Manque de trésorerie : 38 % des associations employeuses sans solution financière
Début avril 2025, le Mouvement associatif révélait les résultats d’une enquête menée entre la mi-février et la mi-mars auprès d’associations de toutes tailles et activités sur leur situation financière. Le constat est inquiétant notamment en matière de trésorerie. Ainsi :
- près d’un tiers des associations employeuses (31 %) indique disposer d’une trésorerie inférieure à trois mois, ce qui les rend particulièrement vulnérables ;
- un autre tiers (30 %) a une trésorerie inférieure à six mois ;
- et, que ce soit de manière ponctuelle (31 %) ou récurrente (23 %), ces mêmes associations signalent des problèmes de trésorerie.
Cette fragilité concerne tous les secteurs d’activité : loisirs, sport, éducation / formation / insertion, activités économiques, défense des droits et des causes, culture, action caritative / humanitaire / sociale /santé.
Pour répondre financièrement à ces problématiques, 61 % des associations employeuses indiquent se tourner vers la négociation et/ou pour 35 % d’entre elles vers des emprunts bancaires ou bien encore le financement Dailly (20 %).
Mais surtout, 38 % des associations employeuses demeurent sans solution de ce type. Nombre d’entre elles recherchent donc des dons, du mécénat, des financements privés ou publics.
Fonds propres et subventions : une certaine fragilité
Ces données qui illustrent, selon Le Mouvement associatif, « la mise sous tension des budgets associatifs, notamment en raison des décalages budgétaires, et soulignent la grande vulnérabilité économique des associations »*$ conduisent par exemple à la mobilisation de leurs fonds propres. Or, 69 % des associations employeuses déclarent que le montant de leurs fonds propres est fragile ou nul.
En mars 2025, une certaine incertitude présidait dans les discussions relatives aux subventions. Mais il ressortait surtout une hausse des refus de dossiers de subventions ou des baisses de financements notamment dans les secteurs de l’action caritative, humanitaire et social et de la santé (23 %), du sport (19 %) et de la culture (17 %). Ainsi, parmi les associations se déclarant concernées par l’arrêt des contrats adultes relais ou la réduction des aides à l'emploi, 48 % évoquent la coupe de subventions par un financeur.
Communiqué de presse Le Mouvement associatif, 9 avril 2025
Réduction d’activité et gel des recrutements
Toutes ces considérations ont, pour 67 % des associations employeuses, un impact négatif sur l’activité de leur structure, qui se traduit par :
- une diminution de leurs activités (27 % d’entre elles) voire une annulation de certaines (15 %) ;
- une révision globale du projet associatif (15 %) ;
- une augmentation des cotisations ou de la participation des usagers (14 %) ;
- un report de leurs investissements (13 %).
Mais pour les structures employeuses, le principal levier d’ajustement reste la réduction des dépenses en ressources humaines. Ainsi :
- 18 % ne remplacent pas les départs de salariés ;
- 16 % annulent ou retardent leurs recrutements ;
- 8 % mettent en place un plan de sauvegarde de l’emploi ou procèdent à des licenciements économiques ;
- 7 % ne remplacent pas les départs temporaires.
Trois solutions financières à considérer
Banque citoyenne, La Banque Postale a à cœur d’accompagner au mieux les associations et les fondations, acteurs clés de notre société, dans ce contexte difficile.
- Ainsi, le prêt social a été pensé pour soutenir leurs projets d’investissement. Ce dispositif, auquel les associations et fondations sont par nature éligibles, est corrélé à un projet spécifique de l’association ou de la fondation, projet qui peut porter sur de l’immobilier ou des équipements nécessaires à son activité (en savoir plus sur les projets éligibles). Aussi souple qu'un financement classique, le prêt social permet de soutenir les activités à utilité sociale tout en inscrivant les associations et fondations dans un financement responsable d’amont en aval (lire notre article sur le prêt social).
- Le prêt vert est aussi à considérer pour les projets relevant d’une démarche RSE : pour un exemple de prêts verts en soutien des projets d’extension immobilière et d’installation de panneaux photovoltaïques de l’École d’Ingénieurs de Purpan, lire notre article .
- Enfin, pour celles qui pâtissent d’un retard dans le versement des subventions accordées, l’avance sur subventions est la solution pertinente pour améliorer leur trésorerie : l’exemple de l’association Les Flammes Carolo Basket est à ce sujet très éclairant.