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À Saint-Tropez, l’expérimentation de Subzen porte ses fruits

La ville de Saint-Tropez est, avec 4 000 habitants l’hiver et plus de 100 000 l’été, la 2e destination touristique de France après Paris. La commune fait partie des collectivités pilotes pour le lancement de l’offre Subzen de La Banque Postale, un accompagnement à l’obtention de subventions. Retour d’expérience de Benoît Ravix, directeur général des services de la commune.

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Portrait de Benoît Ravix

Nous n’avons pas souhaité cibler les financeurs à prioriser et laissons donc carte blanche à La Banque Postale.

Benoît Ravix — Directeur général des services de la commune.

Vous êtes entré en fonction comme DGS de la ville de Saint-Tropez en janvier 2022. À partir de votre expérience sur des fonctions similaires, quels constats dressez-vous en matière d’obtention de subventions ?

Benoît Ravix : Dans mes anciennes responsabilités de DGS de la commune de Megève, j’avais déjà été confronté à la question du poids des subventions externes dans le financement des projets. J’avais alors fait trois constats. Le premier est qu’il est crucial de capter très en amont les informations relatives aux dispositifs de subventionnement existants, pour être dans les clous des attentes des financeurs.

Second enseignement : la recherche de subventions gagne à être confiée à un professionnel spécialement recruté à cette fin. À Megève, le résultat a été spectaculaire : en l’espace de 18 mois, le total des subventions captées a été multiplié par 2,5.

Enfin troisième constat : une intercommunalité forte et structurée dans le champ de la recherche de subventions fait une grosse différence. La plupart des dossiers de demande de financement soumis à l’État et à l’Europe doivent d’ailleurs transiter par une intercommunalité et c’est souvent le cas lorsqu’on sollicite les Régions, notamment dans le cadre des Plans État-Région.

En quoi le contexte actuel vous paraît-il légitimer le lancement de l’offre Subzen, l’offre d’accompagnement de La Banque Postale à la recherche et à la gestion des subventions ?

Benoît Ravix : Les dotations de fonctionnement versées par l’État n’ont cessé de baisser depuis 5 ans. À Saint-Tropez comme à Megève dans mes précédentes fonctions, le manque à percevoir atteignait -300 % sur la période : un recul qui n’a pas été compensé par les dotations de soutien à l’investissement, ou que partiellement et seulement fin 2021 suite à la crise sanitaire.

La recherche de subventions est donc devenue un enjeu crucial pour les collectivités du bloc communal. Cela dans un contexte où le niveau d’exigence augmente quant à la qualité des projets présentés et à la technicité des prévisionnels à fournir. Le niveau de contrôle exercé a posteriori sur les projets financés augmente lui aussi : le moindre euro versé doit être justifié et le niveau d’exigence de l’État et de la Région rejoint peu à peu celui de l’Union européenne.

Quelle était la situation de Saint-Tropez à la veille de l’expérimentation à laquelle vous participez ?

Benoît Ravix : À Saint-Tropez, la dynamique de recettes est, avec l’activité portuaire et les parkings touristiques, bien supérieure à celle d’une commune non touristique. La raréfaction des dotations d’investissement était donc moins prégnante a priori. La nouvelle équipe municipale était animée par une maire fraîchement élue conseillère régionale, sans connaissance approfondie des arcanes de la Région. Et si la Direction financière centralisait et coordonnait les demandes et notifications de subventions, chaque directeur de service gérait ses propres dossiers de demande. Malheureusement du fait de leur charge de travail, en particulier en saison, la chasse aux subventions n’était pas une priorité.

Résultat : le subventionnement plafonnait à des niveaux se situant entre 200 000 et 500 000 euros par an - pour un budget annuel consolidé de plus de 100 M€ - donc largement insuffisants. En découlait un fort recours à l’emprunt, avec une dette de 48 M€, témoignant d’une situation financièrement tendue.

Or le projet de mandat de la nouvelle équipe municipale s’articule autour de gros projets en faveur de la population locale pour 50 M€ d’investissements, le non-recours au levier fiscal, l’amélioration du service rendu à l’usager et le souhait de faire passer l’endettement sous la barre des 40M€ en 2026. Même en dégageant 7 M€ d’autofinancement par an – ce qui est très honorable – le compte n’y est pas.

D’où la décision, pour optimiser notre recours aux subventions, d’expérimenter l’offre Subzen. Cela pour une année, afin de tester le dispositif et s’interroger sur le lancement ultérieur d’un marché pluriannuel.

À quels besoins de la Ville répond l’offre Subzen ?

Benoît Ravix : Aujourd’hui, un nombre croissant de nos partenaires financiers forfaitisent leurs subventions. C’est notamment le cas du Département. Nous souhaitons sortir de cette logique de guichet pour entrer dans une logique de financement de projet. Avec Subzen, la logique de projet de nos demandes de subventions apparaît plus clairement et elle est mieux défendue.

Nous n’avons pas souhaité cibler les financeurs à prioriser et laissons donc carte blanche à La Banque Postale. L’équipe Subzen dédiée, sous la responsabilité de Thomas Barbe, effectue un gros travail consistant à repérer les bons appels à projets, à identifier les bons interlocuteurs dans chaque strate, à tisser du réseau : autant de tâches hors de la portée d’une collectivité de 400 agents, pauvre en expertise dans ces domaines.

Quels sont les projets ciblés pour cette première année de prestation ?

Benoît Ravix : Nous avons sélectionné quatre opérations, dont celle de création de deux zones de mouillage d’équipements légers pour un budget de l’ordre de 3M€ HT. Nous visons 40 % de subventionnement sur ces 4 projets spécifiques.

Au terme de 8 premiers mois de collaboration, êtes-vous satisfait de l’accompagnement proposé par La Banque Postale ?

Benoît Ravix : Le Comité de Pilotage réuni en présence de Mme la Maire et de différents élus, mais élargi également aux directeurs de service, a été l’occasion d’un vrai brainstorming sur la question des subventions, exercice auquel nous ne nous prêtons jamais habituellement. Une véritable réussite. Les experts de La Banque Postale ont eu l’intelligence de vulgariser et transmettre l’information, un parti-pris particulièrement judicieux. L’un des bénéfices de l’expérience – et non des moindres – est donc le changement de culture observable dans les services sur l’importance de la subvention externe dans le montage de chaque projet.

Quelle est la plus-value de l’offre par rapport au support offert par la plateforme « Aides-territoires » créée par l’État ?

Benoît Ravix : Ce site, qui référence les aides disponibles pour financer et accompagner les projets des collectivités, est très riche. Mais il est trop exhaustif. Des plans de soutien et des appels à projets, il en sort tous les jours. L’information doit être triée, mise en perspective.

Avec Subzen, la ville dispose d’une garantie sur la qualité de l’information récoltée, qui est triée, et sur le montage des dossiers.

Quels sont vos objectifs de moyen terme concernant le subventionnement des projets communaux d’investissement ?

Benoît Ravix : À moyen terme et à l’échelle globale du projet de mandat, notre objectif est de tripler le montant des subventions reçues. Avec Subzen, cet objectif est à notre portée à moyen terme. Nous réalisons que si Subzen allège notre charge de travail à très court terme, l’offre est particulièrement intéressante dans la durée : un réseau de financeurs, cela se construit dans le temps. Du fait de son coût modéré, l’offre Subzen fait partie des rares dépenses de fonctionnement rentables.

Nous envisageons donc sérieusement de renouveler l’expérience, autour de 3 ou 4 nouveaux gros projets et pour une durée de 3 ans, durée cohérente pour un retour maximal sur investissement.

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