Covid-19 : Les entreprises en faisant preuve de solidarité ont consolidé la France
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Covid-19 : Les entreprises en faisant preuve de solidarité ont consolidé la France

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Multinationales comme LVMH ou L’Oréal ou plus petites telles Le Slip Français ou les Parapluies de Cherbourg, les entreprises françaises ont modifié leurs activités pour répondre aux besoins de la collectivité face aux enjeux du Covid-19. Spontanées, conjointes, concertées, ces initiatives ont aidé les individus, les institutions, le pays. Et peut-être dans un proche avenir ces entreprises mêmes ?

A l’occasion de la crise sanitaire, de nombreuses entreprises ont spontanément fait preuve de solidarité nationale. Dons de masques, de gel aux soignants et personnels prioritaires ou bien livraison gratuite de repas illustrent bien cette cohésion. Certaines structures ont franchi un pas supplémentaire en modifiant leurs lignes de production au service de la collectivité. Bref, en France la solidarité est solide !

Illustrant l’empreinte sociale des entreprises, les premières initiatives, spontanées, sont des réactions à une pénurie de produits essentiels : les masques, le gel hydroalcoolique, ou bien encore les respirateurs.

 

Des initiatives spontanées logiques

Très logiquement, c’est de la filière textile que sont sorties les initiatives relatives aux masques, blouses et autres équipements. La PME drômoise 1083, spécialisée dans le jean et les baskets, a adapté ses lignes de production pour créer des masques en fibres de coton et des masques en coton non-tissé. Citons aussi dans une démarche identique l’entreprise textile Tuffery, basée à Florac en Lozère. La marque Le Slip Français n’ayant pas ses propres ateliers et ne pouvant donc pas fabriquer directement des masques, a décidé de fédérer une grande partie de la filière. Résultat, en quelques jours, plus de 300 ateliers et fabricants de matières ont été mobilisés un peu partout en France, pour une capacité de production de près de 600 000 masques par jour

Blanc des Vosges, Kiplay, Plim, Boldoduc, Lacoste, Lemahieu, Armor Lux… Mi-avril, près de 600 entreprises textiles françaises étaient lancées dans la production de masques et de surblouses. Des productions essentiellement destinées à pourvoir gracieusement les personnels hospitaliers et autres professions exposées (distribution alimentaire, EPHAD) en optant souvent pour une distribution locale. Ainsi, dans le Cotentin les 8 000 masques confectionnés grâce au bénévolat de ses couturières du Parapluie de Cherbourg ont été offerts aux soignants de Cherbourg.

Pour la production de gel, on a bien évidemment entendu parler de LVMH ou L’Oréal ou bien encore des laboratoires Lehning, Boiron, Sanofi ou Pierre Fabre qui ont lancé des productions de gel sur certains de leurs sites, ou contribué à la fabrication de certains des composants. Il faut aussi saluer les réactions spontanées d’autres acteurs de secteurs différents et de taille plus modeste. Les salariés de Metarom Group, créateur d’arômes & de caramels, ont mis en place plusieurs initiatives, dont celle de fabriquer une tonne de solution hydroalcoolique à offrir aux acteurs locaux de proximité. Le Groupe Cristal Union a décidé lui d’arrêter la production de bioéthanol à la distillerie d’Arcis sur Aube pour réorienter sa production vers de l’alcool.

 

Des actions concertées internationales, nationales et locales

Outre ces réactions spontanées, on relève aussi des réactions conjointes ou concertées. Face à la pénurie de respirateurs, il n’aura échappé à personne que Decathlon a retiré ses produits Snorkeling Easybreath de la vente pour les offrir aux soignants. Une démarche spontanée fruit d’une action conjointe : c’est un ancien médecin italien, Renato Favero qui a eu l’idée d’utiliser ces équipements comme masques respiratoires en y ajoutant un petit dispositif à imprimer avec une imprimante 3D (valve). Il s'est appuyé sur la société Isinnova et un prototype a rapidement été lancé. Décathlon a alors offert tous les masques en stock (environ 30 000), mis à disposition les plans 3D de son produit, permettant ainsi la mise au point des valves dont les plans, brevetés, sont disponibles librement pour une exploitation non commerciale

Restent les actions régionales ou départementales, moins médiatisées mais très efficaces. Ainsi celle d’acteurs du Bas-Rhin afin d’aider les sapeurs-pompiers locaux. Certains industriels et entreprises ont offert des ingrédients essentiels à la production de solutions hydroalcooliques dont la brasserie l’Espérance (groupe Heineken France) pour l’eau distillée. Puis les pompiers, aidés par un établissement scolaire qui a fourni notamment locaux et aide technique et scientifique, ont pu produire lesdites solutions. 

 

Des business models pérennes ?

Toutes ces initiatives ont permis d’identifier de nouveaux marchés et parfois d’industrialiser une ou des productions. Est-ce à dire que le business model de certaines entreprises va évoluer ? Que les choix issus de la solidarité puissent devenir des productions pérennes ? Que, par exemple, le fabricant d’élastiques et cordons Gauthier-Fils qui pour l’heure fournit prioritairement des attaches de masques, et pour cela renonce à satisfaire certaines commandes de clients habituels dans la confection, va pouvoir faire de cette nouvelle activité une activité rentable ?

Rien n’est moins sûr. Il y a certes la nécessité d’une commercialisation massive de certains produits tels que les gels pour équiper les individus mais le développement de cette filière se heurte pour le moment à l’impératif des prix régulés. Pour les masques, la rentabilité et donc l’avenir viendra peut-être de la personnalisation de ceux-ci.

La seule vraie conclusion pérenne est que, face à une crise, les entreprises ont su démontrer leur utilité sociale, telle la filiale française de l’américain Resmed qui a annoncé poursuivre « tant qu’il y aura de la demande » sa production par impression 3D de raccords pour respirateurs, offerts aux services hospitaliers. Peut-être que prochainement la solidarité, l’agilité et l’innovation, dont ont su faire preuve les acteurs économiques français, serviront leur business model en leur permettant d’investir de nouveaux secteurs !