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L’emploi associatif sanitaire et social : le calme avant la tourmente ?

Coproduit par l’Uniopss et le réseau Recherches & Solidarités, la dernière édition (2019) du bilan de l’emploi associatif sanitaire et social montre une stabilisation des effectifs dans les associations et fondations du secteur. Soit un aperçu du paysage d’avant la crise sanitaire.

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S’appuyant sur les déclarations d’employeurs auprès des organismes collecteurs (ACOSS-URSSAF pour le régime général et MSA pour le régime agricole), le bilan de l’emploi associatif sanitaire et social montre, fin 2019, une situation stabilisée. Cela à la veille de la crise sanitaire qui fait craindre une destruction massive d’emplois dans le secteur.

Le périmètre de ce dernier recouvre :

  • Les établissements du champ de la santé (activités hospitalières, activités de pratique médicale et paramédicale…) ;
  • Les activités d’hébergement médico-social à caractère médicalisé ou social ;
  • Les activités sociales sans hébergement destinées à divers publics : adultes ou enfants handicapés, personnes âgées, jeunes enfants, adolescents, aide à domicile, aide par le travail…

Une situation de l’emploi qui résulte de plusieurs années d’accalmie

Le secteur sanitaire et social privé non lucratif comptait, fin 2019, 35 446 établissements employeurs. Avec 1,128 million de salarié(e)s, les fondations et associations du secteur totalisent 58% de l’emploi du secteur privé non lucratif et également 58% du total de la masse salariale du secteur.

Après une décennie de croissance continue (+ 7,5% entre 2009 et 2018 pour le nombre d’emplois), l’année 2019 voit les effectifs du secteur se stabiliser : + 0,1% par rapport à 2018.

Santé : l’emploi ne progresse plus

La progression des effectifs du secteur sanitaire ralentit, à +0,2%, contre +0,5% et +0,7% lors des deux années précédentes. Les près de 4 000 établissements de santé de l’Hexagone comptent 167 000 salariés. La masse salariale distribuée dans le secteur de la santé représente plus de 21% de l’ensemble privé non lucratif sanitaire et social, pour seulement 14,8% en nombre de salariés.

Dans le domaine de l’hébergement médicalisé, la situation de l’emploi tend à se stabiliser, avec -0,1% de baisse en 2019 contre -0,5% en 2018. Avec 3 800 établissements employeurs, le secteur concentre néanmoins davantage de salariés que celui des établissements de soin : plus de 200 000. C’est en effet dans ce secteur que les effectifs par établissements sont les plus nombreux : 52,5 salariés en moyenne par établissement.

Hébergement social : une hausse significative et circonscrite de l’emploi

Porté par l’hébergement des personnes en difficulté (enfants, adultes, familles, toxicomanes), le segment voit ses effectifs progresser de +0,9% en 2019. Avec 28 emplois en moyenne par établissement, le secteur est constitué de plus petites unités. Il totalise plus de 191 000 emplois, dans 6 800 établissements employeurs.

Action sociale sans hébergement : des évolutions contrastées

Ce secteur est le premier employeur privé non lucratif du médico-social, avec 570 000 salariés répartis dans près de 21 000 établissements. L’aide à domicile concentre à elle seule 30% des effectifs salariés du segment, mais poursuit le net repli engagé dès 2017, à -1,8% en 2019.

Par contraste, les effectifs progressent notoirement dans le domaine de l’accompagnement des personnes âgées (+ 1,3%), ainsi que dans les services d’accueil et d’accompagnement des enfants et adolescents (+ 2,3% et +2,7%).

Des mécanismes amortisseurs de crise… jusqu’où ?

Le maintien des subventions au secteur du médico-social et le jeu des mécanismes de tarification ont jusqu’ici permis de maintenir à flot le secteur sanitaire et social.

Cela en dépit de la crise économique naissante. Le soutien ainsi apporté à la filière aura permis de préserver des emplois qui, en première ligne sur le front du COVID-19, auront montré leur importance stratégique pour le pays.

Comment la situation de l’emploi va-t-elle évoluer en 2020 ? L’incertitude est sur ce point bien présente. En septembre 2020, l’UNIOPSS annonçait redouter « une destruction massive d’emplois ». Cette interrogation rejoint l’inquiétude exprimée par les professionnels du secteur à la sortie du confinement(1), un quart des responsables du secteur sanitaire et social craignaient alors que leurs associations ne soient pas en capacité de maintenir leurs effectifs.

Et les bénévoles ?

Les bénévoles jouent un rôle crucial dans le quotidien des structures privées non lucratives. Une enquête menée en 2019 par l’IFOP pour France Bénévolat et Recherches & Solidarités a évalué à 12,5 millions de personnes le nombre de bénévoles mobilisés au plan national. Parmi ces derniers, 28% interviennent dans le domaine social caritatif, et environ 10% dans le champ de la santé.

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(1) Source : Enquête du Mouvement associatif et du Réseau national des maisons d’associations, traitement Recherches & Solidarités, en partenariat avec France Générosités et le CNEA – mai-juin 2020 (12 248 répondants).