Son métier : loger les classes moyennes, touchées par la flambée des loyers

Guillaume Hamelin, directeur général d’In’li, filiale d’Action Logement, met tout en œuvre pour accompagner les classes moyennes grâce à ses logements intermédiaires.

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Guillaume Hamelin, directeur général d'In'li Aura, à Lyon

Comment se loger en ville lorsqu’on est jeune salarié ou parent d’un premier enfant, et qu’on n’a pas les moyens de payer un loyer élevé ou de devenir propriétaire ? La réponse s’appelle le « logement intermédiaire » : une catégorie d’habitations aux loyers réglementés, plus chers qu’un logement social, mais 10 à 15% inférieurs à une location classique. Leurs propriétaires bénéficient d’une fiscalité réduite, et leurs locataires ne doivent pas dépasser un certain niveau de ressources. En Auvergne-Rhône Alpes, le principal acteur de ce segment s’appelle In’li Aura. Cette filiale d’Action Logement (qui gère la Participation des employeurs à l’effort de construction, l’ancien « 1% logement ») dispose de 7 800 logements dans la région, surtout dans les zones où le marché de l’immobilier est le plus tendu : l’agglomération lyonnaise, le pays de Gex, Annemasse, Annecy, Chambéry… 

« En moyenne, un logement locatif privé y coûte 12 euros du mètre carré. Dans notre cas, nous louons plutôt autour de 10,5 euros, décrit Guillaume Hamelin, le directeur général d’In’li Aura. Sur une année, pour un appartement de 65 m2, cela peut représenter quasiment un mois de salaire d’économie». Né après la guerre, le logement intermédiaire a été déserté dans les années 1990 par les grands investisseurs comme les banques et les assurances, qui jugeaient la rentabilité insuffisante. « Puis, dans les années 2000-2010, le marché immobilier a connu une forte croissance, avec 200% de hausse en 10 ans dans les grandes métropoles, raconte Guillaume Hamelin, qui a longtemps dirigé une société de logement social avant de prendre les rênes d’In’li Aura. Là, on s’est aperçu que l’offre manquait pour les classes moyennes. C’est particulièrement vrai dans notre région, où la démographie est très dynamique et où le parc de logements neufs peine à se développer. » Le Groupe Action Logement, poussé par les partenaires sociaux qui le gouvernent, décida alors de réinvestir ce segment, d’où la création d’In’li Aura en 2018 par le regroupement de plusieurs sociétés plus petites. Depuis, forte d’une centaine de salariés pour 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, la société produit 600 nouveaux logements par an, sans compter les rénovations du parc existant. La crise sanitaire a un peu ralenti cette cadence. « Lors du premier confinement, nous avons dû arrêter pendant deux mois les visites, d’où un petit creux dans notre chiffre d’affaires », témoigne Guillaume Hamelin. La crise a aussi interrompu les chantiers, qui ont repris de façon très progressive, ce qui a décalé les livraisons de plusieurs mois. » In’li Aura a également constaté une petite hausse des impayés, certains locataires rencontrant des difficultés du fait de la crise. « Et au printemps 2020, nous avons aussi été attentifs à nos occupants de plus de 65 ans, qui pouvaient souffrir d’isolement. Nous avons alors mis en place une campagne d’appels hebdomadaires, pour s’assurer que tout allait bien. » 

Pour mener à bien ses importants investissements de 120 millions d’euros par an, la société compte sur ses fonds propres, mais aussi sur l’emprunt. La Banque Postale y contribue. « Il y a 3 ans, nous voulions élargir notre partenariat bancaire pour répondre à nos besoins de financement, indique Guillaume Hamelin. Nous avons trouvé à La Banque Postale des interlocuteurs intéressés par notre métier, qui ont su comprendre notre modèle économique basé sur le long terme. Aujourd’hui, nous travaillons très régulièrement ensemble pour financer des opérations. »

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