"L’identification d’un cycle de trésorerie, l’existence ou non d’une trésorerie pérenne, permettant une projection des montants à placer sur quelques mois, un an, deux ans."
Richard Gélis, Expert Placements de La Banque Postale
Dans un contexte de ressources financières moindres, et particulièrement de recul des financements publics*$, « l’optimisation de la trésorerie disponible pour générer des produits financiers complémentaires relève d’une bonne gestion, reconnaît Richard Gélis, mais elle doit se faire dans l’optique d’identifier les solutions adaptées aux besoins et aux usages de l’entité en tenant compte des contraintes de liquidité. Le seul critère du rendement affiché, certes important, ne suffit généralement pas pour bâtir sa stratégie de placement. »
Définir les horizons de placements possibles
Le premier temps d’analyse doit porter sur « l’identification d’un cycle de trésorerie, l’existence ou non d’une trésorerie pérenne, permettant une projection des montants à placer sur quelques mois, un an, deux ans, précise Richard Gélis. Cette analyse peut révéler que le surplus de trésorerie dont dispose l’association est susceptible d’être consommé à court terme. Celle-ci a donc une capacité de s’engager limitée : il convient alors de faire primer la liquidité sur la maximisation du rendement dans ses placements. » En formalisant un plan de trésorerie, des enveloppes avec des horizons différents peuvent aussi apparaître : une première couvrant les besoins quotidiens et dont les fonds ne peuvent être placés ; une seconde susceptible d’être ponctionnée à court terme, ce qui ouvre la voie à des placements à six mois ou un an et une réserve “historique“, éligible donc aux placements à plus long terme.
Le moyen terme désormais plus intéressant que le court terme
« Cette analyse fine du cycle de trésorerie et l’arbitrage qui en découle permettent aux conseils financiers d’identifier les outils de placements les plus adaptés et d’apporter des éclairages judicieux, assure Richard Gélis. Cela est d’autant plus nécessaire que le contexte des taux d’intérêt a évolué ces dernières années. En 2024, le court terme était particulièrement attractif ; aujourd’hui les rendements offerts à moyen et long terme sur des placements de nature obligataire - de l’ordre de 3 à 4 % bruts - présentent des niveaux nettement supérieurs à ceux à court terme : 2 % bruts environ. Pour les associations qui disposent d’une trésorerie pérenne, profiter d’une courbe des taux pentue fait donc sens. » Un changement de perspective qui n’est pas facile à adopter selon l’expert car « les associations se sont habituées aux placements à court terme qui ont le double avantage d’être faciles à mettre en place et souvent liquides. »
« À moyen ou long terme, privilégier des placements obligataires*$ est un bon moyen de mixer la recherche de rendement et une prise de risque limitée*$, mais il faut pouvoir rester jusqu’à l’échéance. À défaut, en cas de sortie anticipée, on s’expose au risque de taux.*$ »
Faire un placement obligataire signifie prêter de l'argent à l'émetteur de l'obligation ou dette, généralement pour une période déterminée, à un taux d'intérêt convenu, et payé régulièrement. Il y a des obligations d'État et des obligations d'entreprises.
Tout investissement doit s’effectuer en fonction des objectifs d’investissement, de l’horizon d’investissement, de l’expérience et de la capacité à faire face aux pertes de l’investisseur. Tout investissement financier comporte des risques (de marché, de liquidité, de change, de gestion, de perte en capital) pouvant se traduire par des pertes financières.
Ce risque est lié au fait qu’il n’existe pas de garantie sur le prix de cession de l’obligation à taux fixe en cours de vie. Le cours de l’obligation évolue en fonction de la qualité de l’émetteur, de la liquidité du marché et surtout du niveau des taux d’intérêt. Or, avant son échéance, la valeur d’une obligation varie en sens inverse des taux d’intérêt : elle monte si les taux baissent et vice-versa. L’association peut donc perdre de l’argent en cas de revente d’une obligation avant son échéance alors que les taux d’intérêt ont monté depuis son achat (Source AMF)
Intégrer une dimension fiscale dans la stratégie de placements
Les produits financiers générés par les placements des associations ont la particularité de bénéficier d’un traitement fiscal différencié en fonction de la nature du placement considéré.
C’est pourquoi Richard Gélis recommande de « bien prendre en compte la dimension fiscale dans le choix des placements, qu’il s’agisse de court, moyen ou long terme. À titre d’exemple, sous réserve pour l’association de satisfaire aux conditions de non-lucrativité*$, les intérêts d’un compte à terme sont fiscalisés alors que les plus-values de cession des organismes de placement collectif (OPC) ne le sont pas*$. Avec également des niveaux d’imposition différents selon la nature du produit ou encore selon le mode de versement des intérêts. »
En conclusion, « le rendement brut facial des placements ne suffit pas pour asseoir une stratégie : l’association doit travailler ce sujet en tenant compte de ses besoins, des qualités propres de chaque outil et de leur efficacité une fois la fiscalité déduite tout en restant évidemment dans un univers de risque limité. Les experts de La Banque Postale les accompagnent dans cette démarche. »
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Le client est invité à consulter ses propres conseils juridiques, fiscaux, financiers, comptables et tout autre professionnel compétent, afin de s’assurer que les opérations envisagées sont conformes à ses besoins au regard de sa situation, notamment financière, juridique, fiscale ou comptable. Tout investissement doit s’effectuer en fonction des objectifs d’investissement, de l’horizon d’investissement, de l’expérience et de la capacité à faire face aux pertes de l’investisseur. Tout investissement financier comporte des risques (de marché, de liquidité, de change, de gestion, de perte en capital) pouvant se traduire par des pertes financières.