S’équiper en appareils auditifs :
Quelques idées à bien garder à l’esprit

19 SEPTEMBRE 2016

Aujourd’hui, environ 6 millions de français, dits malentendants, souffrent de déficience auditive… Mais moins de 2 millions sont équipés d’appareils adaptés leur permettant de retrouver une vie normale. Les principales raisons de cet écart ? Des coûts prohibitifs, une prise en charge par l’assurance maladie et les complémentaires santé qui reste trop faible, et un parcours qui est parfois encore mal compris. 

La déficience auditive, souvent liée à l’âge (on parle alors de presbyacousie), pâtit toujours d’un manque de connaissance et d’un marché trop restreint et onéreux. Pourtant, mal entendre représente un handicap important au quotidien, comme peuvent l’être les problèmes de vue. Pour 90% des seniors, une déficience auditive impacte en effet les relations sociales et professionnelles (1).

Des solutions existent cependant et les technologies permettant de mieux entendre sont de plus en plus performantes. Pour ne pas passer à côté d’un simple appareillage qui peut changer votre vie, il est conseillé de se renseigner en amont sur l’offre d’appareils auditifs et leurs modalités de financement. 

La déficience auditive n’est pas une fatalité !

Souvent décriés pour leur aspect inesthétique, les appareils auditifs bénéficient aujourd’hui de formidables progrès et n’ont plus rien à envier aux meilleurs gadgets connectés. Ils demeurent cependant pénalisés par un frein psychologique (« je ne veux pas vivre assisté ») et, conséquence du manque d’information, d’un doute quant à leur réelle efficacité. Un apriori qu’il est temps de combattre ! Il est en effet possible maintenant d’améliorer significativement la majorité des cas de déficience auditive. Une information qui mérite d’autant plus d’être partagée lorsque l’on sait que les problèmes auditifs aggravent significativement l’isolement des personnes touchées, ainsi que le déclin cognitif dû à l’âge. 

Le chiffre

93% des seniors se disent prêts à s’équiper d’aides auditives en cas de nécessité (1).

Une barrière majeure : le décalage entre coût et prise en charge

Le constat du magazine Que Choisir (2015) est sans appel (2) : 82% des 2 800 lecteurs interrogés pointent le coût comme principal frein à l’équipement auditif. En effet, le prix moyen d’une prothèse auditive tourne autour de 1 500 euros, soit 3 000 euros pour la paire (contre 1 800 euros auprès des professionnels « discount ») ! Un coût prohibitif au regard de la très faible prise en charge de la Sécurité sociale : 238 euros par paire. Quant aux complémentaires santé, elles participent en moyenne à hauteur de 700 euros. Un reste à charge conséquent qui avoisine donc les 2 000 euros, pour des appareils auditifs d’une durée de vie d’environ 5 ans.

Une profession et des services associés mal connus

La loi de 1967 qui réglemente la profession des audioprothésistes stipule que la vente des appareillages auditifs est indissociable des services de réglage et de suivi qu’ils nécessitent, ce qui gonfle de fait la facture ! Cette vente au forfait a depuis été interdite par la Loi Macron en août 2015, mais la Sécurité sociale n’a pas encore adapté ses remboursements en fonction de prestations désormais dissociées. Cette réglementation n’est de fait pas toujours bien appliquée et les clients peuvent se perdre dans des devis – obligatoires ! - qui détaillent insuffisamment les prestations. D’autant plus que de nombreux professionnels, profitant de ce flottement, réalisent des marges plus que confortables.

Des solutions existent pour vous aider à financer votre appareil auditif

  • Ne négligez pas le réseau de soins (découvrez notre article sur les réseaux de soins ici) de votre complémentaire santé qui négocie parfois en amont des tarifs avantageux chez certains audioprothésistes.
  • Faites jouer la concurrence. La majorité des français équipés se tournent vers les enseignes premium. Il existe pourtant de nouvelles enseignes moins onéreuses, voire en ligne, auprès desquelles il peut valoir la peine de comparer prix et prestations… pour un devis qui peut être jusqu’à 35% inférieur !
  • Avant d’accepter votre devis, présentez une demande d’aide financière, la PCH (prestation de compensation du handicap). Cette demande se fait auprès de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de votre département et complète éventuellement le remboursement de la Sécurité sociale.
  • Si vous êtes bénéficiaire de la PUMa (Protection Universelle Maladie), vous disposez depuis 2014 d’une prise en charge améliorée (jusqu’à 1 400 euros pour la paire).