Vivre sa retraite à l'étranger

21 MAI 2019

Portugal, Espagne, Maroc… font partie des destinations les plus prisées par les seniors pour prendre sa retraite et vivre à l’étranger. A la recherche de meilleures conditions de vie, plus d'un million de français ont déjà sauté le pas, mais pas sans conséquences dans un certain nombre de domaines : pensions, impôts, protection de santé… Découvrez les avantages et les inconvénients avant de vous lancer.

Toucher sa pension retraite à l’étranger

Il est tout à fait possible de partir vivre à l’étranger une fois à la retraite et de percevoir sa pension du régime général, voire sa pension de réversion. L’assurance retraite verse des pensions à des personnes installées dans plus de 150 États.

  • Comment s’y prendre ? Dès que vous avez connaissance de votre future adresse, prévenez votre caisse de retraite régionale de votre changement de domicile et de votre pays de résidence. Signalez également tout changement de coordonnées bancaires. 
  • Ensuite ? Tous les ans, celle-ci vous enverra un justificatif d’existence* (ou vous aurez à le  télécharger sur lassuranceretraite.fr). Celui-ci est à remplir auprès du consulat de France ou d’une autorité compétente (mairie…) du pays d’accueil, et à renvoyer. Cette condition est essentielle si vous souhaitez que votre pension continue à être versée.
  • Concernant la retraite complémentaire : il est tout aussi important de prévenir votre caisse de retraite complémentaire de votre changement de domicile et de pays. Dans la même démarche, celle-ci vous adressera l’imprimé nécessaire au paiement ou à la poursuite du paiement de votre retraite. 

Bon à savoir : la pension brute reste inchangée. En revanche, si votre domicile fiscal est à l’étranger, le montant net peut être un peu plus élevé, car vous n’aurez plus à cotiser à la CSG, la CRDS et à la Casa**. 

La couverture médicale

Au moment où vous partez de la France pour vous installer dans un autre pays, vos frais de santé ne sont plus couverts par la sécurité sociale. Cependant, des accords et dispositifs existent entre les pays pour vous permettre d’être pris en charge dans votre pays d’accueil. C’est le cas dans le cadre de l’Union Européenne et de certains états***. 

Comment s’y prendre ? Pensez à informer de votre départ votre caisse d’assurance maladie. Cette dernière vous transmettra un formulaire à remplir pour transférer vos droits dans votre pays d’accueil. Vous devez ensuite faire une demande d’attestation de droit aux soins de santé auprès de l’organisme de sécurité sociale du pays où vous comptez résider. Cette attestation, une fois validée, vous permettra une prise en charge de vos frais de santé aux conditions et tarifs en vigueur localement.

Dans les pays qui n’ont pas signé d’accord avec la France, vous n’êtes pas couvert. Il vous faudra adhérer à la Caisse des Français à l’Etranger (CFE). Pensez à ajouter une assurance santé complémentaire pour un bon niveau de remboursement.

Une fiscalité parfois plus avantageuse

Le coût de la vie de certains pays est souvent inférieur à celui de la France, jusqu’à trois fois inférieures dans des pays comme la Thaïlande. En plus, des pays ont signé des conventions pour que les retraités résidents bénéficient de certains avantages fiscaux. C’est le cas notamment du Portugal, qui est l’un des pays les plus avantageux fiscalement aujourd’hui. En effet, depuis 2013, les retraités du privé sont exonérés d’impôt sur le revenu par rapport à leur retraite pendant 10 ans. Deux conditions cependant :

  • passer au moins 183 jours (soit 6 mois de l’année) dans le pays 
  • et se faire enregistrer dans le service local des impôts comme « résident non-habituel ». 

Quel que soit le pays de résidence : renseignez-vous sur la convention fiscale mise en place entre la France et le pays d’accueil. Suivant votre situation, votre durée de présence dans le pays d’accueil et vos ressources, il se peut que vous deviez payer l’impôt sur le revenu uniquement en France, uniquement dans le pays d’accueil, ou encore dans les deux****. En revanche, un retraité de la fonction publique sera obligatoirement imposé en France.

BON À SAVOIR AVANT DE PARTIR

Si vous percevez l’allocation de solidarité aux personnes âgées (Aspa) ou l’allocation supplémentaire d’invalidité (ASI), vous devez rester sur le sol français pour espérer continuer à les toucher.
Et aussi, avant de vous « expatrier », débutez par un voyage de découverte, puis de pré-installation de plusieurs semaines, voire de plusieurs mois pour y découvrir les infrastructures, le climat et si vous vous sentez prêt à vivre éloigné(e) de votre famille.

* Pour le moment, seuls les retraités installés en Allemagne, Belgique et Luxembourg n’ont plus besoin de l’envoyer depuis la signature de conventions de signalements de décès avec ces pays.
**  La Contribution sociale généralisée (CSG), la contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS) et la contribution additionnelle de solidarité pour l'autonomie (Casa)
*** Des pays assimilés à l’UE ou qui ont signé une convention sociale (Algérie, Andorre, Bosnie, Kosovo, Macédoine, Serbie, Monténégro, Maroc, Polynésie Française, Tunisie, Turquie, Nouvelle Calédonie) avec la France auront ces avantages.
**** Sans convention fiscale, vous risquez une double imposition.