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Le mécénat, un levier de fierté des salariés et de performance des TPE

Selon une enquête menée par Admical, les petites entreprises sont friandes de mécénat. Qu’elle se matérialise par du mécénat de compétences ou sportif, cette démarche fédère les équipes, développe un sentiment de fierté en interne. L’entreprise cultive une image positive tout en s’ancrant sur son territoire et en profitant d’avantages fiscaux.

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C’est une bonne nouvelle : le mécénat n’est plus seulement l’affaire des grandes entreprises, les petites structures s’y mettent aussi. Les TPE et les PME représentent la majorité des entreprises mécènes, environ 96 %, et contribuent de manière significative à la croissance du mécénat en France, selon le baromètre publié par Admical en novembre 2020. En sept ans, leurs dons ont été multipliés par 2,9 et leur nombre a triplé.

Plusieurs motivations poussent les dirigeants à s’engager dans des projets de mécénat, mais contribuer à l’intérêt général et à l’attractivité d’un territoire est le premier critère mis en avant. Le mécénat est ainsi un moyen d’incarner les valeurs de l’entreprise, de valoriser son image, de construire des relations avec des acteurs territoriaux tout en renforçant l’implication des collaborateurs au sein de l’entreprise. C’est ainsi que le mécénat devient un outil stratégique, accroît la productivité, la motivation, la loyauté des salariés, et augmente l’attractivité de la société sur le marché de l’emploi tout en optimisant l’impact sur la cause soutenue.

Au moment de choisir le domaine d’intervention pour son projet de mécénat, une entreprise prend en compte plusieurs facteurs, tels que son histoire, son activité, la sensibilité des dirigeants et des employés. « L’intérêt général, l’incarnation des valeurs de l’entreprise et la valorisation de son image forment le trio de tête des motivations du mécénat mais le choix des domaines d’intervention relève avant tout souvent de l’engagement personnel du dirigeant de l’entreprise », rapporte l’enquête qui a été menée auprès d’un échantillon de 1 414 entreprises de plus de 10 salariés.

Le mécénat de compétences et sportif

Le social est le domaine le plus investi en termes de dépenses de mécénat. 21 % des dirigeants sondés utilisent le mécénat de compétences, qui représente 11 % du budget global du mécénat. Plus de la moitié des entreprises le pratiquent depuis moins de 3 ans, avant tout pour améliorer l’expérience et la fierté de leurs collaborateurs. La forme la plus courante est celle qui mobilise les compétences professionnelles sur plusieurs jours, le plus souvent entre 2 et 5 jours. « Le développement de ce type de mécénat passe à leurs yeux par une inclusion dans la stratégie RH / RSE de l’entreprise », rapporte le baromètre.

Le sport est également un domaine particulièrement investi, aussi bien par les très petites entreprises que les plus grandes. Plus de la moitié des structures sont mécènes sportifs et cette proportion est encore plus forte au sein des plus petites entreprises. En 2019, ces dernières ont soutenu 3 projets en moyenne. L’écrasante majorité des mécènes sportifs soutient en priorité des associations sportives locales et près d’1 structure sur 2 promeut le sport comme vecteur de lien social.

Des avantages fiscaux renforcés

Au-delà de son impact social positif, ce dispositif présente d’autres avantages, d’ordre fiscaux, qui sont souvent ignorés des dirigeants. Moins de la moitié des entreprises mécènes de compétences défiscalisent par exemple leurs actions en la matière. Depuis la loi Aillagon de 2003, les sociétés bénéficient d’un avantage leur permettant de déduire de leurs impôts 60 % de leurs dépenses de mécénat, dans la limite de 0,5 % de leur chiffre d’affaires.  

Un dispositif qui a évolué avec la loi de finances pour 2020. La principale mesure concerne la réduction d’impôt qui est abaissée à 40 % pour la fraction des dons supérieurs à deux millions d’euros dans une limite de 0,5 % du chiffre d’affaires. Afin de ne pas freiner les TPE et les PME dans leurs actions de mécénat, le taux de réduction qui leur est applicable reste de 60 % sans limite de montant. Le dispositif est même renforcé puisque le plafond de réduction applicable aux dépenses de mécénat passe de 10 000 à 20 000 euros. Les petites et moyennes entreprises peuvent donc choisir le plafond de déduction le plus favorable entre le nouveau seuil de 20 000 euros et le seuil classique correspondant à 0,5 % du chiffre d’affaires. 

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