Interview

La Banque Postale reste le premier prêteur bancaire des hôpitaux publics en 2021

La publication de l’Observatoire Finance Active 2022 de la dette est l’occasion de faire le point sur le recours et les conditions d’emprunt des hôpitaux avec Leticia Hachem, Responsable du Marché de la Santé à La Banque Postale.

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Publication de référence pour les emprunteurs publics, l’Observatoire Finance Active est, chaque année, l’occasion d’une analyse des conditions d’emprunt consenties aux établissements de santé. Pouvez-vous nous en résumer les enseignements ?

Leticia Hachem : L’Observatoire Finance Active de la dette 2022 analyse le stock de dette et le flux d’emprunts souscrits par un panel de près de 310 établissements de santé, représentant 2/3 du total de la dette hospitalière.

Les conditions d’emprunt sont restées très clémentes en 2021 pour un secteur hospitalier encore « concentré sur sa gestion de crise », avec notamment un « plus bas » historique pour les taux d’intérêt et des durées d’emprunt exceptionnellement longues.

Pouvez-vous nous en dire plus sur les conditions et les volumes d’emprunt sur le panel Finance Active ?

Leticia Hachem : Premier constat, le recours à l’emprunt est en hausse de 18,1 % sur l’année 2021. Les centres hospitaliers universitaires‑régionaux (CHU-R) et les centres hospitaliers de plus de 150 millions d’euros de budget totalisent à eux seuls plus de 88,3 % des volumes souscrits.

S’agissant des conditions, la baisse des marges appliquées par les banques et le maintien des taux de marché à des niveaux performants ont permis aux taux d’intérêt moyens d’atteindre un nouveau point bas en 2021, à 0,81 %. Un record. Ce sont les ESPIC (établissements de santé privés d’intérêt collectif) qui ont bénéficié en 2021 des conditions de taux les plus favorables (0,52 %).

Les taux moyens de la dette hospitalière, en baisse continue depuis 8 ans, ont poursuivi leur décrue en 2021. Ils ont atteint 2,36 %, soit une baisse de 17 points sur l’année. La durée de vie du stock de dette des établissements hospitaliers se stabilise autour de 15 ans.

Les emprunts souscrits en 2021 le sont très majoritairement à taux fixe (à 88 %). Mais les emprunts à taux variables, profitant de marges faciales appliquées à l’Euribor en forte baisse, ont vu leur part progresser, de 4,2 % des opérations en 2020 à 8,8 % en 2021.

Enfin, la durée des nouveaux emprunts s’accroît sur 2020-2021, de 19,7 ans à 21,5 ans en moyenne.

Assiste-t-on à une diversification des sources de financement ?

Leticia Hachem : Le financement bancaire reste la première source de financement mobilisée par les établissements de santé : 55,6 % des nouveaux flux en 2021.

Toutefois, le recours au financement obligataire dans le secteur hospitalier a augmenté en volume. Il a ainsi représenté 40,9 % du financement long terme en 2021. Les établissements opèrent ainsi une diversification de leurs prêteurs, tout en bénéficiant de liquidités pour des besoins rapides, sans phase de mobilisation.

Fin 2021, la part du financement obligataire atteint 18,4 % de l’encours global, et 34,6 % de celui des CHU-R.

Dans un contexte de taux négatifs, le volume d’émissions obligataires du secteur a été multiplié par 2,5 en un an. Il faut néanmoins y voir, selon Finance Active, un effet d’opportunité sur une majorité d’émissions de court terme (inférieure à 2 ans), partiellement décorélée des besoins réels de financement.

Comment se situe La Banque Postale sur le secteur de la Santé ?

Leticia Hachem : En partenariat avec la SFIL, La Banque Postale reste le principal acteur bancaire pour les nouveaux financements du secteur hospitalier avec une part du marché bancaire de 42,8 % et la part du marché global de 21,1 %. 

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