Les Epl sont face à un mur d’investissements

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La Note de conjoncture 2025 publiée par la Fédération des élus des Entreprises publiques locales témoigne de la vitalité globale et de la résilience du secteur de l’économie mixte, dans un contexte économique peu favorable. En 2024, les Sociétés d'économie mixte (Sem), Sociétés publiques ­locales (Spl) et Sociétés d'économie mixte à opération unique (SemOp) ont vu leur volume d’activité augmenter et se sont inscrites dans des dynamiques d’investissement soutenues. Mais cette dynamique se révèle encore insuffisante au regard des enjeux inhérents aux transitions économiques, sociales et environnementales.

La Fédération des élus des Entreprises publiques locales (FedEpl) publie chaque année une Note de conjoncture, document de référence, fruit de son activité de veille et de prospective. L’édition 2025 de cette analyse des indicateurs financiers des Epl témoigne du dynamisme et de l’agilité des acteurs du secteur en 2023 et 2024.

Un cycle de croissance prolongé

L’année 2023 avait permis aux Epl de surfer sur la dynamique de croissance engagée en 2022. Avec 8,8 % de croissance et un niveau d’activité record de 19,4 milliards d’euros, cette hausse d’activité avait concerné la quasi-totalité des domaines d’intervention des Epl, surpassant les effets de rattrapage post-Covid. Avec 17,8 % de hausse de leur chiffre d’affaires en un an, les Epl d’environnement et de réseaux (et en particulier celles menant des activités de production et de distribution d'énergie) témoignaient des effets de l’entrée en vigueur de la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte de 2015 et de l’arrivée à maturité de nombreux projets de production d’énergies renouvelables dans les territoires. Les Epl d’habitat, de mobilité et de stationnement, de tourisme, culture et loisirs ou encore de promotion immobilière affichaient également un développement de leurs activités mais dans une moindre mesure.

La croissance globale de l’activité économique des Epl s’accompagnait toutefois d’une baisse de leurs bénéfices. En 2023, 68 % des Epl présentaient un résultat bénéficiaire, soit 6 points de moins qu’un an auparavant. Cela s’explique par une conjoncture peu favorable (haut niveau des prix, durcissement des conditions de financement) mais aussi d’un modèle économique axé sur le long terme et assorti d’importants volumes d’investissements.

En 2024, à la lumière des premières données comptables disponibles, la FedEpl note que les Sem, Spl et SemOp prolongent leur cycle de croissance. Le seuil des 20 milliards d’euros de volume d’activité généré est franchi, et cela dans un contexte pourtant peu propice, avec 1,1 % de croissance en France et des taux d’intérêts toujours élevés.

Sous l’impulsion des Sem d’habitat, des Epl de production et de distribution d’énergie et de celles de gestion d’équipements touristique, de culture et de loisirs, toujours dynamique ou dont la vitalité reste forte, l’économie mixte locale progresse en termes d’activité.

Dans le prolongement de l’exercice 2023, la majorité des ­Entreprises publiques locales amplifie par ailleurs leurs politiques d’investissement, concrétisant les ambitions des collectivités locales qui les mandatent au bénéfice de leurs territoires.

Une situation financière favorable aux investissements

Après une période de normalisation postérieure à la crise sanitaire au cours de laquelle elles ont consolidé leur assise, les Entreprises publiques locales affichent toujours une bonne santé financière en 2024.

L’assainissement de leur situation financière a permis aux Epl de procéder à la relance de leurs stratégies d’investissement. Les acteurs de l’habitat, de la mobilité, du stationnement, de la gestion d’équipements de tourisme, de culture et de loisirs affichent les plus fortes ambitions en la matière. Les collectivités territoriales s’appuient sur l’économie mixte locale pour mettre en œuvre leurs engagements en vue de satisfaire aux objectifs de la stratégie nationale bas-carbone (SNBC).

A l’échelle de la période 2020 à 2024, les niveaux de capitalisation et de fonds propres, mais aussi les montants de trésorerie disponibles sont orientés à la hausse. 

Ces indicateurs à la hausse, résultant soit de l’incorporation de réserves, soit de sollicitations de leurs actionnaires, soit encore de l’arrivée de nouveaux entrants au capital, témoignent de la volonté de ces sociétés de renforcer leur crédibilité auprès de leurs partenaires et investisseurs, et d’améliorer leurs conditions d’accès aux ressources de financements externes. 

L’évaluation par les Epl des différentes composantes de leur santé financière témoigne d’un ressenti plus nuancé. Si 82 % des Epl jugent leur trésorerie disponible suffisante (ce taux grimpe à 88 % pour l’évaluation de leur capacité à rembourser l'endettement), seules 48 % des Epl estiment présenter un taux de marge suffisant.

Les notes financières globales que s’attribuent les Epl varient d’un secteur à l’autre : de 6,7 sur 10 pour les Sem immobilières, secteur le moins bien évalué, à 7 sur 10 dans l’aménagement et l’immobilier d’entreprise (une note qui se dégrade sur un an), 7,3 pour les Epl de tourisme, de culture et de loisirs, note en nette augmentation, ou encore 7,2 pour les Epl de l’environnement et des réseaux, 34% de ces sociétés s’allouant une note supérieure à 9 sur 10.

Des perspectives dégradées pour les prochains mois

Pour 2025, le niveau de confiance des dirigeants d’Epl dans leurs perspectives de court et moyen terme tend à reculer, même s’il reste élevé.

80% des dirigeants d’Epl se disent confiants pour leur entreprise, en baisse de 5 points par rapport à l’année précédente. D’intensité modérée, cette progression de l’incertitude est contrebalancée par une plus forte proportion d’entreprises se disant très confiantes : 21 % en 2024, contre 15 % en 2023.

Parmi les différents facteurs d’influence sur leur niveau d’activité, les Epl accordent une importance particulière au niveau de la demande (60 % d’entre elles lui attribuent une forte influence), dans un contexte marqué par des doutes sur la consommation.

Suivent, dans l’ordre des préoccupations majeures des dirigeants d’Epl, le coût de l’énergie, le niveau des taux d’intérêt, le niveau d’investissement des collectivités territoriales en baisse en fin de cycle électoral et les contraintes juridiques liées au secteur.

L’évolution de ces anticipations est à la fois le reflet des investissements importants ­ programmés par les Entreprises publiques locales et la traduction de la nécessité pour les Epl­ de diversifier leurs sources de­ financement.

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