Fabriqués par des villageois du Karnataka, leurs habits made in India font le pari d’une mode éthique
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Fabriqués par des villageois du Karnataka, leurs habits made in India font le pari d’une mode éthique

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Après être tombée en amour pour l'Inde, Lisa Revol, passionnée de mode et de voyage fonde la marque Azaadi. Le concept ? Des habits éthiques inspirés de la culture indienne et européenne.

Portraits de Lisa Revol et Elvira Gonzalez
Lisa Revol et Elvira Gonzalez, co-fondatrices d'Azaadi, à Lyon (© Arnaud LakeWorks)

Co-fondatrices d'Azaadi, à Lyon

Quand on tombe en amour pour l’Inde, c’est rarement à moitié. En 2016, pendant ses études à l’Institut d’administration des entreprises (IAE) de Lyon, Lisa Revol est partie pour une année d’échange dans l’immense pays du sud de l’Asie. En plus d’un coup de foudre pour sa culture, cette passionnée de mode et de voyage y a aussi « pris conscience de l’extrême pauvreté des artisans qui travaillent pour la fast fashion ». La Lyonnaise a alors entrepris de faire confectionner ses propres habits dans des villages, d’abord pour elle-même, puis pour une première petite collection de 40 hauts, fabriqués par une artisane.

« Cela lui a pris deux semaines de travail, et lui a permis de nourrir sa famille pendant deux mois, raconte-t-elle. Je me suis alors dit je pouvais développer ici mon propre métier, avec un impact positif pour les villageois, tout en gardant un lien avec l’Inde qui m’a beaucoup bouleversée. » Ainsi est née sa marque Azaadi (« liberté » en hindi), que Lisa Revol a lancé en 2018, à 23 ans. Elle a été rapidement rejointe par une associée espagnole, Elvira Gonzalez, et par une graphiste, Camilla Collignon. « Le concept d’Azaadi est celui d’un vestiaire mixte, basique et casual, avec des coupes décontractées et confortables, mais sublimé par le textile indien. En veillant à coller au goût et aux coupes européens. C’est un métissage entre les deux cultures », souligne Lisa, qui a commencé par dessiner elle-même toutes les pièces, en autodidacte. Pour fabriquer de façon éthique, la jeune entrepreneuse s’est rapprochée de l’ONG Don Bosco d’Hospet, dans le Karnataka, un Etat du sud-ouest de l’Inde. « Les tissus traditionnels, à faible impact environnemental, viennent de fournisseurs indiens avec lesquels je suis en lien direct, et l’ONG produit les vêtements avec des salariés locaux. Elle a développé diverses formations, notamment de couture, pour développer l’emploi des villageois défavorisés. Elle est encore peu structurée, mais nous grandissons ensemble ! » Cet été 2021, Azaadi lancera sa troisième collection, qui sera suivie pour la première fois d’une collection hiver. Pour vendre ses pièces (700 écoulées entre 2019 et 2020), la petite marque lyonnaise compte sur sa boutique au Village des Créateurs de la Croix-Rousse, sur des événements, et de plus en plus sur la vente en ligne. Lisa, elle, se rend une fois par an en Inde… sauf en 2020, où la crise sanitaire l’a obligée à annuler sa collection. « Mais cela nous a poussé à trouver des alternatives et à nous adapter à la situation, positive-t-elle. Nous avons par exemple fortement développé le e-commerce, qui représente aujourd’hui la moitié des ventes. Nous avons aussi amélioré notre communication sur les réseaux sociaux. Et comme nous ne pouvions pas créer de nouvelle collection complète, nous avons lancé des collections limitées de 200 pièces, en utilisant des invendus de tissu de nos fournisseurs, ce qui est aussi bénéfique pour eux. Ces pièces marchent très bien ! » A l’été 2020, en pleine crise, Azaadi a également pu recourir à un PGE de La Banque Postale, où Lisa Revol disposait déjà d’un compte personnel. « Cela a été d’une grande aide, témoigne-t-elle. Et j’ai beaucoup apprécié l’accompagnement de notre conseillère, qui était à l’écoute et a pris notre projet au sérieux. »

© Arnaud LakeWorks