La franchise, qui a dépassé en 2020 son chiffre d’affaires de 2018, a un potentiel considérable.

Si les franchisés ont été chahutés par la crise sanitaire, le secteur s’est révélé robuste et le modèle économique de la franchise, qui a prouvé ses vertus, a un potentiel considérable. Démonstration, avec Véronique Discours-Buhot, Déléguée générale de la Fédération française de la Franchise (FFF).

Après 18 mois de crise sanitaire, comment se porte le modèle économique de la franchise ?

Véronique Discours-Buhot : Il est robuste. Les chiffres le démontrent, même s’il faut tenir compte de leur contexte : une activité économique soutenue par les aides publiques, où le Prêt Garanti par l’Etat (PGE) n’est pas encore remboursé par les bénéficiaires. S’il faut encore attendre six mois pour disposer d’une vision réelle, le modèle apparait d’ores et déjà comme robuste par rapport aux commerces indépendants « isolés » notamment. S’élevant à 64 milliards, le chiffre d’affaires recule de 5,8 % en 2020, en partie à cause de la fermeture totale pendant plusieurs mois de certains secteurs, comme la restauration. Toutefois, ce recul s’apprécie en tenant compte d’une croissance extraordinaire en 2019, et reste supérieur à celui de 2018. A date, la reprise nous fait espérer une année 2021 très correcte. Par beau temps, la franchise croit, par temps instable, elle résiste.

En quoi le modèle de la franchise est-il facteur de résilience ?

V.D-B. : La franchise repose sur le transfert de savoir-faire, le partage de valeur et mise sur l’intelligence collective du réseau. On en supposait les vertus avant la crise, mais celle-ci les a mises en lumière. Dans sa mission d’accompagnement, la tête de réseau relaye les informations utiles et les mesures à mettre à place, ce qui est un gain de temps très appréciable. La rapidité de décision et d’adaptation est cruciale pour se sortir d’une crise.
Qui dit crise, dit impossibilité d’analyser la performance économique au regard des années précédentes. La dimension collective de la franchise a été fondamentale pour pallier la perte de références et permettre le partage de bonnes pratiques.
Autre atout : l’animateur de réseau. Son rôle a été déterminant dans la gestion de la crise sur le terrain. Il joue le rôle de courroie de transmission entre la tête de réseau et les franchisés. Ce métier est essentiel dans le fonctionnement de la franchise et l’on constate une forte demande de formation qualifiante. Au sein de la FFF, via notre académie, nous organisons de nombreuses sessions pour répondre à cette demande.

Enfin dernier facteur clé : l’accompagnement dans la digitalisation. Avant 2019, les têtes de réseaux avaient, pour la plupart, déjà doté leurs franchisés d’outils digitaux. La crise a poussé les franchisés à s’intéresser à ces outils qui ont représenté un véritable avantage par rapport aux entrepreneurs isolés, qui se sont trouvés démunis et sans compétence pour aborder cette mutation du commerce. Désormais, 97 % des franchisés utilisent des dispositifs « web to store », près de la moitié utilisent le « click & collect ». Côté paiement, 79 % des franchisés proposent le sans contact, et 69 %, le paiement par smartphone, soit un bond de 30 % comparé à 2019.

Si le modèle de la franchise est un facteur de résilience, cela suffit-il aux franchisés pour être armés en période d’instabilité ?

Indéniablement, les secteurs n’ont pas été impactés de façon homogène, avec d’un côté, les plus durement touchés - voyages, restauration assise, coiffure et esthétique, nettoyage, équipement à la personne - et de l’autre, ceux qui ont progressé voire surperformé : les services aux personnes, dont la livraison de repas à domicile, les services aux entreprises, les acteurs de la transformation digitale, l’équipement de la maison, et bien sûr l’alimentaire. 

Pour être armé, il faut être bien formé ! La formation métier, initiale et continue, dispensée par le franchiseur à ses franchisés est essentielle. Elle doit toutefois être complétée par des connaissances comptables et fiscales intégrant la dimension de gestion prévisionnelle et pilotage des tableaux de bord, indispensables en période instable.

La franchise est un modèle d’entreprenariat à fort potentiel. Recommandé par 87% des franchisés d’entreprises de plus de 10 salariés, ce modèle répond aux besoins de reconversion ou de mobilité d’une grande partie de la population active et aux envies d’entreprendre à tous âges. Par exemple, cette formule, moins risquée que la start-up, est un excellent moyen pour des jeunes de se lancer dans l’entreprenariat en bénéficiant du savoir-faire, de l’accompagnement d’un franchiseur et de la notoriété d’une marque. La franchise est clef pour la revitalisation des territoires, car les points de vente se répartissent sur l’ensemble des régions quelle que soit la taille des villes !

Futur Franchisé ?

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