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Trois questions sur la transition juste à Jean-Marc Pautras du Centre Français des Fondations

Après la Journée européenne des fondations, Jean-Marc Pautras, Délégué général du Centre Français des Fondations, fédération des fondations et des fonds de dotation, revient sur les interactions entre enjeux sociétaux et climatiques, les leviers identifiés par les fondations et leurs actions.

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La Journée européenne des fondations du 30 septembre 2021 avait pour thème "Entre résilience et transformation,quels leviers d'actions pour l'intérêt général ?". Quels sont les leviers identifiés ?

Jean-Marc Pautras, délégué général du Centre Français des Fondations

Une fondation est intégralement tournée vers l’intérêt général. Et afin de répondre à un besoin qui n’est pas couvert par les autres acteurs, elle est souvent source d'innovation sociale. Pour l’édition 2021 de la Journée européenne des fondations, nous avons identifié plusieurs leviers d’actions pour l’intérêt général sur lesquels nous souhaitons mettre la lumière, afin de valoriser l’action des fondations au service des grands enjeux sociétaux et environnementaux. Nous avons donc abordé, par exemple, les thèmes suivants : "Santé et Environnement : mieux connaître pour mieux agir", "Femmes en situation de précarité : innover ensemble pour mieux inclure", "L'économie sociale et solidaire (ESS) comme levier de transformation en faveur d’une société plus solidaire" ou encore "Changement systémique : que peuvent faire les fondations ?".

Tous ces leviers s’inscrivent dans un constat : il faut s’intéresser aux enjeux environnementaux et sociétaux de manière concomitante et donc comprendre les différentes interactions entre les causes. On parle d’impacts croisés. Agir sur une thématique très précise, décorrélée des autres est devenue très difficile pour les fondations. 

C’est le sens de la Fondation « Une santé durable pour tous », qui travaille en reliant la santé, l’alimentation, le bien-être animal et l’environnement. Cette prise de conscience des interactions remonte à une bonne dizaine d’années. L’impulsion est venue de fondations engagées pour le climat, comme par exemple la Fondation Nicolas Hulot, ou pour une cause nécessitant d’intégrer le climat dans leurs actions. Celles-ci ont constaté sur le terrain l’impact du changement climatique dans la sphère sociale et sociétale. Ainsi la Fondation Plan International a relevé que les actions pour éduquer les jeunes filles étaient de plus en plus difficiles à mettre en œuvre car le temps d’acheminement de l’eau au village s’allongeait.

Ce que vous appelez prise en compte d’impacts croisés peut aussi relever d’une dénomination : la transition juste. Quelles sont les actions concrètes hébergées par le CFF ?

Le CFF a créé en novembre 2020 la Coalition des fondations françaises pour le climat (CFFC) qui regroupe les 115 signataires d’un manifeste. Ces 115 signataires, qui vont de la petite à la très grande fondation, souhaitent mobiliser l’écosystème des fondations en faveur du climat, quelles que soient leurs spécificités. Cette mobilisation, impulsée par la Fondation Carasso et la Fondation de France, se traduit par des engagements de progression dans les pratiques des signataires et la prise en compte du climat dans leurs distributions de financements ou leurs placements de fonds. Ce n’est pas anecdotique, car les actifs de fonds des fondations représentent tout de même un peu plus de 29 milliards d’euros. Au sein de la CFFC, un groupe de travail planche pour définir ce que veut dire investir en faveur du climat et produire un guide pratique dédié. On peut envisager aussi à terme des supports d’investissements mutualisés. Un bilan est prévu en novembre 2021, qui permettra, nous l’espérons, de définir les indicateurs pertinents.

Pour vous, en quoi La Banque Postale est un partenaire légitime dans cette approche des impacts croisés au service de la transformation ?

La Banque Postale, partenaire du CFF et de la Journée européenne que nous évoquions plus haut, est une banque avec un ADN particulier, intégrant l’intérêt général et une banque des territoires. Ce sont deux éléments forts, portés aussi par les fondations. Cela qualifie particulièrement cette banque pour accompagner les fondations qui par nature ont un enjeu financier conséquent et spécifique, car par définition une fondation est « une affectation irrévocable de moyens au profit d’une cause d’intérêt général ». Cela sous-tend des sujets de transferts d’argent ou de capitalisation et donc la nécessité de s’appuyer sur des partenaires financiers soucieux de bien comprendre les enjeux. En cela, La Banque Postale joue un rôle complet, en nous soutenant et en participant aussi à nos travaux.

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