Quelles décisions prendre pour son épargne ?
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Quelles décisions prendre pour son épargne ?

La crise du Covid-19 aura modifié tous les repères en matière de gestion de patrimoine. Il est temps d’en tirer quelques enseignements sur les comportements observés et de faire un point lucide, avec votre conseiller bancaire, sur la stratégie à suivre pour votre épargne.

Repli généralisé des bourses

Au plan financier, tout aura commencé dans l’affolement général. Début mars, en donnant l’impression que ni les États européens ni les états Nord-américains n’étaient préparés à faire face à l’épidémie, le Covid-19 plongeait les marchés financiers dans un état de dépression extrême. Ainsi le 12 mars 2020, le CAC 40 perdait 12,28% de sa valeur en une seule journée ! Avril aura toutefois permis quelques rebonds. Bilan, sur la période courant jusqu’au 1er mai, le repli des marchés actions aura été de 15 à 25% selon les places boursières (1). C’est important, mais à mettre en regard des plus-values élevées de 2019. Pour rappel, le CAC 40 avait grimpé de 26,4% l’an dernier.

Augmentation du taux d’épargne

Dans ce contexte financier morose, les Français ont davantage épargné. Logique, le confinement a engendré la fermeture de nombreux commerces, donc une réduction forte de la consommation des ménages, amputée de 17,9% en moyenne en mars-avril selon l’Insee (avec des pics à -48,8% pour les biens durables ou -54% pour l’habillement textile). Par ricochet, l’épargne des ménages a grimpé, un effet classique en période de crise. Pour rappel, en 2008, le taux d’épargne avait fortement augmenté en France, de 14,8 % en 2007 à 16,1 %. Cette année ? Pendant le confinement, selon l’OFCE, le taux d’épargne a atteint 27% du revenu disponible brut. Et sur l’année, il pourrait grimper à 19% !

Zoom sur les comportements des épargnants

Comment ont réagi les épargnants durant le plus fort de la crise ? La question vaut maintenant d’être posée. Beaucoup ont fait preuve d’attentisme, un moindre mal pour éviter des décisions hasardeuses. Mais par peur de perdre son capital financier, nombre d’épargnants ont préféré se retirer des placements à risques (actions, unités de compte, etc.). Exemple avec l’assurance vie. Selon la Fédération française de l’assurance, la décollecte aura été de 2,2 milliards d’euros en mars. Il faut remonter à décembre 2011 pour retrouver un tel recul. Est-ce la bonne stratégie ? Non, sauf cas particulier. Réaliser des retraits dans l’urgence sur ces placements engendre deux conséquences négatives :

  1. matérialiser les moins-values enregistrées. Exemple : un OPC actions dans votre contrat d’assurance vie a perdu 20%. En retirant votre épargne par un retrait ou arbitrage, cette perte est définitive.
  2. Perdre de vue ses objectifs patrimoniaux. La plupart des placements sont destinés à des projets de moyen ou long terme. Pour les besoins financiers immédiats, il faut s’en remettre aux livrets d’épargne réglementés (Livret A, LDDS).

Investir quand la bourse est basse ?

Une partie des épargnants a pris le chemin inverse, selon une étude de l’AMF (Autorité des marchés financiers) sur le comportement des particuliers pendant la crise. Ainsi, entre le 24 février et le 3 avril, plus de 150 000 nouveaux investisseurs sont intervenus sur les valeurs de l’indice SBF120 (2). Et les achats d’actions françaises ont été multipliées par 4 par rapport à la même période de 2019 ! Cette stratégie permet d’acheter des titres à un prix bas, donc favorable. Mais attention, il est probable qu’au cours des prochains mois, les cours boursiers fluctuent encore sensiblement. En tout état de cause, les investisseurs doivent garder deux éléments en tête :

  1. leur capacité à gérer de manière autonome un investissement sur les marchés boursiers, la sélection des titres sur lesquels investir.
  2. La cohérence avec la gestion de leur patrimoine ? Ce dernier se construit selon des objectifs à moyen et long terme, non selon des possibilités de gain à court terme sur les marchés.

La méthode ? Faire le point avec votre conseiller

La situation est aujourd’hui très complexe. Gérer seul son patrimoine est un casse-tête source d’erreurs sur la durée, même s’il est possible de réussir quelques belles opérations financières sur le moment. Il est temps de vous rapprocher de votre conseiller financier pour faire le point et prendre les bonnes décisions. Avec deux axes clés :

  1. examiner son patrimoine, son évolution pendant cette crise, au regard de ses objectifs et du temps dont on dispose pour les atteindre. Le conseiller est là pour permettre d’avoir cette vue d’ensemble et éviter les décisions infondées.
  2. en cas de changement dans sa situation familiale, professionnelle ou autre, de nouveaux projets de vie, il est nécessaire de revoir son profil d’épargnant (tempérament, connaissances financières, aversion au risque, etc.). C’est essentiel pour savoir quand et comment investir son épargne dans les mois à venir.

Avertissement

Le placement en Bourse est risqué, vous pouvez subir des pertes. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Elles ne sont pas constantes dans le temps.

(1) Le CAC 40 valait 23,5% de moins au 1er mai 2020 par rapport au 31 décembre 2019. Le Dow Jones avait perdu 16,9%, l’Euro Stoxx 50 chuté de 21,8%, le Dax Allemand de 18,2% ou encore le Nikkei 225 de 17,1%.

(2)  Le SBF 120 est un indice boursier sur la place de Paris, très représentatif du marché puisque déterminé à partir des 40 actions du CAC 40 et de 80 valeurs les plus liquides parmi les 250 entreprises françaises à la capitalisation boursière les plus importantes.

 

Sources :

Etude Insee :

https://www.insee.fr/fr/statistiques/4484674

Etude OFCE :

https://www.ofce.sciences-po.fr

Statistiques FFA :

https://www.ffa-assurance.fr/etudes-et-chiffres-cles/assurance-vie-collecte-nette-negative-en-mars-2020

Etude AMF :

https://www.amf-france.org/fr/actualites-publications/communiques/communiques-de-lamf/lamf-publie-une-etude-sur-le-comportement-des-particuliers-en-bourse-en-cette-periode-depidemie-de