La labellisation, source de confiance et vecteur de pérennité pour les associations et fondations faisant appels aux dons.

La confiance vis-à-vis d’une association est essentielle. Or, en 2020, celle-ci est en recul de 16 %. Obtenir un label reconnu peut contribuer à la réassurance des donateurs et ce n’est pas là le seul bénéfice.

  • #dons
Lecture 4 min

Recul de la confiance : pourquoi et comment y remédier

Nathalie Blum, directrice générale du Don en confiance.

« Notre étude annuelle relève pour la première fois en 12 ans un recul majeur, de 16%. Avec la crise sanitaire qui a fortement mobilisé le secteur associatif, les donateurs ont été plus nombreux, et heureusement ! Mais les sollicitations de la part d’acteurs sérieux, et d’autres qui l’étaient moins, ont pu susciter du doute, d’autant que les retours sur l’utilisation des dons n’interviennent que dans un second temps. » avance Nathalie Blum, directrice générale du Don en confiance, l’un des deux labels associatifs, avec IDEAS, les plus reconnus. « La réassurance repose sur trois piliers : le contrôle, la transparence, avec notamment la mise à disposition d’information sur l’utilisation des dons, et enfin une action menée avec rigueur ». Une labellisation peut aider en la matière.

Le label, facteur de confiance et donc de pérennité

Un label reconnu, tel que celui du Don en Confiance, constate des bonnes pratiques au sein de l’organisation concernée et un fonctionnement optimal au regard de sa mission sociale. Cela permet de lever le premier frein au don, le manque de confiance et peut aussi jouer sur le recrutement de néo-donateurs : chez les moins de 25 ans, l’impact du label est encore plus fort que chez leurs aînés. Un élément à ne pas négliger puisque la hausse de la générosité constatée en 2020 est avant tout le fait de multi-donateurs et non de néo-donateurs. Plus généralement, « la confiance est un bien précieux, un actif immatériel, qui permet les dons mais aussi le bénévolat ». De plus, le label contribue à la pérennité de la structure car il s’accompagne d’un travail en profondeur de l’association ou de la fondation accompagné par l’émetteur du label 

Le label, une co-construction en continu

Créé en 1989, le label Don en confiance s’inscrit dans une démarche globale de qualité visant à faire progresser le secteur de l’appel aux dons. « Notre mission est d’assurer la confiance du donateur. Nous avons déterminé des règles déontologiques. Nous les partageons pour favoriser un travail professionnel et nous nous assurons de leur respect pour délivrer notre label. ». Une évidence : le processus de labellisation requiert que l’organisation soit suffisamment structurée en interne pour franchir les étapes. Au sein du Don en confiance, cela commence par un examen préalable de la demande.

Vient ensuite l’instruction du dossier, par « deux contrôleurs indépendants et bénévoles qui passent en revue l’application de notre cinquantaine de règles. C’est une démarche dynamique qui conduit à une mise en niveau de l’organisation. Cela passe par la mise en œuvre de pratiques utiles à l’organisation, comme par exemple la cartographie des risques, et parfois par le passage d’une culture de l’oral à une culture de l’écrit ». Il faut donc une volonté des instances et une disponibilité des directions opérationnelles. Après cette phase d’instruction qui dure en moyenne un an, les instructeurs présentent leur rapport à une commission d’agrément. Si le label Don en Confiance est délivré, l’association entre alors dans un contrôle continu avec un rapport annuel et un renouvellement de label tous les trois ans.

Bon à savoir

Si certaines organisations sont exclues par principe du fait de leur activité, politique ou syndicale par exemple, il n’y pas de critère lié à la part des dons dans le budget, ces organisations sont éligibles du moment qu’elles sont d’intérêt général.

Comment communiquer autour du label ?

Il convient d’apposer le label sur tous les appels à don : « Les multi donateurs connaissent le label, et cela induit à leur égard une réassurance forte » souligne Nathalie Blum qui invite de plus l’association labellisée à le mettre sur son site « en expliquant ce qu’il implique, et en communiquant sur son renouvellement ». Enfin les organisations labellisées doivent rendre compte aux donateurs : « tous les ans, après l’approbation des comptes en assemblée générale, pour expliquer leur mission sociale, leur modèle économique, leur politique de réserve, présenter leurs activités de l’année, tout en étant pédagogique et synthétique ». Parce que la confiance est un bien collectif, le Don en Confiance met à disposition de toutes les associations et fondations un guide permettant de réaliser ce compte rendu, baptisé l’Essentiel. Une démarche de transparence essentielle pour rassurer les donateurs !

À lire également