Hlm des 5 dernières années. 

Facteur d’impact n°5 : endosser un rôle social via une qualité de service au quotidien

Au-delà de leur mission de gestionnaires de logement, les bailleurs sociaux sont pleinement mobilisés auprès de leurs locataires dans l’aide aux démarches administratives, prévention des impayés, accompagnement rapproché et individualisé des personnes âgées, en situation de handicap ou en insertion : un rôle social majeur. Face aux difficultés croissantes rencontrées par les locataires, les opérateurs Hlm coopèrent avec les territoires et les acteurs associatifs locaux, les forces de l’ordre et la justice. Avec l’aide de médiateurs sociaux, de référents sécurité, du gardiennage nocturne ou encore d’outils techniques comme la vidéoprotection, des dispositifs sont mis en place pour résoudre les problématiques de sécurité rencontrées. Ces dispositifs leur permettent de bénéficier d’abattements fiscaux dans les QPV.

  • 4 gardiens pour 1 000 logements dans le parc social.
  • 77 % des organismes Hlm ont formalisé un engagement qualité.
  • 27 % des effectifs des bailleurs sociaux dédiés à la gestion sociale et à la relation clientèle.
  • 33 % de locataires se déclarant « très satisfaits » de la qualité de leur logement.

Facteur d’impact n°6 : protéger l’environnement et gérer la consommation d’énergie

L’exploitation des bâtiments représente à elle seule, en France, 15,5 % des émissions de gaz à effet de serre*$. Mieux conçus et mieux gérés, les logements sociaux présentent dès lors un fort potentiel d’optimisation en termes de consommation d’énergie et d’émissions. Les organismes Hlm sont fortement engagés dans des politiques de rénovation énergétique et de résilience du parc. Cette transition produit d’ores et déjà des effets positifs tangibles pour les locataires, qu’il s’agisse de l’allègement des factures d’énergie ou de l’optimisation du cadre de vie. Des actions de sensibilisation sont menées en direction des résidents pour une appropriation plus vertueuse de leur habitat.

  • 46 % des logements sociaux en étiquettes « gaz à effet de serre » ABC en 2024 (contre 32 % en 2021) ; 29 % en D (31 % en 2021) ; 25 % EFG (37 % en 2021).
  • 52 % des logements sociaux en étiquettes « énergie » ABC en 2024 (contre 47 % en 2021) ; 32 % en D (33 % en 2021) ; 15 % EFG (17 % en 2021).
  • 113 000 logements sociaux bénéficiaires de travaux d’amélioration énergétique en 2024.
  • 80 000 rénovations menées en 2024 avec un potentiel gain d’au moins une étiquette DPE (105 000 en 2021).
  • Source : https://batizoom.ademe.fr/chiffres-cles/emissions-de-ges

Facteur d’impact n°7 : contribuer à la vie des quartiers

Par leur rôle central dans les opérations de requalification urbaine engagées dans les quartiers, les bailleurs sociaux apparaissent comme des partenaires clés de la transformation des villes. Ils assurent ainsi la continuité du parcours résidentiel dans le cadre des opérations menées au titre du Nouveau Programme National de Renouvellement Urbain (NPNRU) 2014-2025. En association étroite avec leurs partenaires locaux publics, privés ou associatifs, les organismes contribuent à de multiples projets au service de la dynamique des territoires : déploiement d’équipements sportifs, actions culturelles de pied d’immeubles, création d’espaces partagés, dispositifs d’insertion professionnelle pour les jeunes des quartiers prioritaires, etc.

  • 27 M€ d’investissements consentis en 2024 au titre du NPNRU. 448 quartiers concernés.
  • 31 % des logements du parc social situés en QPV.
  • Nombre de logements sociaux validés au titre du NPNRU en 2024 : 105 800 en démolition, 85 200 en reconstruction, 145 300 en réhabilitation.
  • 33 % de locataires estimant, en 2025, que la qualité de vie dans leur quartier s’améliore.

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